Oka (municipalité)

Un article de la Mémoire du Québec (2018).

  • Superficie - 67,21 km2.
  • Gentilé - Okois, oise.


  • Éphémérides -


1648
Les Iroquois anéantissent la nation huronne dont les membres sont ou tués ou fuient vers la région des Grands-Lacs.
1676
Les sulpiciens fondent, sur le mont Royal, une mission destinée à soustraire leurs néophites iroquois, algonquins et hurons à la mauvaise influence des Français avec lesquels ils ont tendance à se mêler.
1680
Nouvelle guerre entre, d'une part les Iroquois appuyés par les Anglais, et d'autre part, les Français et leurs alliés amérindiens.
1692-1693
La sévère et constante riposte française affaiblit graduellement les Iroquois.
1696
Les sulpiciens déménagent leur mission amérindienne du pied du mont Royal à un nouveau site au bord de la rivière des Prairies, près des rapides du Sault-au-Récollet.
1701
Signature de la Grande Paix de Montréal qui consacre la défaite des Iroquois ; début du retour des Algonquins qui s'étaient réfugiés plus au nord.
1717
(17 octobre) Concession d'une seigneurie (3 1/2 lieues de front sur le lac des Deux-Montagnes sur 3 lieues de profondeur) à la Compagnie de Saint-Sulpice de Paris «pour y transporter la mission des Sauvages du Sault-au-Récollet dans l'île de Montréal dont ils sont chargés, à condition qu'ils feront à leurs dépens toute la dépense nécessaire pour le changement de la dite mission et d'y bâtir aussi à leurs dépens une église et un fort de pierres pour la sûreté des Sauvages» ; la seigneurie, appelée Lac-des-Deux-Montagnes est traversée par la Grande et la Petite rivière du Chêne, la rivière du Nord et la rivière au Prince. Arrivée des premiers colons blancs.
1721
La Compagnie de Saint-Sulpice de Paris déménage la mission du Sault-au-Récollet dans sa seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2), construit une église et y installe ses néophytes amérindiens dans deux villages dont l'un, à l'ouest, est assigné aux Iroquois, et l'autre, à l'est, aux Algonquins et aux Nipissingues. Les Raizenne construisent une maison sur une terre qu'ils croient concédée.
Ouverture des registres de la paroisse de L'Annonciation.
1733
La population des deux villages amérindiens est de 500 habitants.
(26 septembre) Le territoire de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2) est augmenté par 2 lieues de front par le gouverneur Beauharnois et l'intendant Hocquart.
1740-1742
Construction du Calvaire sur la Montagne par le sulpicien Hamon Guen de la mission du Lac-des-Deux-Montagne ; comprend 4 oratoires et 3 chapelles dans lesquels les sulpiciens installent des peintures achetées en France ; ils se servent de ces peintures pour illustrer les cours de catéchisme qu'ils donnent aux amérindiens.
1763
Signature du Traité de Paris qui marque le début du régime britannique au Canada.
1764
La Compagnie de Saint-Sulpice de Paris cède ses seigneuries canadiennes (Île-de-Montréal, Lac-des-Deux-Montagne, Saint-Sulpice) aux sulpiciens de Montréal.
1776
Construction de la première église de L'Annonciation.
Soucieux de préserver les peintures qui ornent le Calvaire, les sulpiciens décident de les déménager dans l'église et de les remplacer par des bas-reliefs qu'ils commandent au sculpteur François Guernon de Belleville ; celui-ci reproduit sur bois les peintures françaises.
1815
La seigneurie compte 661 lots ou concessions.
1838
La mission compte 343 Iroquois, 372 Nipissingues, 374 Algonquins et 200 Canadiens.
1840
Incorporation des Ecclésiastiques du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal ; confirmation de leur titre au fief et seigneurie de l'Île-de-Montréal et au fief et seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).
1853
Pour diminuer la tension qui règne sur le territoire de la seigneurie, le gouvernement du Canada-Uni crée les réserves de Maniwaki et de Doncaster et invite les Algonquins et les Iroquois de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2) à s'installer respectivement dans l'une et dans l'autre.
1854
(18 décembre) Abolition du régime seigneurial.
1859
Une loi du Parlement britannique sanctionne formellement le droit de propriété des sulpiciens sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).
Effrayées par les revendications territoriales des Iroquois qui y vivent, de nombreuses familles algonquines qui y sont établies depuis 150 ans et qui forment le groupe le plus important de la population amérindienne quittent la seigneurie ; ils sont remplacés par des colons blancs appelés par les sulpiciens.
1867
Construction d'un quai pour permettre aux bateaux à vapeur remontant la rivière des Outaouais de livrer courrier et approvisionnements.
Ouverture d'un bureau de poste sous le nom de Oka.
1868
Établissement d'une mission de l'Église méthodiste à Oka. Demande des Algonquins de la seigneurie au Gouvernement fédéral de leur reconnaître le droit de propriété sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2)
Plainte des Iroquois de la seigneurie contre la tyrannie et l'oppression des sulpiciens à leur endroit. La demande des Algonquins et la plainte des Iroquois sont rejetées.Les sulpiciens sont confirmés dans leur droit de propriété. Joseph Onasakenrat, un jeune Mohawk, devient le chef de la bande d'Oka. Joseph Onasakenrat présente une pétition à Lord Monck alors gouverneur du Canada, par laquelle il renouvelle la demande de reconnaissance du droit des Mohawks sur les terres de la seigneurie.
1869
Joseph Onasakenrat abat un orme géant pour illustrer sa contestation du droit des sulpiciens sur le bois de la seigneurie.Apostasie d'une soixantaine d'Iroquois qui passent à l'Église méthodiste. Joseph Onasakenrat et 40 Mohawks se rendent au manoir des sulpiciens et leur en enjoignent de quitter les lieux sans délai. Les sulpiciens obtiennent un mandat d'arrêt contre Joseph Onasakenrat qui est arrêté par la police de Montréal le 4 mars 1869. Une nouvelle pétition est présentée au baron John Lisgar, le nouveau gouverneur du Canada. D'autres arbres sont abattus et les clôtures des sulpiciens sont détruites.
Les sulpiciens commencent à vendre des lots à des blancs dans le territoire qui est deviendra le village d'Oka.
1874
