Histoire de l'oeuvre
Un article de la Mémoire du Québec.
L'auteur:
- Je suis un amateur de mots croisés. Il y a bien une trentaine d’années, je réussissais chaque weekend la Grille des mordus que composait alors Maurice Hannequart pour le quotidien La Presse de Montréal.
- J’en étais venu à connaître plusieurs petites communes d’Europe et plusieurs personnages plus ou moins connus dont monsieur Hannequart publiait la photo au centre de sa grille.
- Un jour, je me suis demandé pourquoi je n’y voyais que rarement des noms de personnages ou de lieu québécois ou canadiens.
- Monsieur Hannequart m’a expliqué qu’une grille devait bénéficier de sources d’information amplement répandues comme le sont les dictionnaires. Il me dit que tous ses personnages se trouvaient à l’époque dans le dictionnaire Larousse qui commanditait sa grille.
- Le Larousse et le Robert étant des dictionnaires destinés à la francophonie entière, il va de soi que l’inclusion des noms des personnages et des lieux géographiques exigeait un certain niveau d’importance dans le vaste ensemble francophone.
- Par exemple, si les nom des premiers ministres francophones du Canada pouvaient y être inclus, on ne pouvait espérer y trouver celui des premiers ministres du Québec depuis la Confédération. De même, si les noms des grandes villes canadiennes y apparaissaient, il n’en allait pas de même des villes et villages intéressants pour le petit marché québécois, mais insignifiants pour la grande Francophonie.
- Il n’y avait pas de dictionnaire des noms propres exclusivement québécois.
- Le juge Ignace Deslauriers de la Cour supérieure du Québec avait écrit un recueil comportant les noms et un aperçu historique de chacun des juges de nos tribunaux. L’Assemblée nationale avait commandité un recueil qui faisait la même chose dans le cas des députés qui avaient été élus depuis 1792. Le Dictionnaire biographique du Canada en était à son douzième volume.
- J’ai donc décidé de prendre dans ces sources les éléments que je jugeais essentiels et de les fondre en une seule œuvre plus simple, mais certainement moins complète que ces œuvres spécialisées. Je me suis acheté un ordinateur. J’ai commencé par résumer les curriculum vitae des députés, j’y ai ensuite inséré ceux des juges, puis ce fut au tour des grands personnages de l’histoire. Puis ce furent les évêques, puis les premiers de lignée en Amérique.
- J’ai par la suite eu l’idée d’inclure les noms de personnes qui avaient fait leur marque dans les domaines littéraires ou artistiques. Pour ce faire, je me suis inspiré des listes de récipiendaires québécois des divers prix décernés chaque année par les gouvernements et institutions spécialisées.
- C’est dans le Dictionnaire pratique des auteurs québécois de Réginald Hamel, John E. Hare et Paul Wyczynski, que j’ai puisé les informations nécessaires à l’inclusion des écrivains cités. Les autres, comme les artistes, architectes, les ingénieurs et autres scientifiques ont été glanés un peu partout, au fur et à mesure de mes lectures. Ensuite ce furent les gagnants de trophées de la Ligue nationale de hockey ou de médailles olympiques etc. etc.
- Comme j’indiquais les lieux de naissance de ces personnages, je me suis dit que le lecteur serait sans doute heureux de situer géographiquement ces endroits du Québec qui avaient vu naître ceux dont les noms étaient cités dans ce dictionnaire.
- Mon épouse avait hérité de sa grand-mère le Dictionnaire historique et géographique des paroisses missions et municipalités de la province de Québec publié en 1925 par Hormisdas Magnan. C’est donc chez monsieur Magnan que j’ai puisé les premières descriptions et la toponymie de ces lieux géographiques.
- Comme j’indiquais les circonscriptions électorales fédérales et provinciales représentées par les députés, j’ai jugé utile d’énumérer pour chacune d’elles la liste des députés qui l’avaient représentée soit à l’Assemblée nationale soit à la Chambre des communes. Il en fut de même pour les diocèses et leurs évêques.
- Pour parodier le Petit Robert, j’ai appelé mon œuvre Le Petit Jean, Dictionnaire des noms propres du Québec, que Les Éditions internationales Alain Stanké acceptèrent de publier en 1993, environ 10 ans après le début de mes travaux. Il contenait environ 12 000 noms répartis sur 951 pages. En près d’un an, nous en avons livré 17 000 exemplaires.
- Mais la passion qui s’était emparée de moi fut encore attisée par les remarques faites par les utilisateurs, les corrections qu’ils ont demandées et les additions qu’ils ont souhaitées.
- Deux élections générales sont tenues à l’intérieur d’une période de quatre ans, donc deux groupes de nouveaux députés qui viennent grossir le dictionnaire. Chaque année le personnel judiciaire se renouvelle, des nouveaux récipiendaires de prix s’ajoutent, des trophées sont remportés. Tous les deux ans, des Jeux olympiques sont présentés et enrichissent la liste des Québécois qui s’y méritent des médailles. Des événements surgissent qui méritent d’être signalés dans chacune des municipalités du Québec.
- Si le nom d’une personne se trouve dans le dictionnaire pour l’une des raisons énumérées, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant d’ajouter au Petit Jean, le nom du premier homme qui avait porté ce patronyme en Amérique. Le Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730 publié en 1983 sous la direction de René Jetté, fut ma source pour décrire la provenance, le mariage et la première progéniture des premiers de lignées en Amérique.
- Le Petit Jean venait de grossir d’environ 1 500 nouvelles entrées et se transformait en 2001 sous le titre La Mémoire du Québec édité également par Les Éditions internationales Alain Stanké. La Mémoire du Québec comptait 15 000 entrées réparties sur 1 800 pages. Nous en avons vendu 7 000 exemplaires en moins de deux ans.
- Lorsqu’une dame fit remarquer que le dictionnaire ne contenait pas beaucoup de noms de femmes, j’ai décidé de transformer les premiers de lignée en pères de lignée et d’ajouter les noms des 1,500 mères de lignée et leurs origines de même que leur progéniture.
- Dans une bouquinerie de la rue Mont-Royal, j’ai trouvé un dictionnaire Larousse Sélection publié en 1969 par Sélection du Reader’s Digest qui comportait une section intitulée Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France. J’ai pensé que les utilisateurs de La Mémoire du Québec aimeraient avoir un aperçu de l’étymologie des noms de personnes qu’on y retrouve.
- Possédant un Dictionnaire Beycherelles qui date de 1857, j’ai entrepris d’adapter au Québec en utilisant les définitions des mots telles qu’elles étaient alors, l’étymologie de 1 800 noms de personnes. Sans aucune autre raison que «faire savant», j’ai assorti certaines entrées de vieux dictons français accompagnés de la signification que Beycherelles leur donnait en 1857.
- Voilà la Mémoire du Québec de 2006. Elle compte 20 450 entrées. Si elle était publiée sur papier, elle tiendrait dans à peu près 4 000 pages.
- Monsieur Hannequart serait heureux de nous faire chercher des noms de personnages et de lieux québécois. Et je serais heureux de tenter de le déjouer.
