Québec (province). Scandales. Affaire Conrad Black-Hollinger. (Gouvernement des USA)

Un article de la Mémoire du Québec (2018).

  • Homme d'affaires né en 1944.


Éphémérides

1945 Constitution de la Argus Corporation spécialisée dans le placement et le portefeuille.
1966
Conrad Black fonde la Eastern Township Publishing Company et la Société de publication de L'Avenir de Brome-Missisquoi ; il achète le Eastern Township Advertiser.
1969
Conrad Black et ses partenaires, Peter White et David Radler, achètent, pour la somme de 20 000 $, The Sherbrooke Record dont Black devient l'éditeur.
1970
Black termine ses études de droit à l'Université Laval à Québec-ULQ.
1971
Black devient président de Sterling Newspapers (1971) propriétaire de 9 quotidiens anglophones.
1973
Black obtient un doctorat en histoire de la McGill University.
1976
(Juin) Au décès de leur père, Conrad Black et son frère, Montegu Black, héritent de 20 % des parts de la compagnie Ravelston qui détient 60 % des votes de la compagnie Argus Corp. de Toronto.
1977
Black vend The Record de Sherbrooke pour 850 000 $.
Back publie la biographie de Maurice Duplessis.
1978
Black prend le contrôle (66 % des actions) de la compagnie Ravelston et d'Argus Corporation propriétaire principal de Hollinger Mines, Standard Broadcasting, Dominion Stores, Massey Ferguson et Domtar.
1985
(17 septembre) La compagnie Ravelston fonde à Toronto la compagnie Hollinger Inc. dans laquelle elle possède 78 % des actions.
1986
(Mai) Hollinger Inc. achète le Telegraph de Londres.
(31 octobre) Hollinger Inc. vend les Épiceries Dominion pour 43 millions $.
(Décembre) Hollinger Inc. achète toutes les actions en circulation de Sterling Newspapers Ltd de British Columbia, puis 22 quotidiens de petites villes américaines.
1987
(Juin) Hollinger Inc. achète la compagnie Unimédia de Jacques Francoeur qui publie Le Soleil de Québec, Le Droit d'Ottawa et Le Quotidien de Chicoutimi et une vingtaine d'hebdomadaires québécois.
(Juillet) Une filiale d'Hollinger Inc. achète le magazine Saturday Night. Hollinger Inc. fonde à Chicago la compagnie Hollinger International Inc. dans laquelle elle possède 18 % des actions de classe A et 100 % des actions de classe B, ce qui lui donne un droit de vote de 73 %. Hollinger International achète le Chicago Sun-Times.
1989
(Avril) Hollinger International achète 77 % des actions du journal Jerusalem Post à un prix d'au-delà de 17 millions $.
1990 Black est nommé membre de l'Ordre du Canada.
1992
Hollinger International achète de Torstar corporation 23 % des actions de Southam Publishing, propriétaire des quotidiens The Gazette de Montréal, The Ottawa Citizen, The Vancouver Sun, et de 60 magazines en plus des librairies Coles.
1994
(Mars) Hollinger International acquiert le groupe de presse Sun-Times de Chicago.
1996
(Mai) Hollinger achète un bloc d'actions détenu par Power Corp. dans la compagnie Southam Publishing et prend le contrôle de Southam.
1997
Black achète une propriété sur le South Ocean Blvd en Floride au prix de 9,9 millions $ US.
1998
(27 octobre) Publication du premier numéro du quotidien National Post fondé à Toronto par Black.
1999
Hollinger International complète son achat de Southam Publishing en augmentant à 97 % ses parts dans cette compagnie ; ces transactions permettent à Hollingher International de privatiser la propriété de Southam Publishing qui était, jusque-là, une entreprise publique.
2000
(31 juillet) Hollinger International vend la plus grande partie de ses journaux canadiens (13 journaux majeurs, 126 journaux communautaires, des entreprises internet et la moitié du National Post) à la compagnie CanWest Global, propriété d'Izzi Asper, au prix de 3,2 milliards $ (une prime de non-concurrence de 80 millions $ est versée à Black).
(10 novembre) Hollinger International vend les quotidiens Le Soleil de Québec, Le Quotidien de Chicoutimi et 15 hebdomadaires du Québec et de l'Ontario à la compagnie Gesca de Paul Desmarais.
