Québec (province). Crises. Crise d'octobre 1970

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Suite d'événements dont les premiers surviennent après la victoire des Libéraux de Jean Lesage en juin 1960 et dont le point culminant se situe en octobre 1970.


  • Éphémérides -


1957
(Janvier 1957) Fondation de l'Alliance laurentienne par Raymond Barbeau.
1960
(22 juin 1960) Élection du Parti libéral de Jean Lesage qui propose la révolution tranquille aux Québécois.
(9 août 1960) Fondation de l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec par Raoul Roy.
(10 septembre 1960) Fondation du Rassemblement pour l'indépendance nationale par, entre autres, André D'Allemagne, Marcel Chaput, Jacques Bellemare, Pierre Bourgault, Yves Préfontaine, et Bernard Smith.
1961
(Automne 1961) Publication du livre de Marcel Chaput intitulé Pourquoi je suis séparatiste.
1962
(Automne 1962) Fondation du Comité de libération nationale par Jacques Desormeaux, Jacques Lucques, Robert Aubin et Philippe Bernard.
(Octobre 1962) Création du Réseau de résistance ayant pour but d'accélérer l'accession à l'indépendance du Québec par la violence stratégique et par les armes si nécessaire.
(14 novembre 1962) Le Parti libéral remporte les élections générales déclenchées pour faire approuver par les électeurs son projet de nationaliser l'électricité au Québec.
(19 novembre 1962) Le président du Canadien National, Donald Gordon, déclare que, s'il n'y a pas de Canadiens français parmi les 17 postes de directions, c'est que, la promotion se faisant au mérite, ils sont incapables d'obtenir ces postes.
(11 décembre 1962) Manifestation des étudiants de l'Université de Montréal-UdeM dirigés par Bernard Landry et Pierre Marois contre le Canadien National-CN.
1963
(Février 1963) Impatient, un groupe du Réseau de résistance (Georges Schoeters, Raymond Villeneuve et Gabriel Hudon) se dissocie du Comité de libération nationale et fonde le Front de libération du Québec-FLQ ; le Front prône l'indépendance du Québec même par la violence s'il le faut.
(23 février 1963) Le FLQ revendique la pose d'une bombe dans une station de radio anglophone de Montréal.
(7 et 8 mars 1963) Attaque au cocktail Molotov de trois établissement de l'Armée canadienne à Montréal par le FLQ.
(28 mars 1963) La statue du général Wolfe à Québec, est déboulonnée à l'aide d'un camion ; Jean-Paul Matte et son frère, René Matte sont arrêtés en rapport avec cette affaire.
(1 avril 1963) Explosion de bombes posées dans l'édifice du Revenu national et sur la voie du Canadien National-CN à Lemieux, entre Québec et Montréal ; à cause de ce dernier événement, le train spécial de campagne électorale du premier ministre, John Diefenbaker, est retardé d'une heure.
(6 avril 1963) Découverte d'une bombe composée de 23 bâtons de dynamite posée sous la grande tour de CBC/Radio-Canada sur le mont Royal.
(21 avril 1963) Tragédie mortelle ; acte criminel ; explosion d'une bombe à l'arrière du centre de recrutement de l'Armée canadienne, au 772, rue Sherbrooke Ouest ; le FLQ revendique la paternité de l'attentat ; bilan : 1 mort, le gardien de nuit, William Vincent O'Neil.
(Mai 1963) Explosion de bombes posées à la caserne des Black Watch, sur la rue de Bleury, à Montréal, aux services techniques de l'Aviation royale du Canada à Mont-Royal, à une raffinerie de pétrole de Montréal-Est, dans des boîtes aux lettres de Westmount et à la caserne du Corps des ingénieurs de l'armée.
(3 mai 1963) Une bombe de fabrication artisanale éclate à l'extérieur de l'édifice de la Légion canadienne à Saint-Jean-sur-Richelieu.
(17 mai 1963) Le sergent-major Walter Leja, qui avait désamorcé une bombe posée dans une boîte aux lettres de Westmount, est grièvement blessé en tentant d'en désamorcer une autre ; Denis Lamoureux et François Gagnon seront respectivement condamnés à 3 ans et à 4 ans de prison relativement à cette affaire.
(2 juin 1963) Sur dénonciation de Jean-Jacques Lanciault, François-Mario Bachand, Richard Bizier, Alain Brouillard, Alain Brunelle, Jean Cloutier, Alain Gabriel, François Gagnon, André Garand, François Giroux, Jacques Giroux, Gabriel Hudon, Yves Labonté, Réjean Lachapelle, Denis Lamoureux, Michel Massicotte, Jeanne Pépin Schoeter, Eugénio Pilote, Gilles Pruneau, Claude Savoie, Pierre Schneider, Georges Schoeters, Roger Tétreault et Raymond Villeneuve sont arrêtés en relation avec des attentats à la bombe dont l'un a tué William Vincent O'Neil.
(10 juin 1963) Les membres du Front de libération du Québec-FLQ arrêtés le 2 juin comparaissent à l'enquête du coroner relativement à la mort de William Vincent O'Neil tué le 20 avril 1963.
(22 juin 1963) Arrestation de plusieurs membres du FLQ dont 16 seront trouvés coupables de délit.
(12 juillet) Le monument à la reine Victoria de Québecest dynamité.
(8 octobre 1963) Condamnation à l'emprisonnement des membres du FLQ, Gabriel Hudon (12 ans), Raymond Villeneuve (12 ans), Georges Schoeters (10 ans) et Jacques Giroux (10 ans) relativement à la mort de William Vincent O'Neil, Yves Labonté (6 ans), Denis Lamoureux (4 ans), François Gagnon (3 ans), Richard Bizier (6 mois) pour participation à des attentats à la bombe ; condamnation de Jeanne Pépin Schoeters (sentence suspendue), André Garand, Alain Gabriel et Alain Brouillard à des peines d'emprisonnement avec sursis pour participation à des attentats à la bombe.
(10 octobre 1963) La police de Boston appréhende 3 membres du FLQ recherchés par la police canadienne.
1964
(2 et 3 mai 1964) Tous les membres d'une cellule du FLQ sont arrêtés au cours de descentes à Montréal et à Saint-Damase ; Jean Castonguay, Georges Laporte, Jacques Prévost et Normand Hurtubise sont arrêtés alors qu'ils sont en possession de 135 bâtons de dynamite et de 35 détonateurs ; 200 bâtons de dynamite avaient été volés la veille sur un chantier de construction du métro de Montréal ; Jean Castonguay et Omer Latour écoperont de peines de 4 ans de prison et Laporte de 3 ans.
(29 août 1964) Vol à main armée à l'International Firearms, sur la rue de Bleury ; bilan : 2 morts, Leslie MacWilliams, le gérant du magasin tué par les voleurs, et Alfred Pinish tué par la police qui le prend pour l'un des voleurs ; François Schirm, Edmond Guénette, Cyriaque Delisle, Marcel Tardif et Gilles Brunet, tous membres du FLQ, seront condamnés à mort relativement à cette affaire ; en 1968, à la suite d'un nouveau procès, la peine de mort prononcée à l'endroit de Schirm est commuée en emprisonnement à perpétuité et il sera libéré en 1978.
(10 octobre 1964 ; Samedi de la matraque) Visite de la reine Elizabeth II à Québec ; les forces policières utilisent les matraques pour maîtriser une manifestation organisée par le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) ; cette journée sera connue comme «le Samedi de la matraque».
(2 novembre 1964) Explosion d'une bombe du FLQ au pied de la tour du poste de radio anglophone CFCF à Kahnawake.
1965
(1 mai 1965) François Schirm et Edmond Guénette, des membres du FLQ, sont condamnés à mort (leurs peines seront commuées en emprisonnement à vie). Explosion d'une bombe du FLQ au consulat américain à Montréal.
(24 mai 1965) Explosion de bombes du FLQ dont l'une ébranle la statue de Dollard-des-Ormeaux et l'autre secoue le siège social de The Prudential, rue Dorchester (René-Lévesque) à Montréal. Manifestation des indépendantistes ; bilan : arrestation de 203 personnes dont 131 seront mises en accusation pour attroupement illégal.
(15 juillet-19 juillet 1965) Arrestation de membres du FLQ dans les bois environnant la base militaire de La Macaza ; un agent de la Sûreté du Québec, Onil Bourdon, a été pris en otage par Daniel Bélec, Jean-Guy Lefebvre, Claude Nadeau, André Lessard, Réjean Tremblay et Bertrand Simard ; ils seront condamnés à des peines de prison pour séquestration.
(28 juillet 1965) Explosion d'une bombe du FLQ au siège social de la CIBC, à l'angle des rues Peel et Dorchester (René-Lévesque).
(22 août 1965) Arrestation de Gaston Collin, Lionel Chenette et Normand Allard qui seront reconnus coupables de possession de dynamite et d'attentats à la bombe, puis condamnés à la prison.
1966
(5 mai 1966) Gaétan Desrosiers (18 ans), un membre de la cellule felquiste dirigée par Pierre Vallières et Charles Gagnon, dépose une bombe dans le bureau du manufacturier de soulier LaGrenade (rue Rachel à Montréal) dont les employés sont en grève depuis un an ; bilan : 1 mort et 6 blessés ; et Thérèse Morin, la secrétaire de la direction, est tuée sur le coup ; ayant plaidé coupables à des accusations d'homicide involontaire relativement à cette affaire, Serge Demers, André Lavoie, Claude Simard, Gérard Laquerre, Marcel Faulkner et Réal Mathieu sont condamnés à des peines d'emprisonnement variant selon l'importance de leur implication.
(22 mai 1966) Explosion d'une bombe du FLQ à l'usine de la Dominion Textile de Drummondville dont les employés sont en grève.
(24 mai 1966) Une bombe explose en face de l'édifice de la compagnie d'assurance La Prudentielle, sur le boulevard Dorchester (René-Lévesque) à Montréal. À l'instigation de la revue Parti Pris, près de 2 000 nationalistes se réunissent en face de l'Ancienne prison du Pied-du-Courant et protestent contre la célébration de la fête de la reine Victoria à cette date ; 213 personnes sont arrêtées à la suite d'actes de vandalisme.
(3 juin 1966) Explosion d'une bombe du FLQ dans les toilettes du centre Paul-Sauvé où Jean Lesage tient une assemblée électorale ; bilan : aucun blessé.
(1 juillet 1966) Explosion d'une bombe du FLQ à l'Hôtel de ville de Westmount. Manifestation des indépendantistes au parc La Fontaine ; bilan : arrestations de 105 personnes dont 52 seront mises en accusation.
(2 juillet 1966) Explosion d'une bombe du FLQ posée au pied de la tour de transmission du poste de télévision anglophone CKTS de Sherbrooke.
(14 juillet 1966) Tragédie mortelle ; explosion d'une bombe dans les mains de Jean Corbo, 16 ans, un membre du FLQ qui s'apprête à la poser dans le local de la Dominion Textile à Montréal ; bilan : Corbo est tué sur le coup.
(27 août 1966) Arrestation de 10 présumés membres du FLQ.
(26 septembre 1966) Pierre Vallières et Charles Gagnon sont arrêtés à New York lorsqu'ils entreprennent une grève de la faim en face de l'édifice des Nations-Unies.

