Inuit (nation autochtone inuite)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Langue d'usage - inuktitut.


Nom donné au début du XXIe siècle aux premiers habitants du Grand Nord (Canada, Alaska et Groënland) ; on les appelait autrefois les Esquimaux ; les Norvégiens les avaien appelés Skroelings (Histoire du Canada F.-X. Garneau, éditions de l'arbre, 1945).
Installés sur les rives du détroit de Behring, de l'Alaska, de l'Arctique canadien, de la baie de Hudson et du Groënland ; venus de Sibérie vers 2400 av. J.C., ils sont près de 100 000 répartis sur ce vaste territoire nordique. Les communautés innuites du Québec sont Akulivik, Aupaluk, Inukjuak, Ivujivik, Kangiqsualujjuaq, Kanjiqsujuaq, Kangirsuk, Kiggaluk, Killiniq, Kuujjuaq, Puvirnituq, Quaqtaq, Salluit, Tasiujaq, Umiujaq et Kuujjuarapik.

Entre 1950 et 1970 Environ 1 000 chiens de traîneau du Nunavik sont abattus par la Gendarmerie royale du Canada-GRC et la Police provinciale-SQ en vertu d'une loi agricole provinciale qui permet à la police de tuer des chiens errants.
1953-1956
Pour assurer l'occupation du territoire, le Gouvernement du Canada force 87 membres de 19 familles Inukjuamiut à s'exiler vers Resolute Bay et Grise Fjord, à 2 000 km au nord de Inukjuak dans l'Extrême-Arctique.
2006
La Gendarmerie royale du Canada invoque invoque des raisons de santé publique pour justifier l'abattage des chiens.
2007
(9 août) Le Gouvernement du Québec et les Inuits du Québec représentés par la Société Makivik s'entendent pour la formation d'un Gouvernement régional du Nunavik qui résulterait de la fusion de l'Administration régionale Kativik, de la Commission scolaire Kativik et de la Régie des soins et des services de santé du Nord du Québec ; ce gouvernement régional, composé de 21 membres élus représentant les 14 communautés inuites du Québec, aurait une autorité déléguée de l'Assemblée nationale du Québec et gérerait les sommes d'argent globales affectées annuellement par le Gouvernement fédéral et le Gouvernement provincial en matière d'éducation et de soins de santé, mais le nouvel organisme aurait la responsabilité de l'affectation locale de ses fonds selon un ordre de priorité établi par lui-même et non par le Gouvernement du Québec ; de plus ce gouvernement aurait le droit d'imposer des taxes foncières sur le territoire, mais pas celui de lever des impôts sur le revenu ni d'imposer de taxe de vente.
(5 décembre) Les Inuits, le Gouvernement du Canada et le Gouvernement du Québec signent une entente formelle qui ouvre la voie à l'établissement d'un gouvernement du territoire régional du Nunavik. Les Inuits croient que l'abattage de ces chiens nécessaires à leurs déplacements était destiné à les obliger à déménager près d'agglomérations où leurs enfants pourraient fréquenter l'école.
2008
Le Gouvernement du Québec et la Corporation Makivik nomment le juge Jean-Jacques Croteau pour faire la lumière sur l'abattage des chiens de traîneaux entre 1950 et 1970.
2009
(23 août) Une commission dirigée par le juge Jean-Jacques Croteau conclut qu'il n'y a pas eu de destruction systématique des chiens des Inuits, mais il blâme les 2 corps de police pour avoir été négligents envers les Inuits et d'avoir utilisé à tort une loi agricole pour justifier l'abattage des chiens de traîneau entre 1950 et 1970 ; cette loi provinciale était destinée à protéger les animaux de ferme contre les chiens errants dans le sud du Québec ; elle a été appliquée indûment par les policiers dans le Nord du Québec où il n'y a aucun animal de ferme à protéger. Il recommande au gouvernement de compenser les Inuits pour ces gestes injustifiés et de leur présenter ses excuses.
2010 (18 août) Le ministre canadien des Affaires indiennes, John Duncan, présente formellement les excuses du Gouvernement du Canada aux familles des 87 inuits qu'il avait déportés dans l'Extrême Arctique entre 1853 et 1956 pour y assurer une présence canadienne.
(20 août) Mise en vigueur partielle de l'embargo décidé par le Parlement européen contre les produits du phoque ; les produits du phoque qui sont chassés traditionnellement par des communautés inuites et indigènes sont temporairement exemptés de cet embargo en attendant que la Cour européenne se prononce sur la demande d'injonction contre l'embargo présentée par les Inuits de Tapiriit Kanatami et 15 autres plaignants de la Norvège, du Groënland et du Canada.
(25 octobre) Le juge Marc Jaeger de la Cour de justice européenne refuse d'émettre une injonction temporaire contre la mise en vigueur la décision du Parlement européen ; cette décision entre donc en vigueur pour tous les produits du phoque sans exception jusqu'à ce que la Cour de justice européenne se soit prononcé sur sa légalité.
2011 (8 août) En réponse aux recommandation de Jean-Jacques Croteau, le premier ministre Jean Charest et le ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelly, se rendent à Kangiqsualujjuaq où, avec le président de la Société Makivik, Pita Aatami, ils signent une entente qui «reconnaît l'effet qu'ont eu les événemnts historiques entourant l'abattage des chiens de traîneau sur la société inuite» et son mode de vie ; le gouvernement s'est engagé à verser une somme de 3 M$ à la Société Kativik pour soutenir les Inuits dans la protection et la promotion de leurs traditions et de leur culture.
2016 (3 juin 2016) La Russie provoque la colère des Inuïts du Canada et du Groënland et suscite des inquiétudes sur la souveraineté avec son intention de faire atterrir une roquette contenant possiblement des substances chimiques hautement toxiques dans une importante réserve de biodiversité de l'Arctique canadien. Le Inuits prétendent que l'endroit où la roquette va atterrir est situé entre sur un territoire qu'ils occupent et où il s'y trouve un cours d'eau essentiel pour l'approvisionnement en nourriture de leurs communautés; ce secteur est en dehors des eaux territoriales canadiennes, mais fait partie d'une zone économique en partie sous contrôle du Canada ; les Inuits de près d'une douzaine de communautés y chassent massivement . (La Presse, 4 juin 2016).

Population inuktitut du Québec

RésidantsDans communautéHors communautéTotal
19937 0734687 590
19977 3105307 840




  • Bibliographie -


Le Monde de Tivi Etok (Tivi Etok avec la colaboration de Jobie Weeraluktuk et Robyn Bryant, Éditions MultiMondes Québec, 2008).

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