2001
(31 juillet) Hollinger international vend la plupart de ses journaux canadiens (29 journaux d'Ontario dont 16 quotidiens) à une compagnie contrôlée par Michael Sifton au prix de 220 millions $.
(23 août) Hollinger International vend le reste de sa participation dans le quotidien National Post de Toronto à la compagnie CanWest.
(Octobre) La Tweedy Brown and Co de New York, détentrice de 12 % des actions non votantes de Hollinger International, se plaint de l'augmentation de 8,5 million $ à 40 millions $ des honoraires de gestion versés par Hollinger International à Black et à ses associés. Informé de l'intention du gouvernement britannique d'élever Black au rang de lord, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, s'objecte à cette nomination en invoquant une loi canadienne de 1919 qui interdisait à un citoyen canadien de recevoir ce genre d'honneur.
(30 octobre) Black abandonne formellement sa citoyenneté canadienne, devient citoyen britannique et est élevé au rang de lord par la reine d'Angleterre sous le nom de Lord Black of Crossharbour d'Angleterre.
(28 novembre) Hollinger International vend sa participation de 15 % au capital de la compagnie Canwest pour la somme de 271 millions $ (une prime de 32 millions $ est versée par Canwest Global aux officiers de Ravelston Corporation en échange d'une promesse de ne pas concurrencer la compagnie Canwest Global) ; Tweedy Browne and Co. prétend que cette prime aurait dû être payée à la compagnie Hollinger International et non à Ravelston Corp. appartenant à Black et Radler.
2003
(Mars 2003) Hollinger International affiche une perte de 239 millions $ alors qu'elle continue de payer 28 millions $ en honoraires de gestion à des compagnies canadiennes de Black et Radler.
(Juin 2003) Black accepte qu'un comité, formé de trois administrateurs indépendants, fasse une enquête interne sur le paiement des primes de non concurrence et l'ampleur des honoraires de gestion ; ce comité présidé par Richard Breeden, ex président de la U.S. Securities and Exchanges Commission sera formé de Graham Savage, Gordon Paris et Richard Seltz.
(Novembre 2003) Les commissions de valeurs mobilières des États-Unis et de l'Ontario commencent des enquêtes chez Hollinger Inc. à Chicago et à Toronto.
(17 novembre 2003) Des allégations d'appropriation de 32,2 millions $ par lui-même et sa compagnie Hollinger Inc. sans autorisation obligent Black à abandonner la direction de Hollinger International et à signer une acceptation de remettre 24 millions $ à Hollinger International ; la compagnie Hollinger Inc. est mise en vente.
(Décembre 2003) Black refuse de témoigner devant la U.S. Securities and Exchanges Commission en invoquant le cinquième amendement de la Constitution des États-Unis qui lui permet à un individu de ne pas témoigner si son témoignage est susceptible de l'incriminer.
2004
(16 janvier 2004) La compagnie Hollinger International intente une action de plus de 200 millions $ US contre la compagnie Hollinger Inc., Conrad Black et son associé, David Radler, et leurs compagnies Ravelston Corporation et Ravelston Management ; la poursuite allègue des paiements d'honoraires de non-concurrence non autorisés et des honoraires de gestion exagérés.
(18 janvier 2004) Conrad Black annonce qu'il a vendu sa part (78 %) de Hollinger Inc. à la compagnie Press Holdings des frères David et Frederick Barclay de Londres pour la somme de 600 millions $.
(21 janvier 2004) Conrad Black est démis de sa fonction de président du conseil d'administration de Hollinger International.
(26 février 2004) La dernière transaction avec les frères Barclay est annulée par un juge du Delaware, États-Unis, comme étant contraire aux intérêts des actionnaires minoritaires d'Hollinger International, et Black est blâmé de ne pas avoir tenu compte de ses responsabilités comme actionnaire majoritaire.
(8 mars 2004) Black est démis de sa fonction de président du conseil du Telegraph Group de Londres qui publie le London Telegraph.
(7 mai 2004) Hollinger International augmente sa poursuite à 1,25 milliard $US et invoque la fraude dans ses allégués. (Juin 2004) Hollinger International vend le Telegraph Group pour la somme de 1,6 milliard $US aux frères Barclays.