1967
Georges Schoeters est libéré de prison à la condition qu'il retourne dans sa Belgique natale et qu'il ne revienne pas au Canada.
(1 janvier 1967) Explosion d'une bombe du FLQ posée dans une boîte aux lettres en face de l'Anglo American Trust, à l'angle des rues Notre-Dame et Saint-François-Xavier.
(13 janvier 1967) Pierre Vallières et Charles Gagnon sont expulsés des USA, puis remis entre les mains de la police canadienne qui les inculpe de meurtre, d'attentats à la bombe et de vols à main armée.
(15 avril 1967) Parution du dernier numéro de La Cognée.
(27 avril 1967) Ouverture de l'Exposition universelle et internationale de 1967 à Montréal.
(24 juillet 1967) Le général Charles de Gaulles, président de la France, parlant à la foule qui brandit des drapeaux du Québec en face de l'Hôtel de ville de Montréal, s'écrie «Vive le Québec!...Vive le Québec libre!... et Vive la France!».
(29 juillet 1967) François Aquin, démissionne du Parti libéral pour devenir le premier député indépendantiste à siéger à l'Assemblée législative du Québec-ALQ.
(Octobre 1967) Fondation du Mouvement souveraineté-association par René Lévesque qui vient de quitter le Parti libéral du Québec.
(16 octobre 1967) Explosion d'une bombe du FLQ posée à la résidence de Rosemère du directeur de l'usine d'embouteillage de Seven-Up à Mont-Royal dont les employés en grève ont été remplacés par des briseurs de grève.

1968
Gaétan Desrosiers admet avoir posé la bombe qui a explosé dans le bureau du manufacturier de souliers LaGrenade le 5 mai 1966.
(26 février 1968) Début du procès de Pierre Vallières et Charles Gagnon accusés de meurtre, entre autres. (27 février 1968) Marche de solidarité en faveur des travailleurs de l'embouteilleur Seven-Up en grève depuis le 15 juin 1967 à Mont-Royal ; outre les centrales syndicales, le Rassemblement pour l'indépendance nationale, le Nouveau parti démocratique et le Mouvement souveraineté-association participent à cette manifestation qui dégénère presque en émeute.
(14 mars 1968) Arrestation du journaliste Jacques Désormeaux lié au journal La Cognée et traducteur de l'Agence Canadian Press.
(15 mars 1968) Publication du livre de Pierre Vallières Nègres blancs d'Amérique (Éditions du Parti Pris).
(5 avril 1968) Pierre Vallières ayant été reconnu coupable d'homicide involontaire relativement à la mort de Thérèse Morin (5 mai 1966), est condamné à la prison à perpétuité ; le jugement est cassé en appel, mais il est de nouveau reconnu coupable à la suite d'un nouveau procès et condamné à 30 mois de prison.
(Mai 1968) Explosion de bombes du FLQ posées à l'usine de Seven-Up à Mont-Royal et au consulat des États-Unis à Montréal.
(27 mai 1968) Spectacle-bénéfice intitulé Chansons et Poèmes de la Résistance et présenté par le Comité Vallières-Gagnon en faveur de Pierre Vallières, de Charles Gagnon et des autres personnes emprisonnées en raison de leur participation aux activités du FLQ (appellés prisonniers politiques par les organisateurs); parmi les participants, on trouve Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Clémence Desrochers, Georges Dor, Jean Duceppe, Claude Gauvreau, Pauline Julien, Jean Duceppe, Raymond Lévesque, Mouffe et Gaston Miron.
(24 juin 1968) Manifestation du Rassemblement pour l'indépendance nationale-RIN lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste auquel Pierre Elliott Trudeau, Daniel Johnson et Jean Drapeau assistent du balcon de la bibliothèque de Montréal en face du parc Lafontaine ; une bouteille vide est lancée en direction de Trudeau, la police charge, des cocktails Molotov sont lancés, c'est l'émeute ; bilan : 83 blessés et 292 arrestations dont celle de Pierre Bourgault, leader du RIN, Paul Rose, Jacques Lanctôt et Jacques Couture.
(25 juin 1968) Les Québécois votent massivement pour le Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau qui est porté au pouvoir avec une forte majorité de députés.
(Août, septembre, octobre et novembre 1968) Explosion de bombes du FLQ posées à des endroits choisis en relations avec des conflits ouvriers qui perdurent ou près des symboles d'oppression qu'ils représentent dans l'esprit de plusieurs canadiens français ; ces attentats (une trentaine) sont attribués au groupe dirigé par Pierre-Paul Geoffroy.
(Octobre 1968) Fusion du Mouvement souveraineté-association de René Lévesque, du Ralliement national de Gilles Grégoire, puis du Rassemblement pour l'indépendance nationale de Pierre Bourgault pour former le Parti québécois.
(30 octobre 1968) Violente manifestation qui bloque l'aéroport de Dorval et paralyse la circulation dans plusieurs artères importantes de Montréal ; organisée par le Mouvement de libération du taxi, elle vise la compagnie Murray Hill détentrice du monopole du transport terrestre à l'aéroport.
(4 novembre 1968) Une charge de dynamite détruit le garage de la compagnie Murray Hill.
(22 novembre 1968) Une bombe du FLQ fait pour 25 000 $ de dommage au magasin Eaton, sur la rue Sainte-Catherine.
(31 décembre 1968) Explosion de quatre bombes du FLQ posées à l'Hôtel de ville de Montréal, à l'édifice de l'Impôt fédéral et au Secrétariat d'État du Canada à Montréal. Une prime de 20 000 $ est offerte pour aider à trouver les poseurs de bombes.