(14 novembre) Érection canonique de la paroisse de L'Annonciation ; son territoire couvre une partie de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).
1875
Construction d'une église méthodiste par les Iroquois de la seigneurie qui seront reconnus coupables d'infraction aux droits des sulpiciens ; ces derniers, prétendant qu'elle a été érigée sans droit, font détruire l'église méthodiste.
(20 avril) Constitution de la municipalité de la paroisse de L'Annonciation-d'Oka.
1877
(10 juin) Incendie de l'église et du presbytère de la paroisse de L'Annonciation ; on croit que l'incendie a été allumé par des Mohawks dirigés par leur chef Joseph Atk8irente dit Corinthe ; Joseph Onasakenrat et son père avaient été vus observant l'incendie.
(14 juin) Arrestation de 8 amérindiens accusés de déprédation.
1879
(20 juin) Bénédiction de la première pierre d'une nouvelle église de L'Annonciation par Mgr Édouard-Charles Fabre ; la construction par les sulpiciens selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard s'est étalée sur cinq ans de 1879 à 1883.
1880
Joseph Onasakenrat est ordonné ministre de l'Église méthodiste.
1881
Le gouvernement du Canada se porte acquéreur de terres à Gibson, Ontario, et invite les Iroquois d'Oka à s'y installer dans des maisons construites par les sulpiciens ; seulement un tiers des Iroquois acceptent de déménager, mais ils reviendront à Oka quelques années plus tard. Après 4 procès, Joseph Onasakenrat est déclaré non coupable des délits que les sulpiciens lui reprochaient ; il décède en février 1981 à l'âge de 35 ans ; à l'époque, plusieurs Mohawks ont pensé qu'il avait été empoisonné par les sulpiciens.
(11 avril) Grâce à un prêt de 10 000 $ du Gouvernement du Québec, les moines cisterciens de Bellefontaine (France), dirigés par leur abbé, Dom Jean-Marie Chouteau, viennent fonder le monastère Notre-Dame-du-Lac-des-Deux-Montagnes sur une terre de 1 000 arpents sur le territoire de la municipalité de la paroisse de L'Annonciation-d'Oka.
1883
(25 décembre) Bénédiction de l'église reconstruite et première messe de Noël célébrée par le curé sulpicien Louis-Guillaume Leclair.
1886
(Mars) Avalanche de sables se détachant du flanc de la montagne et déferlant sur le village ; plus d'un mètre d'épaisseur de sable engloutit littéralement les clôtures et les maisons. Le sulpicien Daniel-Joseph Lefebvre (1829-1915), curé de la paroisse (1885-1915), refusant de transporter le village comme le recommande des ingénieurs montréalais, décide de planter des pins pour retenir les sables ; les sulpiciens payent deux sous et demi par plant de pin que les gens du village, hommes, femmes et enfants, amérindiens ou canadiens, vont cueillir un peu partout dans la région avoisinante ; en deux semaines on plante plus de 100 000 pins sur le penchant des collines selon un plan géométrique tracé par l'abbé Lefebvre.
1892
(16 août) Le monastère de Notre-Dame-du-Lac est élevé au rang d'abbaye.
1893
Fondation de l'école d'agriculture de Oka par Dom Antoine Oger, abbé de la Trappe de Oka et Louis Beaubien, commissaire de l'Agriculture du Québec. Incendie de la première abbaye de Oka construite en bois.
1902
(23 juillet) Incendie de la deuxième abbaye des Trappistes construite en pierres.
1905
Le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, avise les sulpiciens qu'il considère l'affaire d'Oka comme «encore pendante». Le chef mohawk, Joseph Atk8irente dit Corinthe, intente une action devant la Cour supérieure qui la rejette ; la Cour du banc de la reine rejette l'appel de la décision de la Cour supérieure ; le Conseil privé de Londres rejette également l'appel de la décision de la Cour du banc de la reine confirmant une fois de plus le droit de propriété des sulpiciens sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).
1907
Pose du clocher de l'actuelle église de l'Annonciation.
1908
Onésime Fortier et son frère Omer conduisent le premier yacht à gazoline de la traverse Oka-Hudson. Affiliation de l'École d'Agriculture de Oka à l'Université Laval qui lui donne le statut d'Institut agricole de Oka.
(16 août) Première ordination sacerdotale dans l'église de Oka, celle de l'abbé Adélard Harbour par Mgr Louis-Joseph-Napoléon Bruchési, évêque de Montréal.
1909
(9 février) Inauguration de l'Institut agricole de Oka.
1911
Première promotion d'agronomes de l'Institut agricole de Oka.
Le Conseil privé de Londres (le plus haut tribunal ayant compétence sur les affaires du Canada) déboute les Amérindiens et confirme les sulpiciens «dans tous leurs droits sur la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2)».
(Décembre 1911) Six citoyens d'Oka dont Hormisdas Laberge, John Burns, Simon Tawasha, Pierre Ignace et Ignace Simon et un inconnu, se noient dans le lac des Deux Montagnes.
1916
(27 décembre) Incendie du monastère des Trappistes.
1918
(28 mai) Constitution de la municipalité de L'Annonciation-Partie-Nord par détachement de celle de la paroisse de L'Annonciation.
1922
Un incendie détruit tous les registres de la paroisse ; les doubles conservés à Sainte-Scholastique (Mirabel) ne remontent qu'à 1786.
1923
La population de la paroisse est de 1 348 âmes.
1928-1947
L'Institut agricole d'Oka abrite l'École de médecine vétérinaire.
1936
Les sulpiciens vendent tout ce qui leur reste de propriété à Oka, sauf les terres occupées par les Mohawks.
1942
Constitution de la municipalité de Oka-sur-le-Lac.
(26 octobre) Fondation de la Caisse populaire de Oka.
1945
Achat par le gouvernement fédéral de tous les terrains des sulpiciens occupés par des Mohawks, dont 500 acres de boisés pour assurer l'approvisionnement de ces derniers en combustible.
1947
Le Gouvernement du Canada vend a municipalité d'Oka devient propriétaire les terres achetées des sulpiciens en 1945 ; la municipalité y aménage un parc municipal.
Il y a 177 moines à l'Abbaye d'Oka.
1953
La municipalité de la paroisse de L'Annonciation-d'Oka devient la municipalité de Oka. Les sulpiciens expulsent les Raizenne de la maison qu'ils avaient construite et de la terre qu'ils cultivaient en invoquant qu'ils n'avaient jamais concédé la propriété mais seulement l'usufruit de cette terre.
1959
La municipalité loue une partie du parc municipal au Club de golf Oka, une corporation sans but lucratif.
1975