(Août 2004) Le comité d'enquête interne présidé par Richard Breeden, ex président de la U.S. Securities and Exchange Commission, conclut que Conrad Black dirigeait A Corporate Kleptocracy (une Compagnie de cleptomanes) qui avait, sur une période de 7 ans, siphonné près de 400 millions $, soit 95 % des revenus nets de la compagnie.
(15 novembre 2004) La Securities and Exchange Commission des États-Unis porte des accusations civiles de fraude (85 millions $US) contre Black, son associé David Radler et Hollinger Inc.
(16 novembre 2004) Vente du Jerusalem Post à Mirkai Tirksgoret, un éditeur de journaux de Tel Aviv ; CanWest Global acquiert 50 % de la propriété du Jerusalem Post.
2005
(23 mars 2005) La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario accuse Black et Radler, alors que le bureau de Chicago des procureurs fédéraux confirme la tenue d'enquêtes de nature criminelle contre Black et Radler.
(Avril 2005) La compagnie Ravelston se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
(20 mai 2005) Malgré qu'un ordre de la Cour d'Ontario l'interdise à moins d'être accompagné d'un inspecteur nommé par la Cour, Black et son chauffeur déplacent 13 boîtes de documents hors du siège social des compagnie Ravelston et Hollinger Inc. à Toronto ; le déplacement est enregistré sur la video de surveillance et sera le motif de l'accusation d'entrave à la justice portée contre Black par le gouvernement des États-Unis.
(28 août 2005) David Radler annonce qu'il a conclu une entente en vertu de laquelle il plaidera coupable à une simple accusation de fraude en échange de quoi, il témoignera contre Black au procès de ce dernier.
(20 septembre 2005) David Radler, plaide coupable à des accusations de fraude de 32 millions $US appartenant à la compagnie Hollinger International pour lui-même et pour d'autres et est condamné à 29 mois de prison et à une amende de 250 000 $ ; il accepte de témoigner contres d'autres accusés, dont Black.
(17 novembre 2005) La compagnie Ravelston et ses dirigeants dont Conrad Black, président d'Hollinger International, David Radler, Jack Boultbee, chef des opérations financières du siège social de Chicago d'Hollinger International, Peter Atkinson, vice-président d'Hollinger International et Mark Kipnis, ancien avocat d'Hollinger International, sont formellement accusés de fraude et d'implication dans des fraudes et détournements de fonds à l'endroit d'Hollinger International que le gouvernement des États-Unis estime à 83,8 millions $ US.
(1er décembre 2005) Black est libéré sous un cautionnement de 20 millions $ US en attendant son procès.
2006
(Février 2006) Hollinger International vend la plus grande partie des ses actifs canadiens.
(Juillet 2006) La compagnie Hollinger Inc. de Toronto intente une poursuite de 500 millions $ US contre Black et ses partenaires.
(17 juillet 2006) Hollinger International, à qui il ne reste que la propriété aux États-Unis du Chicago Sun-Times et de journaux locaux dans diverses villes de l'Illinois et de l'Indiana, change de nom et devient Sun-Times Media Group.
(17 août 2006) Le Gouvernement des États-Unis modifie l'acte d'accusation contre Black pour y inclure celles de faux rapports d'impôt pour les années 1999 et 2000, de racket et d'entrave à la justice et d'utilisation de biens de la compagnie (l'avion de la compagnie et la plus grande partie de 60 000 $ payée pour la célébration de l'anniversaire de sa femme sur l'île de Bora Bora en Polynésie) à des fins personnelles et demande la confiscation d'une bague de diamant estimée à 2,6 millions $.
2007
(5 mars 2007) La compagnie Ravelston plaide coupable à des accusations de fraude à Chicago.
(9 mars 2007) La compagnie Hollinger Inc. (qui détient 19,7 % de la compagnie Sun-Times Media Group) annonce qu'elle a accumulé un déficit de 442,1 millions $ depuis 2003.
(14 mars 2007) Début du procès de Black à Chicago ; sélection du jury.