1969
(1 janvier 1969) Une bombe constituée de 14 bâtons de dynamite est désamorcée à l'hôtel de ville de Montréal.
(13 février 1969) Explosion d'une bombe sur le parquet de la Bourse de Montréal ; bilan : 32 blessés ; l'attentat est attribué au réseau dirigé par Pierre-Paul Geoffroy ; dommages évalués à 1 M $.
(4 mars 1969) Arrestation de Pierre-Paul Geoffroy qui est accusé de participation à l'attrnat contre la Bourse de Montréal.
(28 mars 1969) Manifestation d'environ 15 000 personnes qui soutiennent l'Opération McGill français organisée par François-Mario Bachand et le professeur Stanley Grey.
(24 juillet 1969) Pierre Bourgault est acquitté de l'accusation d,avoir participé à l'émeute du 24 juin 1968.
(10 septembre 1969) Une marche en faveur de l'école française de Saint-Léonard dégénère en bagarres entre francophones et italophones ; le maire proclame la Loi de l'émeute ; bilan : une centaine d'arrestations et 43 personnes accusées de participation à une émeute.
(Nuit du 28 au 29 septembre 1969) Explosion d'une bombe à la résidence du maire de Montréal, Jean Drapeau ; le maire n'était pas à sa résidence au moment de l'explosion.
(Octobre 1969) Le gouvernement dépose à l'Assemblée nationale son Bill 63, une loi qui accorde aux parents le libre choix de la langue d'enseignement de leurs enfants ; cette législation provoque des manifestations monstres dans les rues de Montréal et dans les grandes villes du Québec.
(7 octobre 1969) Les 3 700 policiers et 2 400 pompiers de Montréal ayant déclenché une grève illégale, la foule ayant saccagé et pillé plusieurs commerces du centre-ville, la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada et l'armée canadienne interviennent pour ramener la paix à Montréal. Tragédie mortelle ; profitant de la grève des policiers de Montréal, le Mouvement de libération du taxi tente de saccager les locaux de la compagnie de transports Murray Hill protégés par des gardiens privés armés ; des coups de feu sont tirés ; bilan : 1 mort, le caporal Robert Dumas de la Sûreté du Québec, et plusieurs blessés dont Jacques Lanctôt et Marc Carbonneau et des autobus incendiés. Une loi spéciale ordonne le retour au travail des policiers et des pompiers montréalais.
(8 octobre 1969) Une loi spéciale de l'Assemblée nationale ordonne le retour au travail des policiers et pompiers de Montréal ; Lucien Saulnier qui s'est adressé la veille aux grévistes réunis au Centre Paul-Sauvé, obtient la promesse du premier ministre Jean-Jacques Bertrand que la Communauté urbaine de Montréal sera créée, que les corps de police municipaux de l'île seront fusionnés et que le coût de la police de l'île de Montréal sera partagé par toutes les municipalités de l'île.
(31 octobre 1969) Près de 40 000 personnes marchent sur l'Hôtel du gouvernement à Québec pour tenter de dissuader les législateurs d'adopter le «bill 63» ; l'ordre de dispersion est donné, les matraques sont utilisées ; bilan : plusieurs blessés et plusieurs arrestations.
(Novembre 1969) Le «Bill 63» est adopté par l'Assemblée nationale ; des bombes explosent sur les campus de la McGill University et du Loyola College.
(12 novembre) Une violente manifestation dans le quartier des affaires étant survenue le 7 novembre, le conseil de la ville de Montréal adopte un règlement interdisant les manifestations et certaines assemblées publiques.
(30 novembre 1969) Une bombe éclate sur le campus de la McGill University.
(22 décembre 1969) Explosion d'une bombe du FLQ sous un camion des Postes à Rosemont (Montréal).

1970
(Janvier 1970) À la suite de vols à main armée et de fraude, un groupe dirigé par Paul Rose est en mesure de financer l'achat d'une ferme à Sainte-Anne-de-la-Rochelle (Cantons-de-l'Est ) et une maison située au 1148, Roland-Therrien, à Longueuil.
(Février 1970) Jacques Lanctôt loue un logement, au 3955 de la rue Saint-André à Montréal ; ce logement sera habité par Louise Lanctôt et son compagnon, Jacques Cossette-Trudel.
(20 février 1970) Acquitté de l'accusation de meurtre et de 11 des 13 autres chefs d'accusation qui pesaient contre lui, Charles Gagnon est remis en liberté provisoire ; il aura été détenu en prison pendant 41 mois.
(26 février 1970) Jacques Lanctôt et Pierre Marcil sont arrêtés pour possession d'armes à feu ; soupçonnés d'avoir comploté l'enlèvement de Moïse Golan, le consul d'Israël à Montréal, ils sont relâchés sous conditions.
(Mars 1970)) Paul Rose fait l'acquisition d'une maison située au 5630 de la rue Armstrong à Saint-Hubert.
(12 mars 1970)) Arrestation de Marc-André Gagné au cours d'un vol à main armée à une succursale de la Banque Canadienne Nationale à Montréal.
(29 avril 1970)) Élections générales au Québec ; le Parti québécois remporte 23,1% des voix exprimées et fait élire 7 députés à l'Assemblée nationale ; le Partri de l'Union nationale obtient 19,6 % du vote et fait élire 17 députés, le Parti du Crédit social obtient 11,2 % du vote et fait élire 12 députésl ; e parti libéral de Robert Bourassa est porté au pouvoir avec 72 députés et 45,4 % du vote.
(7 mai 1970)) Explosion d'une bombe du FLQ posée près d'une station postale en appui aux employés de la compagnie Lapalme, spécialisée dans le transport de la poste, qui veulent être intégrés au ministère des Postes avec leur syndicat CSN.
(24 mai 1970)) Explosion d'une bombe du FLQ au Montreal Board of Trade, sur la rue Saint-Sacrement, à Montréal.
(26 mai 1970)) Acquitté de l'accusation de meurtre qui pesait contre lui, Pierre Vallières est remis en liberté provisoire ; il a passé 43 mois en prison.
(28 mai 1970)) Mis sur leur piste par Marc-André Gagné, Robert Hudon, Gabriel Hudon, Pierre Demers, Réjean Tremblay, André Lessard et André Lavoie sont arrêtés à la suite d'un vol à main armée à Saint-Calixe-de-Kilkenny.
(31 mai 1970)) Deux de sept bombes posées à Westmount sont désamorcées alors que les 5 autres explosent aux endroits suivants :

1 : Financial Collection Agency, 4150, Sherbrooke Ouest ; la bombe explose à 1 h 57.
2 : Maison de Peter Bronfman, 5, Landsdowne Ridge ; la bombe explose à 4 h.
3 : Maison de Percy E. Nobbs, 38, Belvedere Road ; la bombe explose à 4 h 25.
4 : Maison vide, 61, Belvedere Road ; la bombe explose à 4 h 38.
5 : Maison de Hugh McCuaig, 165 Edgehill Road ; la bombe explose à 4 h 59.

(Juin) Plusieurs bombes sont posées, certaines sont désamorcées et d'autres explosent ; la plupart sont revendiquées par le FLQ.
(24 juin) Tragédie mortelle ; explosion d'une bombe du FLQ au ministère de la Défense à Ottawa ; bilan : 1 mort, Jeanne-d'Arc Saint-Germain, 50 ans, une employée du ministère.
(Juillet) Plusieurs bombes posées par le FLQ (Banque Royale, rue Saint-Jacques, Assurances Wawanesa, à Mont-Royal, Banque de Montréal, rue Saint-Jacques, Hôtel Victoria, où loge Robert Bourassa à Québec) sont désamorcées par la police. Fondation du Front d'action politique (FRAP), un parti politique municipal voué à renverser le maire Jean Drapeau lors des élections municipales du 25 octobre suivant.
(8 août) L'Assemblée nationale adopte une loi qui ordonne le retour au travail des travailleurs de la construction.
(5 septembre) Formation de la cellule Libération du FLQ qui regroupe autour de Jacques Lanctôt, les militants Louise Lanctôt, Jacques Cossette-Trudel, Marc Carbonneau, et Yves Langlois; Nigel Hamer s'y joint quelques jours plus tard. Formation de la cellule Chénier du FLQ qui regroupe autour de Paul Rose, les militants Jacques Rose, Francis Simard.
(12 septembre) Jacques Tremblay alias Cossette-Trudel loue un appartement au 10945, rue des Récollets à Montréal-Nord.
(Dimanche, 4 octobre) La cellule Libération du FLQ décide de kidnapper un diplomate et choisit comme cible, James Richard Cross, haut-commissaire commercial de Grande-Bretagne à Montréal.
(Lundi, 5 octobre, 8 h 20) Quatre membres de la cellule Libération du FLQ kidnappent James Richard Cross, à sa résidence du 1297, rue Redpath Crescent à Westmount ; la victime est transportée dans une voiture grise de marque Chrysler portant l'identification de la compagnie de Taxis Lasalle.

