Alicia (Nom fictif)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Le 2 mai 2019, Le Journal de Montréal rapporte qu'en septembre 2017, une fillette de 7 ans, appelée fictivement Alicia qui avait été trouvée inconsciente chez ses parents le 29 avril 2017 est décédée à l'hôpital. La mère biologique d'Alicia avait 17 ans au moment de l'accouchement. La jeune mère, qui serait atteinte de déficience intellectuelle, aurait consommé des drogues dures pendant sa grossesse. Le 24 janvier 2012, le tribunal avait confié la garde de l'enfant à sa grand-mère. En mai 2018, la Direction de la protection de la jeunesse-DPJ recommande que la garde complète de l'enfant et de son frère soit confiée à leur père et à sa nouvelle conjointe ; un juge de la Chambre de la Jeunesse a considéré que c'était la solution la moins dommageable tout en soulignant que les parents avaient besoin d'être outillés pour intervenir auprès de l'enfant. La petite Alicia aurait été violentée par la nouvelle conjointe de son père qui l'aurait projetée au sol puis l'avait tiré par les cheveux lors d'une dispute avec le père ; le couple était alors en état d'ébriété ; la petite victime se serait rendue chez un dépanneur pour demander qu'on appelle la police. Accusée de voies de fait graves, la belle-mère s'était reconnue coupable, mais avait obtenu une absolution inconditionnelle. Le 29 juin 2018, Alicia est retrouvée ligotée et bâillonnée avec du ruban adhésif et dans un état critique (arrêt cardio-respiratoire) dans la résidence familiale de Granby. La fillette décède le lendemain à l'hôpital dans les bras de sa mère biologique sans avoir repris connaissance. Le couple, qui avait la garde de la flllette, a été arrêté par la SQ , le père, âgé de 30 ans, et la belle-mère âgée, de 35 ans, seront accusés séquestration et la belle-mère sera aussi accusée de voies de fait graves, mais à la suite du décès de l'enfant, les accusations pourraient être modifiées. Alain Trudel, la directeur de la protection de la Jeunesse de l'Estrie se défend en disant «Ça prend des faits qui sont imminents et réels et non une perception pour retirer un enfant de son milieu ; il faut aussi penser aux conséquences lorsqu'on retire un enfant de sa famille en pesant le pour et le contre.»


Alicia est un nom fictif ; une ordonnance du tribunal interdit de dévoiler des informations qui pourraient permettre d'identifier la victime ou les témoins dans cette affaire.

Extrait d'un article d'Isabelle Dugas de La Presse
Publié le 03 mai 2019 à 07h05 | Mis à jour le 03 mai 2019 à 07h05

Le drame de la petite Alicia, négligée, violentée, sous-alimentée au cours de sa brève existence, ligotée dans la résidence familiale de Granby, morte à l'hôpital après quelques heures de coma, provoquera-t-il une révision en profondeur du système québécois de protection des enfants vulnérables ?
Tout le Québec s'émeut pour le triste destin de la fillette, comparée à « Aurore, l'enfant martyre », en raison des sévices qu'elle aurait subis alors qu'elle vivait avec son père et sa belle-mère, malgré le fait qu'elle devait être suivie par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ).
Le récit des traumatismes de la petite, relaté dans les décisions du tribunal de la jeunesse à son égard, donne froid dans le dos.
On y apprend qu'elle a été élevée par des parents inadéquats, violents et ayant des antécédents en matière d'agression sexuelle, dont le comportement a entraîné de graves séquelles chez la petite fille.
Malgré des indications claires de « négligence au plan éducatif, d'abus physiques et de mauvais traitements psychologiques », selon un jugement du 30 mai 2018 de la Chambre de la jeunesse, le juge, suivant la recommandation de la DPJ, a maintenu Alicia et son frère au domicile de leur père et de leur belle-mère.
Le médecin de la fillette souligne « un état de stress post-traumatique sous-jacent lié à la négligence ou à d'autres traumatismes non précisés qu'elle a vécus », ainsi qu'un retard de croissance, de scolarisation et de développement global.
« Elle présente une détresse psychologique sévère de causes multifactorielles. Les hypothèses actuelles sont un trouble de l'attachement probable avec une immaturité affective, une détresse anxieuse, un trouble de l'opposition avec provocation et un trouble de sommeil secondaire sévère », écrit aussi le médecin.
L'enfant aurait aussi souffert d'une perforation de l'intestin, d'un gonflement de la vessie et d'autres problèmes de santé, qui ont incité le médecin à se demander si elle n'était pas enfermée dans sa chambre, selon la demande déposée au tribunal en 2017 pour réviser sa supervision par la DPJ.

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