Soumission par les Mohawks de Kahnawake, Kahnesatake et Akwesasne d'une revendication territoriale globale réclamant la propriété des terres sises le long du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, y compris les terres de la région du lac des Deux-Montagnes (53 300 ha) ; les autorités gouvernementales canadiennes rejettent ces revendications.
1974
Deux des 7 bas-reliefs du Calvaire d'Oka ayant été vandalisés, les sulpiciens décident de les déménager dans la chapelle attenante à l'église paroissiale.
1976 La Saint-Lawrence Columbium abandonne l'exploitation de sa mine de colombium.
1977
La municipalité de L'Annonciation-Partie-Nord devient celle de la paroisse de Oka.
Les Mohawks enregistrent une réclamation territoriale sur le territoire de l'ancienne seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2) (53 300 hectares) comprenant les territoires des municipalités d'Oka, de Saint-Benoît (Mirabel) et de Pointe-Calumet.
Cessation de l'exploitation de la mine de niobium d'Oka en raison d'une utilisation excessive des ressources locales en siphonnant l'eau des puits des fermiers locaux..
1980
Grâce à une subvention de 50 000 $ du ministère de la Culture du Québec, la paroisse devient propriétaire des sept bas-reliefs sculptés en 1776 par François Guernon et ornant les 4 oratoires et 3 chapelles du Calvaire d'Oka.
1982
Annexion de la municipalité d'Oka-sur-le-Lac par la municipalité de la paroisse d'Oka.
1986
L'établissement amérindien d'Oka adopte officiellement le nom de Kanehsatake.
1982
Revendication particulière des Amérindiens de Kanehsatake sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).
1986 L'établissement amérindien d'Oka adopte officiellement le nom de Kahnesatake. Le ministre canadien des Affaires indiennes et du Nord propose de prendre en considération les griefs de la bande de Kahnesatake même s'il n'y a aucune base juridique pour l'y obliger ; parmi les terrains revendiqués se trouve le parc municipal d'Oka.
1988
Le bail du Club de golf Oka est renouvelé pour une période de 20 ans.
1989
Ouverture de casinos sous la protection des Warriors Mohawks et malgré une importante opposition des Mohawks résidants sur la réserve d'Akwesasne.
(2 mars) Le Club de golf Oka accepte de louer pour 35 ans le terrain de golf qui sera agrandi par l'addition de 45 acres appartenant à Maurice Rousseau. Plusieurs actes de vandalisme sont rapportés au cours du mois de mars ; la tension augmente entre blancs et autochtones.
(22 mars) Le chef des Mohawks, Clarence Cimon, enjoint la ville de ne pas procéder à l'agrandissement du terrain de golf qu'il dit situé sur des terres appartenant aux Mohawks et faisant partie de leurs revendications traditionnelles.
(28 juillet) La municipalité consent à un moratoire de 15 jours avant le début des travaux d'agrandissement du golf. (Septembre à Décembre) Poursuite de négociations entre les Mohawks, la municipalité et les gouvernements fédéral et provincial en vue d'une entente globale visant à régler les litiges concernant les terres contestées.
1990
(23 janvier) Remplacement du chef Cimon par le chef George Martin qui demande une suspension des négociations.
(5 mars) Le conseil de la municipalité de Oka met fin au moratoire et autorise l'agrandissement du terrain de golf et permet ainsi l'abattage de quelques-uns des 50 000 pins de la pinède de Oka.
(7 mars) Le chef George Martin demande une nouvelle prolongation du moratoire jusqu'au 23 mars.
(11 mars) Des Mohawks de la Long House (Maison longue) d'Oka dressent une barricade à l'entrée du Chemin du Milieu menant au terrain de golf et y montent la garde munis d'armes à feu.
(26 avril) Injonction émise par la Cour supérieure ordonnant aux membres de la bande de Kanehsatake de ne pas obstruer ni barricader le Chemin du Milieu, de ne pas gêner la circulation sur le dit chemin et de s'abstenir d'y poser des affiches, pancartes ou enseignes.
(1 mai) Devant le risque de violence et la possibilité de blessures aux intervenants, la municipalité reporte l'action qu'elle avait commandée à un entrepreneur d'enlever les barricades ; les Mohawks refusant d'obéir à l'injonction, les discussions, jusque-là locales, prennent une tournure nationale par l'intervention des Warriors (guerriers armés promoteurs des casinos sur les réserves amérindiennes) ; deux Mohawks, Matthew Pyke, un opposant à l'exploitation de casinos sur la réserve de Akwesasne, et Harold Edwards sont assassinés.
(2 mai) La Sûreté du Québec-SQ, l'Ontario Police Departement et la New York State Police envahissent la réserve de Akwesasne.
(13 mai) Arrestation de 5 Mohawks opposés au casinos sur la réserve de Akwesasne.
(14 mai) Le cadavre d'un autre Mohawk d'Akwesasne, Douglas Thompson jr, mort d'une blessure profonde faite à l'aide d'un couteau, est découvert à Cornwall ; des accusations de meurtre non prémédité sont portées contre le Mohawk Douglas George, alors que des accusations d'avoir braqué une arme à feu et d'avoir utilisé une arme dans un dessein dangereux sont portées contre David George, le frère de Douglas, tous les deux de Akwesasne.
(29 juin) Injonction de la Cour supérieure ordonnant l'enlèvement des barricades, le nettoyage du domaine public et l'enlèvement des pancartes et enseignes sur le Chemin du Milieu, à Oka.
(10 juillet) Constatant l'échec de toutes ses tentatives pour faire enlever les barricades par les Mohawks, le Conseil municipal d'Oka demande l'intervention de la Sûreté du Québec-SQ.
(11 juillet 1990, 8 h 47) La Sûreté du Québec-SQ entre en action et l'un de ses agents, le caporal Marcel Lemay, est tué par balles au cours de l'assaut ; à la suite de cette intervention, les Mohawks de Kahnesatake dressent une barricade sur la route 344, à l'entrée d'Oka alors que ceux de Kahnawake en dresse une sur la route 132, bloquant ainsi l'accès au pont Mercier, sur la rive sud du Saint-Laurent. La Sûreté du Québec prend position et assiège Kahnawake et Kahnesatake.
En 2014, aucune enquête n'avait permis d'identifier la personne qui aurait fait feu sur le caporal Lemay.
(21 juillet) Les pourparlers entrepris après l'intervention du 11 juillet pour dénouer la crise sont rompus.