En échange de la libération de leur victime, le FLQ réclame

1) la libération de 23 prisonniers «politiques» (Edmond Guénette, François Schirm et Cyriaque Delisle arrêtés en 1964; Serge Demers, Marcel Faulkner, Gérard Laquerre, Robert Lévesque, Rhéal Mathieu et Claude Simard emprisonnés en 1966; Pierre Demers, Marc-André Gagné, Pierre-Paul Geoffroy, Gabriel Hudon, Robert Hudon, François Lanctôt, Claude Morency, André Roy arrêtés en 1970 ; Pierre Boucher et André Ouellette condamnés pour vol à main armée qui joignent les rangs du FLQ alors qu'ils sont en prison ; Michel Loriot ; Jacques Lanctôt, André Lessard, Pierre Marcil et Réjean Tremblay en liberté sous cautionnement) ;
2) un avion pour les transporter à Cuba ou en Algérie ;
3) le versement d'une somme de 500 000 $ en lingots d'or ;
4) le réengagement des congédiés de la compagnie Lapalme (sous-contractant du ministère des Postes) par le ministère des Postes ;
5) la divulgation du nom du délateur responsable du démantèlement de l'une de ses cellules ;
6) publier le texte intégral du manifeste du FLQ dans les journaux, à la radio et à la télévision dans tout le Québec ; et
7) cesser toute activité policière en relation avec le kidnapping.

Le même jour, le ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette publie ces exigeances.

(Mercredi 7 octobre)
Lecture du manifeste du FLQ à la radio de CKAC.
Les médecins spécialistes du Québec déclarent une grève générale de leurs membres
(Jeudi, 8 octobre, 22 h 30) Gaétan Montreuil, lecteur des nouvelles à la télévision de CBC/Radio-Canada, lit sur les ondes le manifeste du Front de libération du Québec-FLQ.

Manifeste

Le Front de libération du Québec n'est pas le messie, ni un Robin des bois des temps modernes. C'est un regroupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en oeuvre pour que le peuple du Québec prenne définitivement en mains son destin.

Le Front de libération du Québec veut l'indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les «big boss» patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l'exploitation sans scrupules.

Le Front de libération du Québec n'est pas un mouvement d'agression, mais une réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l'entremise de marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de «progrès social», Poewr Corporation, l'assurance-médecins, les gars de Lapalme...).

Le Front de libération du Québec s'autofinance d'impôts volontaires prélevés à même les entreprises d'exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc.).

«Les puissances d'argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu'ils espéraient, le recul plutôt qu'un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais ; pour lequel on va continuer à travailler. René Lévesque, le 29 avril 1970»

Nous avons cru un moment qu'il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti québécois, mais la victoire libérale montre bien que ce qu'on appelle démocratie au Québec n'est en fait et depuis toujours que la «democracy» des riches. La victoire du Parti libéral en ce sens n'est en fait que la victoire des faiseurs d'élections Simard-Cotroni. En conséquence, le parlementarisme britannique, c'est bien fini et le Front de libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise à tous les quatre ans. Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir. Bourassa dans l'année qui vient va prendre de la maturité : 100 000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés !

Oui, il y en a des raisons à la victoire libérale. Oui, il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous, M. Bergeron de la rue Visitation et vous aussi, M. Legendre de Ville de Laval qui gagnez 10 000 dollars par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.

Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent, les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte-Nord, les mineurs de la Iron Ore, de Quebec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons. Et les braves travailleurs de Cabano que l'on a tenté de fourrer une fois de plus en savent un tas de raisons. Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous M. Cloutier qui travaillez dans la construction à Saint-Jérôme, vous ne puissiez vous payer des «vaisseaux d'or» avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l'a fait Drapeau-l'aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu'il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.

Oui, il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de Saint-Hyacinthe, vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.

Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent, ces raisons, eux à qui l'on n'a donné aucune raison pour les crisser à la porte. Et les gars de Murdochville que l'on a écrasés pour la seule et unique raison qu'ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu'ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire. Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Sainte-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancoeur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari...

Oui, il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domtar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayer's et les gars de la Régie des alcools et ceux de seven-up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.

Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).

Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système ; ils auraient dû s'apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre !

Nous en avons soupé du fédéralisme canadian qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du Commonwealth ; qui maintient les braves chauffeurs de taxi de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif à l'écoeurant Murray Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant ; qui pratique une politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue les petits salariés des Textiles et de la Chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d'une poignée de maudits »money makers» roulant Cadillac ; qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethniques du Canada.

Nous en avons soupé, et de plus en plus de Québécois également, d'un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains en les suppliant de venir investir au Québec, «la Belle Province» où des milliers de miles carrés de forêts remplies de gibier et de lacs poissonneux sont la propriété exclusive de ces mêmes seigneurs tout-puissants du XXe siècle ;

d'un hypocrite à la Bourassa qui s'appuie sur les blindés de la Brinks, vritable symbole de l'occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres «natives» québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués ;

de nos impôts que l'envoyé d'Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les «inciter», ma chère, à parler français, à négocier en français : repeat after me : «cheap labor means main-d'oeuvre à bon marché» ;

des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèches-bottes des big shot, tat qu'il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hampstead, des Outremonts, tous ces véritables châteaux forts de la haute finance de la rue Saint-Jacques et de Wall Street, tant que nous tous, Québécois, n'aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big boss de l'économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.

Nous vivons dans une société d'esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Thompson, Nesbitt, Desmarais, Kierans (à côté de ça, Rémi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard, Trudeau la tapette, c'est des peanuts !).

Terrorisés par l'Église capitaliste romaine, même si ça paraît de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation, Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors... ; terrorisés par les lieux fermés de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais et par le sous-singe Robert Shaw. Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s'en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.

Travailleurs de la production, des mines et des forêts ; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre détermination et votre liberté. Et vous, les travailleurs de la General Electric, c'est vous qui faites fonctionner vos usines ; vous seuls êtes capables de produire ; sans vous, General Electric n'est rien !

Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient ; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines ; vos hôtels, vos universités, vos syndicats ; n'attendez pas d'organisation miracle.

Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne le faites pas vous-mêmes, d'autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de bâtir une société libre.

Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s'unissant, jusqu'à la victoire, avec tous les moyens que l'on possède comme l'ont fait les Patriotes de 1837-1838 (ceux que Notre sainte mère l'Église s'est empressée d'excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).

Qu'aux quatre coins du Québec, ceux qu'on a osé traiter avec dédain de lousy French et d'alcooloques entreprennent vigoureusement le combat contre les matraqueurs de la liberté et de la justice et mettent hors d'état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l'escroquerie : banquiers, businessmen, juges et politicailleurs vendus !

Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu'au bout. Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d'esclaves par une société libre, fonctionnant d'elle-même et pour elle-même, une société ouverte sur le monde.

Notre lutte ne peut qu'être victorieuse. On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.

Vive le Québec libre !
Vive les camarades prisonniers politiques !
Vive la révolution québécoise !
Vive le Front de libération du Québec !

(Samedi, 10 octobre, 17 h 30) Le ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette, annonce que les demandes du FLQ sont irrecevables mais que le gouvernement du Canada accepte de fournir aux ravisseurs des sauf-conduits vers un pays étranger en échange de la libération de James Richard Cross. (
Samedi, 10 octobre, 18 h 18) Un commando de 4 membres de la cellule Chénier du FLQ (Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie) kidnappe Pierre Laporte, le ministre du Travail du Québec, en face de son domicile, au 725, rue Robitaille à Saint-Lambert ; les ravisseurs masqués et munis d'armes automatiques, emportent leur victime dans une automobile Chevrolet 1968 de couleur bleu foncé immatriculée 9J2 420.
(Dimanche, 11 octobre) Le directeur du quotidien Le Devoir, Claude Ryan, convoque 4 membres séniors de son personnel à un meeting spécial pour discuter de trois éventualités 1) Bourassa adopte la ligne dure. 2) Bourassa, étant incapable d'agir, il faille créer un gouvernement provisoire formé des meilleurs éléments des principaux partis politiques provinciaux renforcé par des personnalités de différentes sources. 3) Bourassa n'adopte pas la ligne dure.
(Dimanche, 11 octobre 1970, 9 h) Ultimatum du FLQ fixant à 22 h, le soir même, le délai pour que le gouvernement rencontre les demandes de la cellule Libération.
(Dimanche, 11 octobre 1970, 13 h) Un communiqué de la cellule Chénier, accompagné d'une lettre de Pierre Laporte à sa femme, menace de tuer Laporte si le gouvernement n'accède pas à toutes les demandes des ravisseurs.
(Dimanche, 11 octobre 1970, 17 h 10) Un autre communiqué de la cellule Chénier accompagné de la carte de crédit et d'une lettre de Pierre Laporte incitant Robert Bourassa l'incitant à répondre favorablement aux demandes du FLQ.
(Dimanche, 11 octobre 1970, 21 h 55) Robert Bourassa demande, sur les ondes de la radio et de la télévision, de discuter avec les ravisseurs afin de s'assurer que la libération des prisonniers garantirait la sécurité des otages.