(16 mars 2007) Accusé conjointement avec Conrad Black et Hollinger Inc. de manoeuvres fruduleuses dans le but de détourner environ 83,8 millions $ US entre 1999 et 2003 de la compagnie Hollinger International relevant de la Securities and Exchange Commission des États-Unis à Hollinger Inc relevant de la Ontario Securities Commission, David Radler, ancien président du conseil d'administration de Hollinger International, signe une entente avec la Securities and Exchange Commission des États-Unis en vertu de laquelle il paiera 23,7 millions $ en dommages et intérêts et 5 millions $ en pénalités civiles et sera interdit à vie de la direction de toute entreprise cotée en Bourse aux États-Unis ; les sommes seront remises à Sun Times Media Group, sucesseur d'Hollinger International.
(16 mars 2007) David Radler et ses compagnies acceptent de payer 63,4 millions $ US comme leur partie de la réclamation de 500 millions $US intentée par Sun Times Media Group contre eux, Conrad Black et autres associés et les compagnies qui leur appartiennent.
(18 mars 2007) Début du procès de Black devant un jury de 9 femmes et 3 hommes présidé par la juge Amy St.Eve de Chicago. Le gouvernement des États-Unis a décidé de réduire le montant de l'accusation en en excluant la somme de 23,8 millions $ US représentant le paiement fait à Black et Radler par CanWest Global Communications Corp. en 2000 pour une clause de non concurrence lors de l'achat des publications canadiennes.
(7-17 mai 2007) Témoignage de David Radler au procès de Black et autres.
(30 mai 2007) Le Gouvernement des États-Unis retire l'accusation de blanchiment d'argent de la liste originale des accusations et termine sa preuve.
(18-27 juin 2007) Plaidoiries des avocats au procès.
(27 juin-13 juillet 2007) Délibération du jury.
(13 juillet 2007) Conrad Black est reconnu coupable sous 4 des 13 accusations qui pesaient contre lui, dont 3 de fraudes postales et une d'entrave à la justice ; il est acquitté des 9 autres accusations de fraudes, d'extorsion et de fraude fiscale et il est convoqué pour le 30 novembre suivant pour le prononcé de sa sentence ; Peter Atkinson et John Boultbee sont reconnus coupables sur 3 accusation de fraude postale et sont condamnés respectivement à 24 et 27 mois de prison.
(27 août 2007) Les avocats de Black demandent à un tribunal de Chicago d'annuler le verdict du jury et d'ordonner la tenue d'un nouveau procès en invoquant ce qu'ils considèrent des dénis de justice de la part de la juge Amy St.Eve, particulièrement quant à la contestation de la crédibilité de David Radler.
(28 novembre 2007) La compagnie Ravelston (insolvable), qui a plaidé coupable à une accusation de fraude le 5 mars précédent devant un tribunal de Chicago, est condamnée à payer une amende de 7 millions $ US et à restituer 6 millions $ US à Sun-Times Media Group.
(10 décembre 2007) La juge Amy St.Eve de Chicago condamne Black à 5 ans de prison pour fraude et à 6,5 ans de prison pour entrave à la justice, et à une amende de 125 000 $ US et lui ordonne de rembourser 6,1 millions $ US ; à moins d'un ordre contraire d'un tribunal supérieur, Black devra commencer à purger sa peine le 3 mars 2008 ; la juge St.Eve condamne Peter Atkinson à 24 mois de prison et à 5 ans de probation, John Boultbee à 27 mois de prison, 3 ans de probation et la restitution de 152 500 $US, et Mark Kipnis à 5 ans de probation.
(16 décembre 2007) David Radler est condamné à 29 mois de prison et à une amende de 250 000 $ US.
2008
(10 janvier 2008) Peter Atkinson loge une demande d'appel du verdict et de la sentence prononcés à son endroit. John Boultbee loge une demande d'appel du verdict et de la sentences prononcés à son endroit.
(25 février 2008) David Radler commence à purger sa peine de 29 mois de prison à la Moshannon Valley Correctional Institution de Philipsburg, Pennsylvanie, USA.
(28 février 2008) La US Seventh Circuit Court of Appeals refuse de permettre à Black de ne pas commencer à purger sa sentence à compter du 3 mars comme le lui ordonnait la décision de la juge St. Eve le 10 décembre 2007, mais permet à Peter Atkinson et John Boultbee de demeurer libres sous cautionnement pendant les procédures d'appel ; la différence de traitement repose sur la possibilité que, si la Cour d'appel renversait certaines parties des verdicts, l'emprisonnement d'Atkinson et de Boultbee pourrait avoir été plus long que les sentences qui seraient en conséquence imposées, ce qui n'est pas le cas pour Black.
