Confédération des Cris (confédération autochtone amérindienne)

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Langue d'usage : Le cri.
  • Langue seconde : L'anglais pour la plupart, le français pour quelques-uns.


Appartient à la famille linguistique algique.

  • Comprend un grand nombre de bandes autonomes qui occupent le territoire contigu à la baie James et à la baie de Hudson et le bouclier canadien. Cette confédération comprenait les Cris des Bois, les Cris des Marécages, les Cris des Plaines et les Cris des Rochers.


Le terme «cri» est une contraction du mot amérindien «Kristineau» que se donnaient entre eux les membres de la confédération des Cris. Le mot «Cri» français, n'est pas exactement un synonyme de «Cree» anglais ; en français, le terme englobe les Cris de la prairie et les Cris des bois de l'ouest de la baie James ; en anglais, le terme Cree comprend les Moskégons de la baie James, les Naskapis, les Innus-Naskapis dont les Mistassins, et les Innus* de la péninsule québécoise.

  • Éphémérides -


Les Cris habitent les côtes de la baie James et de la baie de Hudson depuis au moins 5 000 ans alors qu'ils émigrent des plaines de l'Ouest canadien ; leur territoire couvrait alors le nord de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskathewan et l'est de l'Alberta.

1670 Les Cris font la traite des fourrures avec les Blancs. Sous le régime français, il y avait 4 groupes de Cris : les Mistassins du lac Mistassini, et, près de la baie James, les Escurieux de la rivière Rupert, les Nisibourouniks de l'embouchure des rivières Rupert et Nottaway et les Pitchibarenicks près de l'embouchure de la rivière Eastmain.
1974 Pour faire valoir leurs droits sur le territoire de la baie James que le gouvernement du Québec veut transformer en vastes réservoirs d'eaux servant à alimenter de puissantes centrales hydroélectriques, les Cris forment le Grand conseil des Cris du Québec.
1975 (15 novembre) Signature de la Convention de la baie James et du Nord du Québec entre les Cris, les Inuit, le gouvernement du Québec et celui du Canada ; en plus de leur reconnaître de vastes territoires (13 696 km2), cette convention accorde une indemnité de 136 M$ en plus de l'addition de nouveaux services pour les communautés.
1982 Des Cris fondent la compagnie d'aviation Air Creebec qui aura des droits d'aterrissage à Val-d'Or, Timmins (Ontario), Dorval (Montréal) et Moosonee (Ontario) et sur d'autres aéroports du Nord québécois et ontarien..
1984 La Loi sur les Cris et les Naskapis remplace la Loi sur les Indiens quant à ces 2 nations.
2001 (23 octobre) Le Grand conseil des Cris (Eeyou Istchee) au nom des réserves cries de la baie James et le Gouvernement du Québec signent une entente de principe qui permet le développement des ressources hydrauliques des rivières Nottaway, Broadback et Rupert en échange de redevances de 3,5 G$. Les réserves cries du Québec sont Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Nemiscau, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Waswanipi, Wemindji et Whapmagoostui.
2002 (4 février) Les réserves cries du Québec approuvent par référendum l'entente du 23 octobre 2001; 6 500 cris ont le droit de voter et 4 479 d'entre eux approuvent l'entente, soit 68,9 %. répartis comme suit dans les réserves de Whapmagoostui, 63 %, Chisasibi, 49 %, Wemindji, 89 %, Eastmain, 83 %, Waskaganish, 64 %, Nemaska, 72 %, Mistissini, 87 %, Ouje-Bougoumou, 70 %, et Waswanipi, 72 %.