Lettre de Pierre Laporte remise à Robert Bourassa avec une carte d'identité le 10 octobre 1970 par la cellule Chénier.


Mon cher Robert,

J'ai la conviction d'écrire la lettre la plus importante de toute ma vie. Pour le moment, je suis en pardaite santé. Je suis bien traité, même avec courtoisie.J'insiste pour que la police cesse toutes ses recherches pour me retrouver. Si elle y parvenait, cela se traduirait par une fusillade meurtrière, dont je ne sortirais certainement pas vivant. Cela est absolument capital.Tu as le pouvoir, en somme, de décider de ma vie. S'il ne s'agissait que de cela et que le sacrifice doive avoir de bons résultats, on pourrait y penser. Mais nous sommes en présence d'une escalade bien organisée, qui ne se terminera qu'avec la libération des «prisonniers politiques». Après moi, ce sera un troisième, puis un quatrième et un vingtième. Si tous les hommes politiques sont protégés, on frappera ailleurs, dans d'autres classes de la société. Autant agir tout de suite et éviter ainsi un bain de sang et une panique bien inutiles. Tu connais mon cas personnel, qui mérite de retenir l'attention. J'avais deux frères ; ils sont morts tous les deux. Je reste seul comme chef d'une grande famille qui comprend ma mère, mes soeurs, ma propre femme et mes enfants ainsi que les enfants de Roland dont je suis le tuteur. Mon départ sèmerait un deuil irréparable, car tu cnnais les liens qui unissent les membres de ma famille. Ce n'est plus moi seul qui suis en cause mais une douzaine de personnes, toutes des femmes et de jeunes enfants. Je crois que tu comprends ! Si le départ des prisonniers politiques est organisé et mené à bonne fin, j'ai la certitude que ma sécurité personnelle sera absolue.. La mienne... et celle des autres qui suivraient. Cela pourrait se faire rapidement, car je ne vois pas pourquoi en mettant plus de temps on continuerait à me faire mourir à petit feu dans l'endroit où je suis détenu.

Décide... de ma vie ou de ma mort... Je compte sur toi et t'en remecie. Amitiés,

Pierre Laporte.

P.S. Je te répète, fais cesser les recherches. Et que la police ne s'avise pas de continuer sans que tu le saches. Le succès de cette recherche serait un arrêt de mort pour moi.

(Lundi, 12 octobre 1970, 14 h 10) Un communiqué de la cellule Libération accompagné d'une lettre de James Richard Cross annonce que ce dernier est vivant et indique que l'avocat Robert Lemieux agirait comme intermédiaire des cellules Chénier et Libération avec les autorités. Robert Bourassa nomme un négociateur, l'avocat Robert Demers, et demande au FLQ d'entreprendre des pourparlers. Le FLQ accepte le dialogue et nomme l'avocat Robert Lemieux, pour le représenter. Des troupes de combat des Forces armées canadiennes quittent Petawawa pour Ottawa pour assurer la sécurité des députés fédéraux et des diplomates.
(Mardi, 13 octobre 1970, 15 h) Les négociations commencent entre Robert Lemieux et Robert Demers. (18 h) Robert Lemieux, flanqué de Pierre Vallières, Charles Gagnon et Michel Chartrand, annonce que les négociations sont suspendues parce qu'il n'a pas le mandat de discuter de la demande du gouvernement d'échanger des otages qui seraient retenus jusqu'à la libération de Laporte et Cross.
Paul Rose se défigure et se déguise en vieil homme pour éviter la police qui le surveille et il se sauve dans l'automobile de Fernand Venne.
(Mercredi, 14 octobre 1970, 9 h) Seize personnalités en vue du Québec, dont René Lévesque, Camille Laurin, Jacques Parizeau, Alfred Rouleau, Claude Ryan, Louis Laberge, Fernand Daoust, Marcel Pepin, Yvon Charbonneau, Fernand Dumont, Guy Rocher, Jean-Marc Kirouac, demandent au gouvernement de négocier la libération des deux otages (Laporte et Cross).
(Mercredi, 14 octobre 1970, 5 h) Un message de la cellule Libération approuvé par la cellule Chénier donne carte blanche à Robert Lemieux, indique le refus de fournir des otages, mais suggère que le pays qui les accueillera les détiendra de même que la rançon jusqu'à la libération de Laporte et Cross. (
Mercredi, 14 octobre, 14 h) Robert Lemieux et Robert Demers reprennent les discussions.
(Jeudi, 15 octobre 1970) L'Assemblée nationale adopte une loi qui contraint les médecins spécialistes en grève à rentrer au travail. Robert Lemieux rompt les discussions avec Robert Demers. Les professeurs et les étudiants des universités et des cégeps se mettent en grève pour soutenir le FLQ. À l'instigation de Michel Chartrand, Robert Lemieux et Pierre Valières, près de 1 000 étudiants de l'Université de Montréal signent le manifeste du FLQ
(Jeudi, 15 octobre 1970, 14 h) En vertu de l'article concernant le pouvoir civil de la Loi de la Défense nationale, le Gouvernement de Robert Bourassa demande l'appui des Forces armées canadiennes à la Sûreté du Québec ; 8 000 soldats sont déployés à Montréal et à Québec pour protéger les édifices publics.
(Jeudi, 15 octobre 1970, 18 h) L'Assemblée adopte une loi qui ordonne aux médecins spécialistes de retourner au travail.
(Jeudi, 15 octobre 1970, 21 h 15) Robert Bourassa émet un communiqué par lequel il oppose un non catégorique au FLQ tout en offrant, en échange de la libération de Cross et Laporte, un sauf-conduit aux ravisseurs pour quitter le Canada vers l'Algérie ou Cuba.
(Jeudi, 15 octobre 1970, en soirée) Robert Bourassa répond fermement qu'il refuse de libérer les prisonniers, sauf ceux qui ont déjà demandé leur libération conditionnelle à laquelle ils avaient droit. Il s'engage cependant à fournir un sauf-conduit aux membres des cellules felquistes et à mettre un avion à leur disposition pour qu'ils puissent se rendre dans le pays de leur choix, à condition qu'ils libèrent les otages et il leur donnait six heures pour prendre contact avec lui. Une assemblée réunit 3 000 personnes sympathisants du FLQ au Centre Paul-Sauvé de Montréal. Une rumeur circule à l'effet que l'éditeur du Devoir, Claude Ryan songeait à écarter Bourassa du pouvoir ; selon cette rumeur, il en aurait parlé avec Jean Drapeau, Lucien Saulnier et d'autres personnes ; Drapeau se présentant comme l'homme à la poigne solide serait garant de la loi et de l'ordre ; quelques jours plus tard, Drapeau gagnera les élections générales à la mairie et au Conseil de la ville de Montréal avec 94 % des voix.
(Vendredi, 16 octobre 1970 , 3 h 15) Le premier ministre Trudeau reçoit des lettres du premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui indiquent au gouvernement fédéral qu'un état d'insurrection appréhendée existe dans la province et lui demandent de proclamer la Loi des mesures de guerre.
(Vendredi, 16 octobre 1970, 4 h) Le gouvernement fédéral proclame la Loi des mesures de guerre et adopte les décrets nécessaires à son application.
(Vendredi, 16 octobre 1970) L'Assemblée nationale adopte la Loi créant l'Assurance santé du Québec.
, 23 h) Le gouvernement canadien dépose à la Chambre des communes les règlements décrétés en vertu de la Loi des mesures de guerre ; ces règlements stipulent que le FLQ est une organisation illégale, qu'il est interdit d'en être ou d'en avoir été membre ou membre d'une organisation similaire, de communiquer des déclarations de ces organisations illégales, de promouvoir les actions, les objectifs ou les principes des groupements comme le FLQ, de leur fournir des fonds ou de s'y associer avec eux ou tout autre groupement qui en fait la promotion ou s'engage dans des activités criminelles comme moyen de réaliser des changements d'ordre politique ; en vertu de cette loi la police peut, sans mandat, effectuer toute perquisition qu'elle juge nécessaire et incarcérer toute personne qu'elle soupçonne d'être associée au FLQ.
Les Forces armées canadiennes reçoivent l'ordre de se mettre à la disposition des forces de police dirigées par le directeur de la Sûreté du Québec.
(Vendredi 16 octobre, minuit) L'Assemblée nationale adopte les trois lectures de la Loi créant l'Assurance maladie au Québec.

En vertu de cette loi, on arrête immédiatement, et sans mandat, 497 personnes dont 62 seulement seront mises en accusation et 18 seront reconnues coupables et condamnées pour complicité avec et assistance au FLQ. Parmi les personnes ainsi arrêtées, puis détenues sans qu'aucune accusation ne soit portée contre elles, on retrouve : Gérald Godin, poète et membre du mouvement indépendantiste du Québec ; durée de l'emprisonnement : 7 jours. Pauline Julien, chanteuse populaire, membre du mouvement indépendantiste du Québec ; durée de l'emprisonnement : 7 jours. Gaston Miron, poète et éditeur.