(23 juillet) Inauguration du train Saint-Isidore-Gare centrale mis en marche pour contrer les effets de la fermeture du pont Mercier par les Mohawks.
(1 août) 10 000 personnes manifestent dans les rues de Châteauguay pour exiger le démantèlement des barricades.
(4 août) Des manifestants blancs paralysent la voie maritime du Saint-Laurent en occupant le pont de l'écluse de Côte-Sainte-Catherine, puis sont dispersés par la Gendarnerie royale du Canada assistée par la Sûreté du Québec.
(8 août) Le premier ministre Brian Mulroney nomme le juge Alan B. Gold comme médiateur avec mandat d'obtenir l'accord écrit garantissant la réouverture des négociations et il autorise le déploiement de l'armée canadienne dans la région de Montréal à la demande de Robert Bourassa.
(9 août) Pour calmer les citoyens de la rive sud de Montréal, le gouvernement du Québec annonce le prolongement de l'autoroute 30 et l'ouverture de l'estacade du pont Champlain à la circulation automobile.
(12 août) Signature d'une entente par John Ciaccia, Tom Sidden, le ministre fédéral des Affaires indiennes, et les Mohawks ; des hommes masqués et armés entourent le ministre et le médiateur, Alan B. Gold, ce qui choque la population blanche. La bagarre éclate entre les forces de l'ordre et des manifestants blancs sur le pont de l'écluse Saint-Louis-de-Gonzague de la Voie maritime. La Sûreté du Québec-SQ déloge un groupe de manifestants blancs d'un pont de la Voie maritime du Saint-Laurent à Sainte-Catherine.
(14 août) Les Forces armées canadiennes se déploient dans les environs de Montréal et d'Oka (Saint-Benoit, Blainville et Saint-Rémi).
(17 août) Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande aux Forces armées canadiennes de remplacer la Sûreté du Québec aux barricades.
(19 août) 900 soldats s'installent à proximité des barricades amérindiennes à Kahnawake et Kahnesatake.
(27 août) Le général John De Chastelain, chef d'état-major de l'armée canadienne, annonce que l'armée procédera au démantellement des barricades.
(29 août) Les militaires commencent à démanteler les barricades du pont Mercier sans rencontrer de résistance.
(30 août) La Confédération iroquoise des Six Nations quitte la table de négociation ; les Warriors tentent d'imposer leur présence à la table, mais Robert Bourassa ordonne la fin des négociations.
(1 septembre) L'armée prend le contrôle du pont Mercier et avance sur les barricades d'Oka qu'elle démolit.
(2 septembre) La barricade sur le chemin du Milieu à Oka est démantelée par les militaires.
(5 septembre) Le pont Mercier est ouvert à la circulation.
(8 septembre) Regroupement des municipalités de Oka (village) et de Oka (paroisse).
(16 septembre) L'armée reçoit carte blanche pour négocier la reddition des Warriors de Kahnesatake et l'assurance qu'elle est seule aux commandes.
(18 septembre) Descente de la Sûreté du Québec à Kahnawake avec l'appui logistique de l'armée canadienne ; bilan : saisie de 47 armes, 75 Mohawks et 15 militaires sont blessés au cours de l'opération.
(26 septembre) Les Warriors, ces guerriers venus de partout, se rendent à l'armée avec leurs sympathisants encore retranchés dans le Centre de traitement d'Oka. 41 personnes sont alors arrêtées et accusées devant la justice canadienne ; la plupart d'entre elles seront acquittées. La crise d'Oka est terminée ; elle a duré 78 jours.
(29 septembre) Les 300 derniers militaires du Royal 22e Régiment-R22eR cèdent leurs postes aux agents de la Sûreté du Québec-SQ à Oka et se retirent à Saint-Benoit (Mirabel).
(8 octobre) Les derniers militaires quittent Kahnawake pour Farnham d'où ils partiront vers leurs quartiers permanents à Gagetown, Nouveau-Brunswick.
(21 novembre) Le ministre de la Défense du Canada révèle que la crise amérindienne de l'été 1990 à coûté 60,6 millions $ à l'armée canadienne.
1991
Le ministre de la Sécurité publique du Québec révèle que la crise d'Oka a coûté 112 millions $ à l'État, 71 millions $ en heures supplémentaires à la Sûreté du Québec, 20 millions $ en compensations financières à la population du secteur et 83 millions $ pour le déploiement des Forces armées canadiennes.
(27 mai 1991) Le coroner chargé de l'enquête sur la mort du caporal Lemay conclut qu'il a été tué par une balle tirée par un Mohawk qu'il est impossible d'identifier.
1992
(22 janvier 1992) Les jugements sont rendus dans le cas de trois autochtones accusés en rapport avec la crise de 1990 ; Ronald Cross dit Lasagne et Gordon Lazore dit Noriega sont trouvés coupables sous 29 motifs d'accusation sur les 56 portés contre eux ; Roger Lazore est acquitté des 10 accusations qui pesaient contre lui.
(19 février 1992) Ronald Cross et Gordon Lazore sont condamnés à 23 mois de prison pour leur participation aux événements de 1990.
(3 avril 1992) La Cour d'appel accepte la remise en liberté de Ronald Cross.
(3 juillet 1992) Un jury acquitte 34 Mohawks impliqués dans les événements de 1990.
(1er novembre 1992) Les Mohawks bloquent la route 344 pendant 2 heures.
1993
(Juillet 1993) Début de l'enquête du coroner sur la mort du caporal Marcel Lemay.
1994
Le gouvernement du Canada achète, au coût de 14 millions $, 170 propriétés privées appartenant à des Blancs puis les cède aux Mohawks.
1995
La population de l'établissement est de 1 146 habitants.
Publication des résultats d'une enquête judiciaire ; les autorités provinciales et la direction de la Sûreté du Québec sont blâmées pour avoir autorisé l'assaut contre les barricades des Mohawks ; les commissaires indiquent que le caporal Marcel Lemay a été tué par une balle venant du côté des Warriors, mais se disent dans l'impossibilité de déterminer lequel de ces derniers est celui qui a tiré.
Le quotidien The Gazette expose un commerce de drogues et de cigarettes opéré par des bandits sur le territoire des Mohawks sous le nez du grand chef Jerry Peltier, son chef de la sécurité, Robert Gabriel et le clan de la famille Nicholas qui contrôle l'administration locale du territoire des Mohawks. Le grand chef Jerry Peltier des Mohawks accuse le gouvernement du Canada de ne pas lui avoir donné suffisamment de fonds pour créer une véritable police mohawke.
1996
James Gabriel est élu grand chef des Mohawks de Kanehsatake et remplace le grand chef Jerry Peltier.