2007 (16 juillet) Les Cris de la baie James concluent un projet d'entente avec le Gouvernement fédéral qui, en échange de 1,4 G$ payés sur 20 ans à 9 communautés du nord du Québec (Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Nemiscau, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Waswanipi, Wemindji et Whapmagoostui) assumeront sur leur territoire les responsabilités fédérales ayant trait à l'administration de la justice (y compris les centre de réhabilitation, et refuges pour femmes), au développement économique, à la formation de la main-d'oeuvre, à l'hygiène publique (systèmes d'eau et d'égoûts) et à la protection contre les incendies ; en contrepartie, les Cris du Québec abandonneront leurs réclamations (4,5 G $ contre le Gouvernement du Canada découlant de la Convention de la Baie-James signée en 1976.
2008 (21 février) Le Gouvernement du Canada et les Cris de la baie James signent l'entente intervenue le 16 juillet 2007.
2010 (Décembre) Les Cris du Québec ouvrent une ambassade à Québec.
2011 (27 mai) Le premier ministre du Québec, Jean Charest et Matthew Coon Come, le grand chef des Cris du Québec signent une entente de nation à nation qui prévoit la création d'un organisme de gestion du développement du territoire de la baie James composé de représentants des 9 communautés cries (Chisasibi, Eastmain, Mistissini, Nemiscau, Oujé-Bougoumou, Waskaganish, Waswanipi, Wemindji et Whapmagoostui) et des maires de quatre municipalités qui s'y trouvent.
2012
(25 juillet) Le chef du Grand conseil des Cris, Matthew Coon Come, et le premier ministre du Québec, Jean Charest, signent une entente en vertu de laquelle les ressources sur une superficie de 330 000 miles carrés seront gérées conjointement par les deux parties qui formeront un conseil de 22 membres dont 11 Cris et 11 habitants de la municipalité de la Baie-James (Jamésiens) ; le gouvernement du Québec accorde 30 M $ sur une période de 5 ans pour les besoins des cris. et 9 M $ pour le budget d'opération du Conseil pour les 5 premières années de l'entente. Les Cris auront désormais compétence exclusive pour les centrales hydro-électrique de moins de 50 MW ainsi que sur les parcs d'éoliennes sur certaines parties du territoire.
(25 juillet) Des élus locaux dont le maire de Matagami et celui de Chibougamau qui représentent les non-autochtones de l Baie-James, demandent au gouvernement de venir expliquer les détails de l'entente avec les Cris et d'expliquer les changements qui se produiront pour les habitants non autochtones du territoire à la suite de l'entente ; la municipalité de la Baie-James cessera d'exister, mais la Société de développement de la baie James continuera d'y investir l'argent des clients d'Hydro-Québec. Le siège de la nouvelle entité sera à Matagami.
(10 août) La Presse (cahier Affaires, page 5) révèle que Matthew Coon Come, le chef du Grand conseil des Cris affirme que sa communauté ne s'oppose pas à toutes formes d'exploration ou d'exploitation minière sur le territoire, mais s'oppose à l'exploration et l'exploitation de mines d'uranium. La compagnie minière Strateco voudrait compléter l'exploration d'un gisement d'uranium en creusant une rampe souterraine ; le gouvernement fédéral a déjà donné son aval au projet ; il reste cependant à obtenir les consentements du ministère de l'environnement du Québec et de la Commission canadienne de sûreté nucléaire à donner leur accord.
2013
(13 juin) Adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi 42 qui confirme et formalise l'entente du 25 juillet 2012 qui faisait suite à l'entente du 27 mai 2011 entre les Cris et le gouvernement du Québec. Les Cris auront le droit exclusif en matière de chasse et pêche sur le territoire.

Population crie du Québec

RésidantsSur réserveNon résidantsTotal
19939 5801 56211 378
19979 8781 57911 457




  • Bibliographie -


Mistissini, terre des Cris (Anaïs Cosset et Hubert Mansion, Éditions du Cornac, 2009).
Le Livre de la sagesse crie (Hubert Mansion avec Stéphanie Bélanger, Éditions du Cornac, 2009).
Eeyou Istchee : Land of the Cree/Terre des Cris (anglais, français et cri, Louise Abbott et le photographe Niels Jensen, Cree Outfitting ans Tourism Association, 2010).

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