(3 mars 2008) Black se rend à la Colleman Low Correctional Facility à Coleman, Floride, à l'Ouest d'Orlando pour commencer à y purger sa peine.
(15 mars 2008) Les avocats de Black, Atkinson, Kipnis et Boultbee déposent une demande d'appel pour les jugements de fraude et d'entrave à la justice.
(25 juin 2008) La Cour d'appel fédérale de Chicago rejette la demande d'appel de Black.
(Mi-août 2008) Trois juges de la Cour d'appel de Chicago rejettent la demande de révision de Black et maintiennent la culpabilité et la sentence imposée par la juge St. Eve.
(18 septembre 2008) David Radler est transféré de la Moshannon Valley Correctional Institution de Philipsburg, Pennsylvanie, USA, à la Pacific Institution d'Abbotsford, Colombie-Britannique, Canada.
(20 novembre 2008) Il est révélé que l'Office of the Pardon Attorney des États-Unis examine la demande de pardon formulée par Conrad Black au président des USA, George W. Bush.
(14 décembre) La Commission des libérations conditionnelles accorde la liberté sous conditions à David Radler.
2009
(18 mai 2009) La Cour suprême des États-Unis accepte de réviser la condamnation pour fraude imposée à Conrad Black, à John Boultbee et Mark S. Kinis le 10 décembre 2007, mais elle refuse de réviser la condamnation de Black pour entrave à la justice.
(28 mai 2009) La juge Amy St.Yves de Chicago permet que John Boultbee détenu à la prison de Lompoc, Californie, soit libéré sous condition en attendant la décision de la Cour suprême des États-Unis sur sa condamnation à 2 ans de prison dont il reste une autre année à purger ; la juge estime que la décision de la Cour suprême d'annuler la condamnation ne servirait à rien si elle survenait après la fin de la sentence ; si la Cour suprême décide que la sentence était légitime, Boultbee retournera en prison pour la terminer.
(12 juin 2009) La Cour suprême des États-Unis refuse de libérer Black sous conditions pendant qu'elle étudie la cause qu'il a portée en appel, mais lui permet de demander une libération à la juge Amy St.Eve.
(15 juillet 2009) La juge St.Eve refuse de le libérer.
(10 août 2009) La Cour suprême des États-Unis confirme la décision de la juge St.Eve.
2010
(10 mai 2010) Beth DeMerchant et Darren Sukinick, deux avocats ontariens, comparaissent devant le comité disciplinaire de la Law Society of Upper Canada pour répondre à des accusations de mauvaise conduite professionnelle pour avoir été en conflit d'intérêt entre le printemps 2000 et l'été de 2003 en représentant Conrad Black et d'autres clients dont Hollinger International et ses filliales ; ils étaient les conseillers lors de transactions comprenant le paiement d'honoraires de non concurrence payées aux administrateurs Ravelston Corp. Ltd à l'occasion de la vente des journaux de Hollinger à Canwest Global Communications et Osprey Media Holdings Inc.; le prêt de 22,5 millions $ qui est devenu la propriété de Ravelston à l'automne de 2001 est considéré par le comité de discipline comme une transaction «in which the interest of two or more of your clients were not aligned» ; ils sont également accusés d'avoir été en conflit d'intérêts lorsqu'ils ont avisé les compagnies Hollinger sur les implications fiscales au moment où Black a renoncé à sa citoyenneté canadienne.
(24 juin 2010) La Cour suprême des États-Unis réduit la portée d'une notion de droit qui a mené à la condamnation de Black et ordonne à la Cour d'appel de Chicago de réévaluer la peine imposée à Black ; la notion en question était celle des obligations morales d'un dirigeant envers son entreprise ; la Cour suprême décrète que cette notion ne doit s'appliquer que dans les cas de corruption et de pots-de-vin ; ces 2 cas n'ont jamais été évoqués pour faire condamner Black. La Cour suprême demande à la Cour d'appel de Chicago de déterminer si l'issue du procès aurait été différente en vertu de sa nouvelle interprétation.
(7 juillet 2010) Black demande d'être libéré sous cautionnement.
(10 juillet 2010) Black est libéré par une cour d'appel américaine en attendant l'audition de sa cause sur sa condamnation à 6 ans et demi de prison.