James Gabriel négocie avec les gouvernements fédéral et provincial la création d'un véritable service de police mohawk.
1997
Le gouvernement du Canada achète 12 335 m2 de terrain qu'il remet aux Mohawks qui y agrandissent leur cimetière.
1999
Les gouvernements du Canada et du Québec signent une entente avec les Mohawks qui accorde une compétence précise aux peacekeepers sur le territoire mohawk ; la Sûreté du Québec n'interviendra désormais qu'à la demande des peacekeepers.
(6 juin 1999) Lors d'une opération policière, les peacekeepers mohawks blessent grièvement Joseph David, l'un des warriors mohawks à l'origine de la crise de 1990 ; souffrant de stress psychologiques, David avait tiré en direction des policiers qui ont riposté en tirant une balle qui l'atteignit et le rendit paraplégique ; David mourra le 4 mai 2004, au milieu d'une autre crise interne opposant des chefs mohawks entre eux au sujet de la direction des peacekeepers.
(2 novembre 1999) Ronald Cross est trouvé mort dans son automobile, sous le pont Champlain où il travaillait sur la structure, un malaise l'ayant obligé à descendre et à se reposer dans sa voiture ; le coroner conclut qu'il est décédé d'une crise cardiaque.
2000
La population de la municipalité de Oka est de 4 250 habitants.
(Juillet 2000) Le conseil de bande de Kahnesatake signe une entente avec le gouvernement fédéral qui lui cède le territoire de 958 hectares acheté des Blancs depuis 1990 et en laisse la gestion à la communauté mohawke qui aura le loisir d'y promulguer ses propres lois.
2001
Les peacekeepers trouvent une somme de 40 000 $US et des plans de cannabis dans la résidence de Robert Gabriel. Des coups de feu sont tirés vers le poste de police. James Gabriel accuse les trafiquants de marijuana d'être les auteurs de ces coups de feu. Le conseil de bande des Mohawks congédie le chef des peacekeepers, Larry Ross
2002
Il n'y a plus qu'une trentaine de moines à l'abbaye d'Oka.
2003
(28 mars 2003) Des Mohawks bloquent la route 344 pour protester contre la décision du grand chef James Gabriel de prolonger l'entente de police qui donne autorité aux peacekeepers de la bande d'appliquer les lois et règlements sur le territoire de Kahnesatake ; ils veulent que seuls des Mohawks soient membres des peacekeepers sur le territoire (des Cris et des Micmacs font alors partie de ce corps de police).
(2 avril 2003) Les dissidents de la bande de Kahnesatake lèvent les barricades sur la route.
(Mai 2003) La Cour fédérale invalide la décision du Conseil de bande de congédier le chef des peacekeepers, Larry Ross, qui avait été congédié en 2001 alors qu'il enquêtait sur le trafic de drogues sur le territoire.
(Juillet 2003) Le conseil de bande formé de 7 membres, dont le grand chef, est paralysé depuis la mort d'un de ses membres étant donné que trois des membres s'opposent aux trois autres membres ; une élection partielle donne la majorité aux membres dirigés par le grand chef James Gabriel.
(Septembre 2003) Le Comité d'éthique policière du Québec blâme le chef Terry Isaac et Larry Ross pour avoir mis en danger la vie du civil Robert Benny Étienne au cours de l'arrestation d'un membre de la Warriors Society en 1999.
2004
(6 janvier 2004) Le grand chef James Gabriel, insatisfait de l'absence de répression de la vente illégale de cigarettes et de la vente de drogues sur le territoire, congédie le chef des peacekeepers, Tracey Cross, le remplace par Terry Isaac et Larry Ross, et engage 55 policiers provenant de 18 communautés autochtones du Québec.
(11 janvier 2004) Les 55 peacekeepers arrivent à Kahnesatake.
(12 janvier 2004, Vers 13 h ) des Mohawks érigent une barricade sur la route 344 ; vers 15 h, les mêmes individus assiègent le poste de police, brisent les phares des automobiles de police, incendient une automobile et, vers 18 h 30, alors que les peacekeepers son coincés dans le poste de police, les dissidents incendient la maison du grand chef James Gabriel qui venait de la quitter avec sa femme et ses 4 enfants ; les dissidents exigent le départ des policiers étrangers du territoire.
(13 janvier 2004) Le ministre de la Sécurité publique du Québec annonce qu'une entente est intervenue entre les comités de sécurité publique des territoires mohawks, fait libérer les peacekeepers détenus au poste de police et démet le chef des peacekeepers, Terry Isaac, et confie la sécurité de Kahnesatake aux peacekeepers de Kahnawake et d'Akwesasne sous la direction du chef des peacekeepers de Kahnawake, G.K Diabo ; les peacekeepers des autres communautés autochtones retournent dans leurs communautés respectives.
(15 janvier 2004) L'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador dénonce le résultat de l'intervention du ministre, alors que Joe Norton, le chef des Mohawks de Kahnawake l'en félicite.
(17 avril 2004) 10 sommations à comparaître et 14 mandats d'arrestation sont émis contre des résidents de Kanehsatake qui devront répondre à des accusations de participation à une émeute et de séquestration portées contre eux à cause de leur participation aux événements du 12 et 13 janvier précédent.
(3 mai 2004) Affrontement entre les dissidents et les policiers mohawks de Kahnesatake (PMK).
(9 juin 2004) Recherché pour l'incendie criminel de la maison du grand chef, James Gabriel, Joseph Daye se livre à la Sûreté du Québec.
(10 juin 2004) Le feu ravage le poste de police vacant.
(14 juin 2004) Malgré la fin de leur mandat, les gouvernements du Québec et du Canada décident de reconnaître les élus du conseil de bande jusqu'aux prochaines élections.
2005
(25 juin 2005) Élection du nouveau conseil de bande de Kanehsatake ; sur 1 600 électeurs inscrits, Steven Bonspiel l'emporte avec 375 votes contre 344 pour James Gabriel, mais les 6 chefs élus membres du conseil de bande faisaient équipe avec Gabriel.
2006
Le Gouvernement fédéral quitte la table de négociations sur les réclamations territoriales des Mohawks.
(20 janvier 2006) Trouvés coupable par un jury de participation à une émeute et de séquestration de policiers perpétrées le 12 et 13 janvier 2004, Gordon Lazore et Gary Gabriel sont condamnés par la juge Nicole Duval Hesler à 15 mois de prison, Robert Gabriel et Bradley Gabriel, 12 mois, Hubert Nelson, 6 mois, Alistair Nicolas, 4 mois, Terry Yaxley, 3 mois, et François Pinsonneault est condamné à une amende de 1 000 $, T. Nelson McDonald, 600 $, Joseph Daye, 500 $ et 50 heures de travaux communautaires ; les verdicts et les sentences sont portées en appel.
