Québec (province). Scandales. Affaire Matticks

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Éphémérides -


1994 Gérald Matticks, réputé chef du gang de l'Ouest (West End Gang) hérite de la maison familiale de Verdun lorsque son frère aîné décède.
1995
(15 juin) Après avoir conclu que quatre agents (Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry) de la SQ avait «amélioré une partie de la preuve», la juge Micheline Corbeil-Laramée ordonne l'arrêt des procédures entreprises contre Gerald (Gerry) Matticks et Richard Matticks et 5 autres individus accusés de trafic de drogues pour l'importation de 26 tonnes de résine de canabis saisies par la SQ dans 3 conteneurs dans le port de Montréal ; une télécopie envoyée à la Sûret. du Québec à partir du centre de fouille des conteneurs de Douanes Canada envoyée à la SQ avait été placée (par erreur...) avec les pièces à conviction saisies à la compagnie Werner Philips.
(Juillet) Le directeur Serge Barbeau confie une enquête sur l'affaire Matticks aux enquêteurs internes Louis Boudreault, Bernard Arseneault et Hilaire Isabelle.
(26 août) Hilaire Isabelle, un des enquêteurs dans l'enquête interne sur l'affaire Matticks, est victime d'intimidation au cours d'un party chez le capitaine Laurent Pichette, de la part de Michel Arcand, l'un des officiers responsables de l'enquête sur le clan Matticks et en présence de son supérieur, le Directeur général adjoint, André Dupré.
(21 septembre) Les quatre policiers (Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry) sont suspendus sans qu'il y ait des accusations portées contre eux, les procureurs n'ayant pas terminé l'étude de la preuve.
(23 septembre) Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménars annonce la formation d'une super-escouade qu'il appellera Carcajou.
(Entre le 23 septembre et le 5 octobre) L'escouade Carcajou prend forme pour lutter contre le crime organisé ; cette escouade est formée de policiers empruntés à la Sûreté du Québec, au Service de police de Montréal et à la Gendarmerie royale du Canada.
(3 octobre) Les enquêteurs de la Sûreté du Québec refusent de prendre part à l'escouade Carcajou parce que quatre de leurs collègues ont été suspendus le 21 septembre.
(4 octobre) À la suite d'une demande adressée par le directeur général Serge Barbeau au directeur général adjoint André Dupré, celui-ci tient une réunion extraordinaire avec les enquêteurs au quartier général de la Sûreté à laquelle participe André K. Malouf de l'Association de policiers provinciaux du Québec - APPQ. Pour convaincre les enquêteurs de participer à l'escouade Carcajou, André Dupré leur mentionne que :

l'enquête interne est terminée et la décision de porter des accusations ou non contre les policiers suspendus sera connue au plus tard le 11 octobre
la suspension des quatre policiers sera à plein salaire ;
leurs avocats seront payés par la ville ;

Les enquêteurs acceptent de participer à Carcajou.

(12 octobre) Quatre agents de la SQ, Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry, sont accusés de parjure, de fabrication de preuve et d'entrave à la justice en rapport avec le procès avorté des frères Matticks le 15 juin précédent.
(15 octobre) Au terme de l'enquête, le directeur Barbeau suspend les trois enquêteurs pour manque de loyauté parce qu'ils avaient demandé une enquête publique sur l'entrave qu'ils avaient subie au cours de leur enquête et qu'ils n'avaient pas confiance dans l'enquête confiée au juge Jean-Pierre Bonin par le ministre de la Sécurité publique Robert Perreault.
(23 septembre) Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard annonce la formation d'une super-escouade qu'il appellera Carcajou.
1996
(6 juin) Le jury au procès des quatre policiers est séquestré pour délibérer. La Presse publie un article mentionnant les menaces reçues par Hilaire Isabelle lors de l'incident du 26 août 1995, et par Mario Simard, policier qui a témoigné contre les les policiers accusés.
Cet article fait aussi état de témoignagee confus rendus par certains policiers lors de ce procès.
(6 juin) Le ministre de la Sécurité publique Robert Perreault convoque le directeur général Serge Barbeau à son bureau et lui demande de prendre les mesures nécessaires pour rétablir la crédibilité de la Sûreté du Québec dans l'opinion publique.
(9 juin) Après 10 semaines de procès, les 4 policiers impliqués dans l'affaire Matticks, Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry, sont acquittés par le jury.
(10 juin) En conférence de presse, le directeur, Serge Barbeau, annonce qu'il suspend l'agent Mario Simard pour manque de loyauté envers la SQ ; c'est lui qui avait expliqué aux enquêteurs internes ce qui s'était passé dans le procès Matticks.
(10 juin) Le ministre de la Sécurité publique Robert Perreault annonce la tenue d'une enquête en vertu de la Loi sur l'organisation policière.
Le mandat du commissaire-enquêteur sera de faire enquête sur la Sûreté du Québec relativement :

 à l'organisation et à la conduite des enquêtes internes ;
 à la manière dont les enquêteurs désignés sont supervisés et appuyés par les officiers supérieurs, de même qu'aux pratiques qui ont cours, le cas échéant, en pareilles circonstances.