(15 juillet 2010) Black réfute les allégations avancées par le U.S. Internal Revenue Service qui lui réclame 71 millions $ US pour des impôts impayés sur des sommes ou avantages reçus au cours des années 1998 à 2003 ; parmi les avantages, on trouve l'utilisation de l'avion de Hollingher à des fins personnelles, l'achat d'un appartement de 5,9 millions $ US à New York ; Black prétend que n'étant pas citoyen américain il n'avait pas à faire des rapports d'impôt aux USA.
(21 juillet 2010) Après avoir passé 870 jours en prison, Black est mis en liberté sous un cautionnement de 2 millions $ payé par son ami Roger Hertog ; comme il a remis son passeport aux autorités américaines, Black ne peut quitter les États-Unis en attendant son procès pour fraude et entrave à la justice.
(23 juillet 2010) La juge Amy St. Eve, insatisfaite des états financiers présentés par les avocats de Black, demande de lui fournir des documents plus convaincants et refuse de lui permettre de sortir des États-Unis avant une prochaine audition qu'elle fixe au 16 août suivant.
(27 juillet 2010) Une cour d'appel ordonne aux avocats de la défense et de la poursuite de soumettre des arguments écrits le jour même où Black doit comparaître devant un juge de Chicago au sujet de sa situation financière.
(13 août 2010) La Cour d'appel de l'Ontario décrète qu'une demi douzaine d'actions en libelle intentée par Black en Ontario peuvent être entendues en Ontario ; ces actions avaient été inscrites en Ontario contre Richard Breeden, ex président de la U.S. Securities and Exchanges Commission, Graham Savage, Gordon Paris et Richard Seltz, anciens administrateurs de Hollinger International Inc. membres du comité spécial qui avait rédigé un rapport en août 2004 dans lequel Black était accusé de cleptomanie corporative et d'avoir volé environ 400 millions $ alors qu'il était président du conseil et chef de l'exécutif de la compagnie ; les défendeurs alléguaient que les actions de Black ne pouvaient procéder en Ontario parce qu'il n'y avait que des liens minimes avec l'Ontario et qu'il avait tourné le dos au Canada en renonçant à sa citoyenneté en 2001.
(29 septembre 2010) Les avocats de Black demandent à la Cour d'appel du Seventh Circuit de Chicago d'annuler toutes les condamnations imposées à leur client.
(29 octobre 2010) Un banc de 3 juges de la Cour d'appel du Seventh Circuit de Chicago présidé par le juge Richard Posner renverse 2 des sentences pour fraude imposées à Black, mais retient la troisième ainsi que la sentence d'entrave à la justice ; l'affaire est renvoyée devant la juge Amy St. Eve de la Cour de district des États-Unis qui doit réviser les sentences à la lumière de la décision de la Cour d'appel. Les avocats de Black annoncent qu'ils en appelleront de cette décision devant la Cour suprême des États-Unis.
(16 décembre 2010) La Cour suprême du Canada accepte d'entendre les raisons de l'appel de la décision de la Cour d'appel de l'Ontario qui rejetait la prétention des défendeurs que les 6 poursuites en libelle de Black contre eux devaient être entendues et jugées aux États-Unis et non au Canada.
(17 décembre 2010) Le banc complet de la Cour d'appel du Seventh Circuit de Chicago confirme la décision rendue par un banc de 3 juges de la même cour le 29 octobre 2010 ; les avocats de Black inscrivent cette décision en appel devant la Cour suprême des États-Unis.
2011
(29 avril 2011) La Presse rapporte que Black a vendu son domaine de Floride pour environ 25 millions $ US et qu'il a déménagé à New York ; il avait acheté ce domaine en 1997 au prix de 9 millions $ US.
(31 mai 2011) La Cour suprême des États-Unis rejette sans explication l'appel de Black qui contestait deux chefs d'accusation restants pour fraude et entrave à la justice.
(24 juin 2011) La juge Amy St. Eve réduit à 42 mois la sentence originale de 78 mois qu'elle avait imposée à Black ; comme il avait déjà purgé 29 mois de la sentence originale, il lui reste au moins 13 mois à purger ; ses avocats demandent et obtiennent que Black ne se rende à la prison que dans 6 semaines.
(30 juin 2011) Les procureurs de Chicago annoncent qu'ils rembourseront à Black les 5,5 millions $ US qu'ils retenaient depuis la vente de son appartement de New York.