(Samedi, 17 octobre, 19 h) Un appel téléphonique anonyme annonce qu'un colis a été laissé à l'aéroport de Saint-Hubert.(Samedi, 17 octobre, 20 h 15) Un second appel anonyme répète le message de 19 h à la station de radio CKAC.
(Samedi, 17 octobre, 21 h 30) Un troisième appel téléphonique anonyme indique qu'un communiqué serait trouvé près du théâtre Port-Royal de la Place des Arts ; ce communiqué indique que Pierre Laporte avait été exécuté et que son corps se trouvait dans le coffre arrière d'une voiture de marque Chevrolet immatriculée 9J2 420 abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert.
(Samedi, 17 octobre, 22 h 20) Michel Saint-Louis, un reporter de la station de radio CKAC, trouve la voiture Chevrolet et en informe la police.
(Samedi, 17 octobre, 22 h 25) Le corps de Pierre Laporte est découvert dans le coffre de la voiture Chevrolet qui avait servi à son enlèvement.
(Dimanche, 18 octobre) Émission de mandats d'arrestation contre Paul Rose et Marc Carbonneau soupçonnés d'avoir kidnappé Pierre Laporte. Depuis la proclamation de la Loi des mesures de guerre, 343 personnes ont été arrêtées dont une vingtaine seulement ont été relâchées.
(Dimanche, 18 octobre, 13 h) Un message de James Cross reçu à la station de radio CKLM indique que celui-ci est encore vivant.
(Dimanche, 18 octobre, 18 h) Le corps de Pierre Laporte est exposé au Palais de justice de Montréal, là où les terroristes du FLQ ont, depuis sept ans, été accusés et condamnés. Le gouvernement du Québec réitère son offre de sauf-conduit aux ravisseurs de James Richard Cross et indique que le gouvernement de Cuba accepte de les accueillir.
(Lundi, 19 octobre, 2 h) La police découvre l'endroit où Pierre Laporte a été détenu par le FLQ, au 5630, rue Armstrong, à Saint-Hubert. Dans une déclaration à la radio et à la télévision, Robert Bourassa s'exprime ainsi :

Mes chers compatriotes,

Le Québec traverse aujourd'hui l'un des moments les plus dramatiques de son histoire. Nous sommes toius profondément affligés par le crime inqualifiable qui a été commis hier contre un homme dont le plus grand tort, aux yeux de ses assassins, étit d'avoir été élu démocratiquement et de servir le peuple dans une tâche difficile et importnte.

Pierre Laporte a été une victime de la haine, une haine criminelle que n'avaient pas encore connue les Québécois et les Canadiens. Il a payé de sa vie la défense des libertés fondamentales...
Je dis à ces individus qui l'ont assassiné qu'ils sont à tout jamais indignes d'être québécois, indignes d'être des Canadiens français.

Ce meurtre ignoble d'un homme innocent est un témoignage du genre de société que voudraient établir ces mouvements. Mais quelques individus ne peuvent écraser la volonté de tout un peuple quelles que soient leur cruauté et l'ignominie de leur chantage. La foi dans le régime démocratique est trop profonde et trop authentique au Québec pour qu'elle se laisse détruire ainsi.Je denmande à tous les Québécois de rester calmes et de garder confiance dans leurs institutions. Le cup qui nous est porté aujourdhui, comme peuple, est terrible, mais c'est là un test pour notre sang-froid et notre ferme détermination à faire triompher la justice et la liberté.

Le gouvernement que je dirige ne se laissera pas abattre par une telle épreuve. Il y fera face de la façon la lus ferme...

C'est ensemble, et seulement ensemble, que nous allons surmonter cette crise. J'ai confiance que nous le pouvons parce que nous sommes des Québécois.

(Dimanche le 18 octobre 1970, 19 h) 307 personnes sont arrêtées et mises sous verroux en vertu de la Loi des mesures de guerre ; 180 ont été arrêtées à Montréal, 4 à Sherbrooke, 14 à Hull, 11 à Joliette, 3 à Rouyn-Noranda, 56 à Québec, 13 à Chicoutimi, 24 à Rimouski et 2 à Victoriaville.
(Lundi, 19 octobre 1970) La Chambre des communes adopte (170 voix contre 17) une motion qui ratifie les règlements adoptés par le Gouvernement fédéral en vertu de la Loi des mesures de guerre.
Le coroner rend public son rapport d'autopsie du cadavre de Pierre laporte et affirme qu'il est mort par strangulation avec sa chaîne de cou.
(Mardi, 20 octobre, 16 h) Funérailles à l'église Notre-Dame de Montréal et inhumation du corp de Pierre Laporte au cimetière de la Côte-des-Neiges.
(Mercredi, 21 octobre, 10 h) Le coroner indique que Pierre Laporte a été étranglé le 17 octobre, entre 12 h et 23 h, avec la chaînette porte-médaille qu'il portait au cou.
(Jeudi, 22 octobre 1970) Des mandats d'arrestation sont émis contre Jacques Rose, manoeuvre de 23 ans, Francis Simard, manoeuvre de 23 ans, et Bernard Lortie, étudiant de 19 ans, soupçonnés de participation à l'enlèvement et au meurtre de Pierre Laporte. Libération de 48 des 170 personnes encore détenues par la police.
(Dimanche, 25 octobre 1970) Le Parti civique du maire Jean Drapeau remporte les 52 sièges du conseil municipal de Montréal lors de l'élection générale pour le remplacement du maire et des conseillers.
(2 novembre 1970) Les règlements adoptés en vertu de la Loi des mesures de guerre sont remplacés par la Loi de l'Ordre public (mesures temporaires) jusquau 30 avril 1971.
Les gouvernements du Québec et du Canada offrent une récompense de 150 000 $ pour des renseignements qui permettraient l'arrestatuion des ravisseurs de Laporte et Cross.
(5 novembre 1970) Comparution de 24 des personnes (dont, entre autres, Michel Chartrand, Jacques Larue-Langlois, Pierre Vallières et Charles Gagnon) appréhendées lors de la mise en vigueur de la Loi des mesures de guerre.
(6 novembre 1970) Arrestation de Bernard Lortie qui déclare comment, lui, Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard avaient kidnappé Pierre Laporte, mais qu'il ne sait rien de la mort de ce dernier ni de l'enlèvement de James Richard Cross.
(7 novembre 1970) Arrestation de Richard Therrien, étudiant en droit, et de Colette Therrien, sa soeur et amie de Paul Rose, qui avaient caché les ravisseurs de Pierre Laporte dans leur appartement de la rue Queen Mary à Montréal, et avaient diffusé des communiqués du FLQ.
(25 novembre 1970) La police découvre l'endroit où James Richard Cross est détenu, au 10945, rue des Récollets à Montréal ; elle découvre, le même jour, la maison de campagne de Michel Viger au rang des Grands Prés à Saint-Luc.
(Décembre 1970) La Loi des mesures de guerre est remplacée par la Loi sur l'ordre public.
(2 décembre 1970) L'automobile grise de marque Chrysler utilisée pour l'enlèvement de James Richard Cross est découverte dans le garage de la maison de la rue des Récollets ; des centaines de soldats et policiers encerclent la maison de la rue des Récollets. Arrestation de Jacques Cossette-Trudel et de sa femme Suzanne Lanctôt.
(3 décembre 1970) Après des négociations, Yves Langlois, Marc Carbonneau, Jacques Lanctôt, Me Mergler, et James Richard Cross sortent de la maison de la rue des Récollets dans la Chrysler qui se dirige vers le pavillon du Canada à Terre des Hommes déclaré territoire cubain pour la circonstance ; rejoints à cet endroit par Jacques Cossette-Trudel, sa femme, Suzanne Lanctôt, et son fils de 20 mois, les ravisseurs se dirigent vers Dorval d'où il s'envolent vers Cuba à bord d'un avion Yukon des Forces armées canadiennes.
(4 décembre 1970, 2 h) Les ravisseurs de James Richard Cross étant arrivés à Cuba, ce dernier est officiellement libéré.
(12 décembre 1970) Un sondage Gallup révèle que 87 % des Canadiens approuvent l'imposition de la Loi des mesures de guerre, que 6 % la désapprouve et que 7 % sont indécis à ce sujet ; chez les Canadiens anglais les proportions étaient les suivantes : 89 %, 6 % et 5 % ; chez les Canadiens-Français elles étaient comme suit : 86 %, 9 % et 5 %.
(22 décembre 1970) Arrestation de Denise Quesnel, Hélène Quesnel, Robert Dupuis, Louise Verreault, Claude Larivière, Yves Roy et Michel Viger.
(23 décembre 1970) Les Forces armées canadiennes rentrent dans leurs casernes.
(28 décembre 1970) Arrestation de Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard dans le sous-sol d'une maison de ferme de Saint-Luc appartenant à Michel Viger ; il sont accusés de l'enlèvement et du meurtre de Pierre Laporte.