(17 juin) Me Jean Keable représentant les enquêteurs Arsenault, Boudreault et Isabelle, écrit au juge Bonin pour demander que ses trois clients participemnt pleinement à son enquête et aient pleinement accès à la documentation qui lui sera remise et demander que l'enquête soit publique.
(23 au 26 septembre) La cause est entendue par la juge Hélène Lebel.
(11 octobre) La juge Hélène Lebel rejette la requête en révision judiciaire.
(15 octobre) Les officiers Louis Boudreault et Bernard Arseneault et Hilaire Beauregard sont suspendus avec solde par le directeur Barbeau.
(18 octobre) Le Gouvernement du Québec ordonne la tenue d'une enquête publique après des allégations que des officiers de haut rang de la SQ avaient tenté de saborder l'enquête interne sur l'affaire Matticks. Il assigne à de tâches administratives le directeur général adjoint André Dupré et l'inspecteur Michel Arcand.
(18 octobre) Le directeur, Serge Barbeau, est suspendu de ses fonctions et le ministre de la Sécurité Publique, Robert Perreault, annonce la tenue d'une commission d'enquête sur la Sûreté du Québec, ses méthodes en enquêtes criminelles majeures et en enquêtes internes ainsi que sur les circonstances entourant la réception où deux responsables de l'enquête Matticks auraient cherché à intimider l'enquêteur interne Hilaire Isabelle ; cette commission est composée de 3 membres : le juge Lawrence Poitras, Me Louise Viau et Me André Perreault.
1999
(28 janvier) Publication du Rapport de la Commission d'enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec : pour une police au service de l'intégrité et de la justice (Commission Poitras) qui propose une réforme majeure de la Sûreté du Québec ; contient 175 recommandations ; blâme sévèrement le directeur Serge Barbeau et prend la peine de protéger les agents suivants dont il juge la conduite exemplaire au cours de l'affaire Matticks : Bernard Arseneault, Hilaire Isabelle, Jean Bossé, Louis Boudreault, Jacques Letendre, Louise Pagé et Gilles Saint-Antoine.
(8 février) Les officiers Bernard Arseneault et Louis Boudreault sont réintégrés et affectés à des postes hors structure correspondant à leur grade ; Hilaire Isabelle ayant pris sa retraite en avril 1996, a été nommé directeur de la Sécurité publique de Saint-Georges-de-Beauc.
(9 février) L'agent Mario Simard est réintégré dans les rangs de la SQ ; il avait été suspendu par le directeur Serge Barbeau pour manque de loyauté envers la SQ dans l'affaire Matticks (avoir avoué s'être parjuré lors dans l'affaire Matticks).
(Mai) Le Comité de déontologie policière commence à entendre les accusations portées contre 10 policiers relativement à leur conduite dans l'affaire Matticks.
(16 décembre) Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard dépose le Projet de loi sur la réorganisation des services de police au Québec ; il prévoit le renforcement de l'encadrement ministériel, la tenue d'enquêtes sur les policiers (chapitre III du titre IV et chapitre III du titre V), la formation d'un Conseil de surveillance des activités de la Sûreté du Québec (chapitre IV du titre V) et la formation des policiers (Titre 1).
Entre 1999 (Septembre) et 2001 (Février) Les policiers ont accumulé la preuve que Matticks était impliqué dans 7 livraisons contenant entre 2 300 et 10 000 kg de haschisch via le port de Montréal.
2001
(Mars) Gerald Matticks est arrêté lors de l'Opération Printemps 2001 ; son comptable, Luis Elias Lekkas, révèle que Matticks faisait affaire directement avec le cartel de Cali ; il plaide coupable et est condamné à 12 ans de prison en juin 2002 ; il devra purger la moitié de sa peine avant d'avoir le droit de demander une libération conditionnelle.
2002
(10 avril) Le juge Bernard Flynn de la Cour supérieure annule l'enquête disciplinaire sur les policiers impliqués dans l'affaire Matticks, le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, ayant déclaré qu'ils étaient coupables et démontrant ainsi, selon le juge, qu'il les avaient condamnés avant leur procès.
(19 décembre) Le juge Herbert Marx ordonne l'arrêt des procédures engagées contre l'agent Mario Simard devant le Comité de déontologie policière pour sa participation à l'affaire Matticks.
2004
(29 juin) Constatant les coûts encourus jusque-là (25 M $) par l'État et l'improbabilité de sa répercussion réelles contre les agents impliqués (sur les 9, seul Michel Patry étant encore en service, les autres, Dany Fafard, Lucien Landry, Roger Primeau, Claude Charron, Pierre Duclos, Mario Simard, Mario Morissette et Laurent Laflamme ayant pris leur retraite), le commissaire à la déontologie policière du Québec, Paul Monty, décide d'arrêter toutes les procédures encore pendantes relativement à l'affaire Matticks.
(Août) Revenu Québec réclame 8 M $ en impôts impayés par Matticks ; il est énoncé que Maurice «Mom» Boucher est un de ses cranciers pour 100 000 $.
2007
(Avril) Matticks déclare une faillite de 10 M $.
(Octobre) La Commission des libérations conditionnelles du Canada refuse de remettre Matticks en semi-liberté.
2009
(15 octobre) La Commission des libérations conditionnelles du Canada refus de nouveau de permettre à Matticks, 67 ans, de bénéficier d'une libération conditionnelle.
2010
(6 août) Matticks, 70 ans, bénéficie d'une libération conditionnelle automatique après avoir purgé les 2/3 de sa peine derrière les barreaux.
2011 (30 novembre) La Presse rapporte que Revenu Québec a saisi la résidence de Mattick à Verdun et prend les moyens de l'en expulser afin de la vendre pour se payer en impôts dus par Matticks.

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