(Août 2011) Black entre à la prison de Miami.
(14 septembre 2011) Le Conseil de l'Ordre du Canada annonce qu'il songe à expulser Black de l'Ordre et à lui retirer son accréditation.
2012
(4 mai 2012) Black est libéré après avoir purgé 37 mois de sa peine de 42 mois dans une prison de Miami (Floride) ; il obtient un permis de résidence temporaire d'un an pour entrer au Canada.
On ne comprend pas comment Black a pu obtenir un tel permis alors qu'il n'est pas citoyen canadien et qu'il a un dossier criminel. Habituellement, les personnes non citoyennes du Canada ne peuvent entrer au Canada s'ils ont un dossier criminel.
Le Conseil de l'Ordre du Canada engage un processus visant à retirer le titre d'officier de l'Ordre du Canada à Conrad Black parce qu'il a été condamné pour des activités criminelles aux États-Unis ; Black demande à être entendu par le Conseil de l'Ordre pour pouvoir établir que la justice d'un gouvernement étranger n'avait été ni adéquate ni équitable ; le Conseil de l'Ordre refuse de l'entendre et lui demande de soumettre ses arguments par écrit, ce que Black refuse ; il demande à la Cour fédérale d'ordonner au Conseil de l'Ordre de l'entendre. Le 25 octobre 2012, la Cour fédérale refuse d'entendre les arguments de Black.
(14 novembre 2012) L'Agence des valeurs mobilière de l'Ontario interdit à David Radler d'agir comme officier ou administrateur d'une compagnie publique en Ontario, à la suite du rôle qu'il a joué dans la fraude chez le Hollinger Newspaper Group.
2014
(21 novembre 2014) La Cour canadienne de l'impôt ordonne à Black de payer son impôt sur plus de 5 millions $ de revenus et autres bénéfices reçus par Black en 2002 ; les sommes imposées consistent en revenu de 2,8 millions $, 1,4 million $ pour usage de l'avion privé de Hollinger Inc. 326 000 $ de dividendes taxables et 571 000 $ pour autres bénéfices.
(31 janvier 2014) Vu la condamnation de Black pour activités criminelles aux États-Unis, le gouverneur général du Canada, sur recommandation du Conseil de l'Ordre du Canada, retire le nom de Black de l'Ordre du Canada et ordonne la remise des insignes qui accompagnent cet honneur ; ces insignes ne sont pas donnés mais prêtés au récipiendaire de l'Ordre. Il est en même temps dépouillé e son titre de membre du Conseil privé de la Reine ; en conséquence, Black ne pourra plus ajouter à son nom les initiales OC (Officier de l'Ordre du Canada) et PC (membre du Conseil privé). Cinq autres Canadiens ont été retirés de l'Ordre du Canada depuis sa fondation (Alan Eagleson, David Ahenakew, T. Sher Singh, Stephen Fonyo Jr et Garth Drabinsky) pour différentes raisons dont la culpabilité d'actes criminels, conduite déshonorable, condamnation à des amendes ou réprimandes de la part d'une organisation ou association professionnelle.
(8 octobre 2014) La Ontario Securities Commission permet à Black de témoigner et de faire témoigner 2 témoins proposés par lui dont son ancienne secrétaire. Black prétend qu'il n'a pas enfreint la loi.
(27 février 2015)
La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO) a décidé de bannir à vie Conrad Black et John Boultbee de postes de direction au sein des entreprises cotées en bourse et de leur interdire d'occuper certains postes clés dans le secteur financier.

  • Publications -


Duplessis. L'ascension (essai, Éditions de l'Homme, 1977)
Duplessis. Le pouvoir (essai, Les Éditions de l'Homme, 1977)

  • Bibliographie -


Shades of Black-Conrad Black, his Rise and Fall (essai, Richard Siklos, McClelland-Stewart, 1995)
Lord Black : The Biography (essai, George Tombs, City Publishing, 2004)
Wrong Way : The Fall of Conrad Black (essai, Jacquie McNish and Sinclair Stewart, Viking Canada, 2004)
Conrad and Lady Black : Dancing on the Edge (essai, Tom Bower, HarperCollins, 2006)
Tilted : The Trial of Conrad Black (essai, Steven Skurka)

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