1971
(4 janvier) Les Forces armées canadiennes quittent Montréal et Québec. Un document non signé par Francis Simard est déposé en Cour dans lequel il déclare qu'en sa présence, Paul Rose et Jacques Rose ont étranglé Laporte, puis ont mis son cadavre dans le coffre d'une automobile laissée à Saint-Hubert le 17 octobre 1970.
(20 janvier) Plus de 1 500 personnes manifestent pour la libération des prisonniers politiques (sic) et protestent contre l'ingérance politique dans le système judiciaire à la suite des événements d'octobre 1970.
(25 janvier) La demande de Paul Rose pour que son avocat, Robert Lemieux, soit libéré de prison pour venir le représenter dans son procès pour meurtre devant la Cour du banc de la Reine est refusée ; au juge Marcel Nichols qui venait de rendre cette décision, il dit «Quand le FLQ en aura fini avec vous, il y aura peut-être quelques mains sales mais les places publiques seront propres».
(3 février) Le ministre fédéral de la Justice, John Turner, rapporte que des 497 personnes arrêtées en vertu de la Loi des mesures de guerre, 435 ont été relâchées, 62 ont été accusées et 32 sont détenues.
(12 février) Les accusations de complot portées contre Michel Chartrand, Robert Lemieux, Pierre Vallières, Charles Gagnon et Jacques Larue-Langlois sontrejetées à cause d'ereurs techniques, mais les accusations d'appartenance au FLQ demeurent.
(15 au 19 février) Robert Lemieux, Michel Chartrand, Pierre Vallières et Charles Gagnon sont libérés.
(8 mars) Une confession non signée de Paul Rose faite devant deux agents de police est déposée en Cour ; il affirme que les frères Rose et Francis Simard étaient présents dans la maison de la rue Armstrong quand l'un d'eux a étranglé Pierre Laporte.
(13 mars) Paul Rose (cellule Chénier du Front de libération du Québec-FLQ), Jacques Rose et Francis Simard sont trouvés coupables de l'enlèvement et du meurtre de Pierre Laporte ; Paul Rose est condamné à l'emprisonnement à perpétuité.
(29 mars) François-Mario Bachand est abattu à Paris de 2 balles de calibre .22 à la tête.
(Avril) Ayant plaidé coupables à l'accusation de complicité après le fait, Richard Therrien et sa soeur, Colette Therrien, sont condamnés à un an de prison.
(30 avril) L'état d'exception en vertu de la Loi sur l'ordre public cesse d'être en vigueur.
(20 mai) Francis Simard est condamné à la prison à perpétuité.
(31 mai) Cinq bombes explosent à Westmount ; trois personnes, dont une fillette, sont traitées à l'hôpital.
(14 juin) Michel Viger est condamné à 8 ans de prison pour complicité avec les terroristes pour avoir aidé à cacher Jacques Rose, Paul Rose et Francis Simard.
(15 juin) Un jury acquitte Charles Gagnon et de Jacques Larue-Langlois de l'accusation d'appartenance au FLQ et de conspiration séditieuse en vue de renverser le gouvernement du Canada par la force.
(24 juin) Libération de Pierre Vallières arrêté en vertu de la Loi des mesures de guerre.
(13 août) La couronne suspend les accusations portées contre 32 personnes en vertu de la Loi des mesures de guerre.
(3 septembre) Explosion d'une bombe du FLQ à la centrale de Bell Canada à Dorion (Vaudreuil-Dorion).
(4 septembre) Charles Gagnon annonce qu'il abandonne le FLQ pour travailler à la création d'un parti révolutionnaire marxiste-léniniste. Pierre Vallières se détache du FLQ pour adhérer au Parti québécois-PQ.
(22 septembre) Bernard Lortie est déclaré coupable de l'enlèvement de Pierre Laporte et est condamné à 20 ans de prison.
(26 septembre) Suite à une mésentente sur le payement des heures supplémentaires travaillées durant la crise d'octobre 1970, les agents de la Sûreté du Québec quittent leurs postes et se réunissent au Cégep de Drummondville.
(27 septembre) Le ministre du Travail Jean Cournoyer se rend à Drummondville et demande aux agents de la SQ de retourner au travail.
(28 septembre, vers 7 h) Les agents de la SQ acceptent la médiation du ministre du Travail et retournent à leurs postes.
12 décembre) Pierre Vallières annonce sa rupture avec le FLQ ; il préconise l'usage de moyens démocratiques pour continuer la lutte des travailleurs québécois.
1972
(24 janvier) Pierre Vallières se rend à la police.
(25 janvier) Pierre Vallières est remis en liberté sous conditions.
(Fin de mars) L'Armée de libération du Québec effectue 2 hold-ups de financement dans une caisse populaire de l'Est de Montréal (17 500 $) et dans la succursale de Rosemere de la Banque provinciale du Canada (3 000 $).
(30 mars) Descente de la police qui arrête Jacques Desormeaux, 27 ans, l'un des leaders du réseau La Cognée, André Normand, électricien ancien sergent dans l'armée française et Roger Normand, un mécanicien d'origine française ; les trois sont relâchés faute de preuve ; la police interroge Jean Goulet, un membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale-RIN. Démembrement d'une cellule du FLQ formée de Jean Cloutier, 20 ans, étudiant en sciences de l'UdeM, de Louis-Philippe Aubert, 21 ans étudiant en droit de l'Université de Montréal, Bernard Mataigne, 19 ans, étudiant en sciences sociales de l'U.deM et rédacteur du Quartier latin, journal des étudiants tous deux militants du Parti socialiste ; dans un logement loué par le trio, la police découvre une dizaine de bâtons de dymnamite, des détonateurs et des exemplaires de La Cognée. Accusés de possession d'explosifs et du dynamitage de la voie ferrée à Sainte-Madeleine, Castonguay et Latour sont condamnés è 4 ans de prison et Laporte à 3 ans.
(9 décembre) À la suite du refus de Bernard Lortie de témoigner, Jacques Rose est acquitté de l'accusation d'enlèvement de Pierre Laporte ; Bernard Lortie est condamné à 4 mois de prison pour refus de témoigner..
1973
(8-9 janvier) La Gendarmerie royale du Canada s'introduit par effraction dans le local du Parti québécois et y dérobe la liste des membres.
(23 février) Après avoir entendu 66 témoins (les principaux acteurs ont refusé de témoigner) et 13 heures de délibération, un jury acquitte Jacques Rose de l'accusation de meurtre de Pierre Laporte.
(17 juillet) À l'issue d'un quatrième procès, Jacques Rose (cellule Chénier du Front de libération du Québec-FLQ) est reconnu coupable de complicité après le fait du meurtre de Pierre Laporte, puis condamné à 8 ans de prison.
1974
(3 juin) La Cour d'appel rejette l'appel de Jacques Rose sur sa condamnation du 17 juillet 1973.
(18 juin) Normand Roy, le fondateur de la cellule du FLQ Délégation du Québec à Alger est arrêté.
(26 juillet) l'agent Robert Samson de la Gendarmerie royale du Canada pose une bombe près de la résidence de Mel Dobrin, président des épiceries Steinberg.
1975 (Juin) Normand Roy est condamné à 30 mois de prison ; il sera condamné en 1976 à 7 ans de prison.
1976
(15 novembre) Élection du premier gouvernement souverainiste au Québec ; le Parti québécois remporte 41% des voix exprimées.
1977
(Mai) Le ministre de la Justice du Québec, Marc-André Bédard confie à Me Jean-François Duchaîne le mandat de recueillir toutes les données se rapportant à la crise d'octobre 1970 auprès de toute personne, tout groupe, organisme policier et autres, susceptibles d'apporter un éclairage sur ces événements.
(16 juin) Le gouvernement du Québec institue une commission d'enquête sur les agissements de la Gendarmerie au Québec ; elle sera présidée par Me Jacques Keable.
(6 juillet) Le gouvernement du Canada institue une commission d'enquête sur certaines activités de la Gendarmerie royale du Canada ; elle sera présidée par le juge David McDonald et enquêtera pour le Gouvernement du Canada sur les événements sur lesquels Me Keable a été chargé d'enquêter par le Gouvernement du Québec.
(3 octobre) Début de l'enquête présidée par Me Jacques Keable sur les agissements de la Gendarmerie au Québec.
(28 octobre) Le ministre Francis Fox confirme que la GRC a perquisitionné illégalement dans les locaux du Parti québécois en 1972 afin d'y voler la liste de ses membres.
(27 novembre) Francis Fox conteste la validité du mandat de la commission Kaeble sur les activités illégales de la GRC en Cour suprême du Canada.