(21 juin 2006) Projet Cléopatre. La Gendarmerie royale du Canada et plusieurs corps policiers du Québec participent à une descente dans plusieurs endroits au Canada et arrêtent 36 personnes au Québec ; Sharon Simon, 47 ans, présumée leader du réseau de trafiquants de drogues et de blanchiment d'argent est appréhendée dans sa luxueuse résidence de Kanehsatake et inculpée de gangstérisme, trafic de droques et possession d'armes prohibées ; sa fille Annie Arbic, 22 ans, est également arrêtée et accusée comme sa mère ; le 11 octobre 2007, Sharon Simon plaide coupable et est condamnée à 50 mois de pénitencier ; le 25 janvier 2008, Annie Arbic, est condamnée à 42 mois de prison après avoir plaidé coupable à l'accusation de gangsterisme ; Arbic coordonnait l'expédition de la marijuana récoltée au Québec et exportée vers lesÉtats-Unis; le juge Michel Duceppe de la Cour du Québec accepta de recommander que Annie Arbic purge sa peine au pénitencier pour femmes de Joliette où sa mère est déjà incarcérée.
(30 août 2006) Joseph Day, qui transportait un bidon d'essence lorsque l'incendie qui a détruit la maison du Grand chef James Gabriel a éclaté le 13 janvier 2004, avait d'abord été accusé d'incendie criminel, mais la Couronne ayant décidé de remplacer cette accusation par celle d'assaut grave, il plaide coupable à cette dernière accusation.
(Octobre 2006) CBC/Radio-Canada révèle que la sécurité à Kanehsatake a coûté 34 M $ en 2 ans et demi, et que 5,5 M $ ont été dépensés dans l'opération policière du 16 janvier 2004.
(Décembre 2006) Un rapport de la firme Samson et Associés nommée par le ministre fédéral de la Sécurité publique pour vérifier les comptes, indique que, pour l'opération du 16 janvier 2004, le ministère des Affaires indiennes du Canada et celui de la Sécurité publique du Canada avaient dépensé 4 M $ entre avril 2003 et avril 2005 pour la sécurité de Kanehsatake dont 62 296 $ pour acquérir des armes et des munitions (102 cannettes de poivre de cayenne, 7 pistolets Glock de calibre .22, 6 pistolets immobilisateurs Taser, 2 pistolets Beretta de calibre .40, 16 700 balles et 300 cartouches pour pistolets Taser).
2007
(21 février 2007) Le Comité d'éthique policière du Québec, réprimande l'ancien chef Tracey Cross et l'agent John Harding pour abus de pouvoir et conflit d'intérêt dans l'exercice de leurs fonctions ; Tracey Cross ne peut travailler comme policier pendant une année et John Harding pendant 25 mois ; leur cause a pris naissance en 1997 alors que Cross, chef des peacekeepers et membre du Conseil de bande, demanda à Harding, un peacekeeper également membre du Conseil de bande, d'enquêter sur le chef James Gabriel lorsqu'il apprit que ce dernier enquêtait sur lui ; Harding avait été congédié en 1999 et Cross en janvier 2004.
(Mai 2007) La communauté des Cisterciens de la stricte observance ou trappistes d'Oka vend au prix de 7,2 M $ tout son territoire (270 hectares) et les bâtiments qui s'y trouvent à la Corporation de l'Abbaye d'Oka, une organisation sans but lucratif qui bénéficie d'une contribution de 3 M $ du Gouvernement du Québec, d'un prêt bancaire de 2,7 M $ garanti par la municipalité d'Oka et d'un prêt sans intérêt pour 5 ans consenti par les trappistes ; ces derniers peuvent dès lors commencer la construction d'un nouveau monastère plus petit sur un domaine de 800 acres à Saint-Jean-de-Matha dans la région de Lanaudière ; le monastère d'Oka dont l'architecture suit les règles de l'architecture cistercienne est l'oeuvre de l'architecte Pierre Thibault de Québec.
(9 mai 2007) Joseph Day qui avait plaidé coupable à une accusation d'assaut grave est condamné à 2 ans moins un jour de prison à purger dans sa résidence ; Day souffre d'une maladie des reins qui l'oblige à la dialyse 3 fois par semaine et prend une vingtaine de pilules chaque jour ; le juge a cru que, compte tenu de son état de santé, une assignation à résidence serait à l'avantage de la société puisque, s'il avait été emprisonné, il serait hors de prison sous escorte la plupart du temps.
(24 mai) Dans l'impossibilité de payer ses dettes, le Conseil de bande congédie ses membres.
2008
(Juillet 2008) Élection d'un nouveau conseil de bande ; le grand chef, Sohenrise Paul Nicholas, et la majorité des chefs élus sont de même allégeance.
(25 juillet 2008 , vers 1 h) Une dizaine de Mohawks érigent une barricade de gros troncs d'arbres en travers de la route 344 et y met le feu empêchant ainsi la circulation entre Kanehsatake et Oka ; le conseil de bande négocie la levée du siège et la circulation est rétablie vers 9 h 30 ; les policiers de la Sûreté du Québec auraient intercepté une automobile conduite par un jeune de 17 ans qui n'avait pas de permis de conduire et auraient emmené ce jeune homme et l'un des passagers du véhicule ; les policiers auraient utilisé la force pour emmener ces personnes ; à la suite de cet incident, 2 auto-patrouilles ont été vandalisées par des véhicules de Mohawks ; c'est alors que la barricade aurait été érigée pour que la police ne puisse revenir sur le territoire.
2009
(Février 2009) Les 26 moines de la communauté des Cisterciens de la stricte observance déménagent d'Oka dans leur nouveau monastère Val-Notre-Dame de Saint-Jean-de-Matha fdans la MRC de Lanaudière.
Le Harrington College, une école secondaire privée qui propose un programme sports-études (hockey-éducation), s'installe dans l'ancienne hôtellerie de l'abbaye transformée en pensionnat et en salles de classe.
(Mars 2009) La compagnie Norfolk Financial acquiert un lot d'un homme d'affaires qui éprouvait des problèmes financiers et qui lui devait 100 000 $ en prêt hypothécaire.
(19 mai 2009, vers 4 h 55) Opération Cerro. Plus de 300 policiers de la Gendarmerie royale, de la Sureté du Québec et 7 policiers enquêteurs amérindiens faisant partie de l'Aboriginal Combined Forces Special Enforcement Unit, envahissent 13 endroits (dont 8 serres) où ils trouvent 1 200 plants de marijuana Kanehsatake et saisissent un véhicule blindé M-35, un buldozer, des armes de poing de calibre .357, divers armes de chasse et des munitions pour mitraillette AK-47 (Kalashnikov) et arrêtent 13 personnes dont Gary Gabriel, Barry Simon, Nancy Gabriel, 35 ans, Janice Gabriel, 35 ans, Vincent Daoust, 46 ans ; Jason Gabriel réussit à s'évader ; des coups de feu ont été tirés, mais pas par les policiers ; malgré le nombre d'arrestations, la Gendarmerie n'a porté des accusations que contre Nancy Gabriel, Janice Gabriel et Vincent Daoust tous trois pour avoir le ou vers le 19 août 2009 produit illégalement du cannabis à Kanehsatake.
2010
La population de la municipalité d'Oka est de 5 047 habitants.
(18 janvier 2010) Un groupe de Mohawks interdit à Norfolk Finance, propriétaire d'un terrain à Oka situé en face de la pinède de couper des pins sur son terrain de 9 290 m2 pour permettre la construction de 3 maisons ; les Mohawks prétendent que son terrain faisant l'objet d'une revendication territoriale de leur part, il ne doit pas y couper des arbres ni y construire quoi que ce soit ; Norfolk a acquis ce terrain 18 mois plus tôt au prix de 200 000 $.
(9 juin 2010) Le Conseil de bande de Kanehsatake réitère son opposition à l'exploitation d'une mine de niobium par Niocan Inc. avant que les Mohawks aient donné leur consentement et que l'exploitation ne nuise pas à l'environnement.
(20 juin 2010) John Ciaccia révèle que le 31 août 1990, à Dorval, il avait conclu une entente avec les leaders traditionalistes de la Confédération iroquoise des Six Nations qui s'opposaient aux radicaux Warriors ; le Gouvernement fédéral avait refusé d'accepter cette entente qui prévoyait le démantèlement pacifique des barricades du pont Mercier, à Oka et à Châteauguay ainsi que la destruction de toutes les armes, y compris leurs composantes, les munitions et les explosifs actuellement en la possession des Mohawks de Kanehsatake et de Kahnawake ; aucune amnistie n'était accordée aux Mohawks pour les incidents de l'été 1990, mais le Gouvernement du Québec devait s'engager à ce que les personnes arrêtées aient un accès immédiat et en tout temps à un avocat ; le Gouvernement du Canada devait s'engager à acquérir 97 acres de terrains dans la pinède d'Oka «pour le bénéfice et l'usage de la population mohawke de Kanehsatake ; le Gouvernement fédéral, qui ne reconnaissait pas la Confédération iroquoise des Six Nations, ne voulait pas d'entente tant que les barricades seraient en place ; l'entente a été mise par écrit mais n'a été ratifiée par personne.
(Octobre 2010) Jason Gabriel est arrêté et accusé d'incendie criminel, il doit aussi répondre à une accusation de violence conjugale.
2011
(Janvier 2011) La fabrique de la paroisse ayant besoin d'argent pour réparer le toit de l'église, elle confie plusieurs de ses trésors à l'encanteur Iegor de Saint-Hypolite pour qu'il les vendent aux enchères.
(10 janvier 2011) Le maire de la ville de Oka annonce qu'une entente est intervenue entre la ville et la compagnie Norfolk en vertu de laquelle, la ville achète le terrain de Norfolk pour la somme de 290 000 $ plus des frais d'avocat qui portent le coût total de la transaction à 305 000 $ que la ville va payer pour avoir la paix avec la communauté mohawke qui vit sur son territoire ; le propriétaire de la compagnie Norfolk Finance évaluait le terrain à 400 000 $, mais sa proximité avec la communauté mohawke en diminuait l'attrait puisque tout travail de construction éveillerait la colère des Mohawks et rendrait problématique la vente de maisons.
(25 octobre 2011) Jason Gabriel est acquitté faute de témoin ; les plaignants s'étant désistés.
2012
(26 janvier 2012) Le Devoir rapporte que la Corporation de l'abbaye d'Oka n'a pas réussi à respecter sa promesse envers les moines ou la communauté d'en faire un lieu de valorisation du patrimoine et de formation en agro-tourisme et que la Corporation de l'abbaye d'Oka, qui serait en difficulté financière et dont le prêt de 1,5 million $ sans intérêt consenti par les moines vient à échéance en mai 2012, a mis la propriété en vente et qu'elle a reçu deux offres d'achat :
Robert Piché, qui voudrait en faire un centre de désintoxication ;
Famille Marie-Jeunesse, une communauté religieuse des Cantons-de-l'Est qui voudrait s'y installer.
(13 mars 2012) La transaction est conclue entre la Corporation de l'abbaye d'Oka et Famille Marie-Jeunesse qui deviendra propriétaire de l'abbaye après l'inspection des bâtiments.
Par ailleurs, Richard Bonneau, qui n'a pas offert d'acheter le domaine, a offert d'y gérer un centre de villégiature.
L'Abbaye sera louée au College Harrington, une école secondaire privée dévouée au hockey d'élite.
(Juillet 2012) La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne retire le permis d'enseignement au collège Harrington parce que le programme du ministère n'était pas respecté et que les locaux étaient rapidement devenus insalubres en l'absence d'un entretien adéquat ; les droits de scolarité plus la pension pouvait coûter annuellement jusqu'à 35 000 $.
2014
(26 mars 2014) Le ministère de l'Agriculture du Québec annonce dans la Gazette officielle qu'il achète les terres agricoles (260 hectares) adjacentes à l'ancienne abbaye d'Oka au prix de 2 millions $ pour, par la suite les revendre ou les louer à des agriculteurs locaux.
(23 avril 2014) Lorsque le gouvernement du Québec achète les terres (260 hectares) adjacentes à l'abbaye d'Oka en mars 2014, Sylvie D'Amours la députée du Parti coalition Avenir Québec-CAQ de Mirabel dans lequel sont situées ces terres, met en doute la pertinence de cet achat et croit que les producteurs locaux auraient dû être considérés en premier lieu. Ces terres sont déjà louées et cultivées par des producteurs locaux. Certains d'entre eux ont même démontré de l'intérêt pour les acheter. Elle se demande pourquoi alors se tourner vers le gouvernement.
2016
La compagnie Eco-Niobium demande une rencontre avec la communauté mohawke afin de discuter la possibilité de reprendre l'exploitation de sa mine ; la même demande a été rejetée le mois précédent par les citoyens de la municipalité d'Oka voisine. Le site est pleinement dans le territoire objet de réclamation territoriale par les Mohawks. (The Gazette, 31 mai 2016, page A5)