(9 décembre) La Cour suprême du Canada confirme la validité du mandat de la commission Keable.
1978
400 personnalités signent une pétition dans le quotidien Le Devoir demandant la libération «des prisonniers politiques (sic) du FLQ» y compris Paul Rose.
Des musiciens et artistes, dont Yvon Deschamps, Paul Piché, Michel Rivard, Richard Séguin, Marie-Claire Séguin, Gilles Vigneault et Félix Leclerc participent à un concert au bénéfice des prisonniers de la Crise d'octobre 1970.
Omer Latour est trouvé mort à Cuba.
(17 juillet) Bernard Lortie (cellule Chénier du Front de libération du Québec-FLQ) reconnu coupable de l'enlèvement de Pierre Laporte, puis condamné à 20 ans de prison, obtient sa libération conditionnelle. Jacques Rose obtient sa libération conditionnelle.
(31 octobre) La Cour suprême du Canada déclare que la Commission Keable n'a pas la compétence pour enquêter sur la Gendarmerie royale.
(13 décembre) Jacques Cossette-Trudel et son épouse, Louise Lanctôt (cellule Libération du Front de libération du Québec-FLQ) reviennent au Québec, sont arrêtés et accusés de complot, d'enlèvement, tentative d'extorsion et de séquestration de Pierre Laporte.
1979
(11 janvier) Jacques Lanctôt (cellule Libération du Front de libération du Québec-FLQ) revient au Québec ; il est arrêté, reconnu coupable de l'enlèvement de James Richard Cross, puis condamné à 3 ans de prison.
(7 août) Ayant plaidé coupable de l'enlèvement de James Richard Cross, Jacques Cossette-Trudel et son épouse, Louise Lanctôt, sont condamnés à 2 ans de prison.
1980
Nigel Barry Hamer (cellule Libération du Front de libération du Québec-FLQ) est appréhendé, reconnu coupable de participation à l'enlèvement de James Richard Cross, puis condamné à un an de prison.
(20 mai) Tenue du référendum sur la souveraineté-association ; la proposition du gouvernement reçoit l'appui de 40,4% des votants.
(9 octobre) Le rapport Duchaîne, commandé par le gouvernement du Parti québécois, conclut que les événements d'octobre 1970 ont servi de prétexte à la répression.
1981
(2 janvier) La Commission nationale des libérations conditionnelles refuse la demande de libération de Paul Rose qui a purgé le tiers de sa peine.
(15 février) Libération sous conditions de Pierre-Paul Geoffroy après 12 ans d'emprisonnement.
(6 mars) Dépôt du rapport de la Commission Keable.
(11 mai) Marc Carbonneau (cellule Libération du Front de libération du Québec-FLQ) revient au Québec ; il est arrêté, reconnu coupable de l'enlèvement de James Richard Cross, puis sera condamné le 23 mars 1982 à 20 mois de prison et à 3 années de probation.
(Fin de l'année) Francis Simard, reconnu coupable de l'enlèvement et du meurtre de Pierre Laporte, puis condamné à la prison à vie, obtient sa libération conditionnelle.
1982
(27 septembre) Revenu au Québec, Yves Langlois (cellule Libération du Front de libération du Québec-FLQ) est arrêté, reconnu coupable de l'enlèvement de James Richard Cross, puis condamné à 2 ans moins un jour de prison.
(20 décembre Paul Rose obtient sa libération inconditionnelle.
1984
Le service de renseignements de la GRC passe au Service canadien de renseignements de sécurité - SCRS (Canadian Security Intelligence Service - CSIS) à la suite du rapport de la Commission McDonald qui avait enquêté sur des activités illégales de ce service au cours de la période de troubles qui avait culminé avec la crise d'octobre 1970 au Québec.
(25 novembre) Raymond Villeneuve, condamné en 1963 à 12 ans de prison, rentre au pays après 15 ans d'un exil qu'il s'était imposé en le fuyant alors qu'il bénéficiait d'une libération conditionnelle octroyée après 4 ans de détention pour le meurtre de l'agent Wiliam Vincent O'Neil ; il est emprisonné à son arrivée.
1985
(15 juin) Raymond Villeneuve est libéré sous condition.
1988
La loi concernant l'ordre public adoptée en 1971 est remplacée par la Loi des mesures d'urgences assujettie à la Charte canadienne des droits et libertés.
1993
(10 août) Jean Castonguay, l'un des membres de la première portée du Front de libération du Québec-FLQ, se suicide par incinération sur le mont Royal.
1993-1994
Gaétan Desrosiers, le porteur de la bombe déposée aux bureaux du manufacturier de chaussures LaGrenade, le 5 mai 1966, est directeur adjoint du maire de Montréal, Jean Doré ; en 1994, il est nommé secrétaire adjoint du Comité d'initiative et d'action pour le Grand Montréal à la suggestion du premier ministre, Jacques Parizeau ; en 1996, il est nommé sous-ministre adjoint au ministère de la Métropole.
1995
(30 octobre) Tenue du référendum sur la souveraineté ; la proposition du gouvernement reçoit l'appui de 49,4 % des voix exprimées.
1997
Le ministre de la Justice du Québec apprend que Robert Therrien, juge de la Cour du Québec, n'avait pas déclaré sa condamnation de 1971 au comité chargé d'examiner sa candidature au poste de juge de la Cour du Québec nclenche alors le processus de destitution du juge Therrien. Décès de Georges Schoeters, l'un des fondateurs du Front de libération du Québec-FLQ (1963).
2006
(15 novembre) La cellule Camille-Laurin, une nouvelle cellule du FLQ émet un communiqué qui menace les commerce de l'Ouest de l'île de Montréal.
2007
(15 janvier) La cellule Camille-Laurin du FLQ émet un autre communiqué indiquant qu'elle attaquera l'Ouest de l'île de Montréal entre le 15 février et le 15 mars 2007 ; elle s'attaquera aux Centres commerciaux, aux commerces qui n'observent pas la Loi 101 et paralysera la circulation sur les ponts et les autoroutes.
2010
(Septembre) Dans son autobiographie intitulée Révélations d'un espion de la SQ, Claude Lavallée révèle que, en 1969, les agents de la Sûreté du Québec et de la Gendarmerie royale du Canada avaient lancé le projet Vegas pour épier la mafia montréalaise dirigée par Vic Cotroni, Frank Dasti et Nicola Di Iorio ; c'est Lavallée qui avait installé l'équipement pour placer les lignes téléphoniques ; Dasti communiquait régulièrement avec un certain Jean-Jacques Côté, tavernier de Montréal et organisateur politique du Parti libéral du Québec ; à la fin de 1969, Jean-Jacques Côté s'était occupé de la campagne de Pierre Laporte député de Chambly qui briguait la direction du Parti libéral du Québec ; le 16 avril 1970, l'écoute téléphonique fournit la preuve que Laporte avait tenu une réunion avec Di Iorio et Dasti en compagnie de Jean-Jacques Côté ; les policiers remarquèrent que Dasti communiquait souvent avec René Gagnon, un attaché politique de Laporte sous écoute. Selon Lavallée, l'enlèvement de Laporte a freiné la police qui était sur le point de réussir à l'inculper.
(16 octobre) Inauguration d'un monument en face du siège social de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en l'honneur de 352 personnes arrêtées sans mandat lors de la mise en vigueur de la Loi des mesures de guerre en octobre 1970.
(17 octobre) Une plaque commémorative est dévoilée à la mémoire de Pierre Laporte dans le parc de la voie maritime du Saint-Laurent situé tout près de la résidence de la rue Robitaille où il avait été enlevé en 1970.

  • Bibliographie -


FLQ - Histoire d'un mouvement clandestin (Louis Fournier, édité par Québec Amérique, 1982 ; réédité par Lanctôt Éditeur, 1998).
The October Crisis 1970 : An Insider's View (essai, William Tetley, McGill-Queen's University Press, 1982 ; réédité en 2006).
Pour en finir avec Octobre (essai, Francis Simard, Éditions Lux, 2010).
Trudeau's Darkest Hour : War Measures in Time of Peace, October 1970 (Guy Bouthillier et Édouard Cloutier, Baraka Books. 2010).
Last Stop Paris, the Assassination of Mario Bachand and the End of the FLQ (Michael McLoughlin, Viking, 1998).
Le Procès des cinq (Lux éditeur, 2010).
Révélations d'un espion de la SQ (autobiographie, Claude Lavallée, Éditions de l'Homme, 2010).
Les Opérations de l'armée et la crise d'octobre (Jacques Castonguay, Éditions Carte blanche, 2010).

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