  • Patrie -


Pierre Bois.
Robert Lalonde.
Louis-de-Gonzague Langevin.
Félix-Hyacinthe Lemaire.

  • Attraits :


Calvaire de Oka (1740-1742) ; route 134 ; composé de 4 oratoires et 3 chapelles ; construit pour les sulpiciens afin de stimuler la piété des Amérindiens ; les oratoires et chapelles du Calvaire étaient ornés de bas-reliefs sculptés en 1775 par François Guernon dit Belleville ; en 1970, les bas-reliefs lourdement endommagés par des vandales furent transportés dans la chapelle Kateri-Tekakwitha ; classé site historique en 1982 ; en 2011, la paroisse de L'Annonciation annonce qu'elle met en vente les bas-reliefs afin d'avoir l'argent nécessaire à la réparation du toit de l'église ; la Fondation des Musées de la civilisation de Québec achète ces bas-reliefs au prix de 150 000 $ et entreprend de les restaurer sans les reconstituer ; En 2014, madame Élisabeth Forest dirige les travaux de restauration qui consistent à enlever trois couches de surpeinture et de vernis afin de mettre en valeur les détails sculptés et des couleurs rares.
Chapelle Kateri-Tekakwitha ; attenante à l'église de L'Annonciation.
Église de L'Annonciation (1879) ; 181, rue des Anges ; style néoroman ; plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard ; tableaux importés de France en 1742 pour orner le Calvaire de Oka, puis transportés dans la première église en 1776 ; orgue Casavant (1900).
La Trappe ; 1600, chemin de Oka ; l'un des plus anciens monastères d'Amérique du Nord ; orgue Casavant (1934). Le monastère d'Oka dont l'architecture suit les règles de l'architecture cistercienne est l'oeuvre de l'architecte Pierre Thibault de Québec.
Parc national de Oka ; au sud et au nord de la route 344 ; 24 km2 ; 50 km de sentiers pédestres en été et de pistes de ski de fond en hiver.

  • Sports -


Golf ; un parcours de 18 trous, un parcours de 9 trous.
Plage publique.
Ski de fond ; 53 km.

  • Économie - Pomoculture. Acériculture.


  • Services - Traversier Oka-Hudson.


  • Toponymie -


L'établissement amérindien d'Agniers (Mohawks), dont le territoire est compris dans la paroisse, se nomme Kanehsatake, un mot d'origine iroquoise signifiant «au bas de la côte».
Originellement appelée mission du Lac-des-Deux-Montagnes.
Oka est un mot algique signifiant «poisson doré», une espèce de poissons qui abondait dans le lac des Deux-Montagnes ; c'était le nom du vieux chef algonquin, Paul Oka, dont la maison était située au centre du village algonquin.


  • Repères géographiques -


Sur le versant gauche du bassin du Saint-Laurent.
Au bord du lac des Deux-Montagnes.
Diocèse de Saint-Jérôme.
Division administrative seigneuriale de Montréal-DASM.
Municipalité régionale de comté de Deux-Montagnes.
Communauté métropolitaine de Montréal-CMM.
Région touristique des Laurentides.

  • Accès : Route 344 via Autoroute 640.

Carte 11.

Carte 11 sur Google Maps


  • Bibliographie -


At the Wood's Edge - Anthologie de l'histoire de Kanehsatake (Brenda Gabriel et Arlette Kawanatati ; traduite en français par Francine Lemay, sous le titre À l'orée des bois, 2010). N.B. Madame Lemay est la soeur du caporal Marcel Lemay de la Sûreté du Québec tué le 11 juillet 1990.
L'Été des Mohawks - Bilan des 78 jours (Jacques Lamarche, éditions Stanké, 1990).
Oka : A Political Crisis and Its Legacy (Harry Swain, Douglas & McIntyre, 2010).


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