Québec (province). Scandales. Affaire Matticks
Un article de la Mémoire du Québec (2012).
- Éphémérides -
1995
(15 juin) Après avoir conclu que quatre agents (Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry) de la SQ avait «amélioré une partie de la preuve», la juge Micheline Corbeil-Laramée ordonne l'arrêt des procédures entreprises contre Gerald (Gerry) Matticks et Richard Matticks et 5 autres individus accusés de trafic de drogues pour l'importation de 26 tonnes de résine de canabis saisies par la SQ dans 3 conteneurs dans le port de Montréal ; une télécopie du Service des douanes envoyée à la SQ avait été placée (par erreur...) avec les pièces à conviction saisies à la compagnie Werner Philips.
(Juillet) Le directeur Serge Barbeau confie une enquête sur l'affaire Matticks aux enquêteurs internes Louis Boudreault, Bernard Arseneault et Hilaire Isabelle.
(25 août) Hilaire Isabelle, un des enquêteurs dans l'affaire Matticks, est victime d'intimidation au cours d'un party chez l'un des officiers responsables de l'enquête sur le clan Matticks. Au terme de l'enquête, le directeur Barbeau suspend les trois enquêteurs.
(Entre le 23 septembre et le 5 octobre) L'escouade Carcajou prend forme pour lutter contre le crime organisé ; cette escouade est formée de policiers empruntés à la Sûreté du Québec, au Service de police de Montréal et à la Gendarmerie royale du Canada.
(26 septembre) Les quatre policiers (Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry) sont suspendus sans qu'il y ait des accusations portées contre eux, les procureurs ne trouvant pas matière à poursuite.
(15 octobre) Quatre agents de la SQ, Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry, sont accusés de parjure, de fabrication de preuve et d'entrave à la justice en rapport avec le procès avorté des frères Matticks le 15 juin précédent.
1996
(9 juin) Après 10 semaines de procès, les 4 policiers impliqués dans l'affaire Matticks, Pierre Duclos, Lucien Landry, Dany Fafard et Michel Patry, sont acquittés par un jury.
(10 juin) Le directeur, Serge Barbeau, suspend l'agent Mario Simard pour manque de loyauté envers la SQ ; c'est lui qui avait expliqué aux enquêteurs internes ce qui s'était passé.
(15 octobre) Les agents Louis Boudreault et Bernard Arseneault sont suspendus avec solde par le directeur Barbeau.
(18 octobre) Le Gouvernement du Québec ordonne la tenue d'une enquête publique après des allégations que des officiers de haut rang de la SQ avaient tenté de saborder l'enquête interne sur l'affaire Matticks ; le juge Lawrence Poitras est chargé de diriger cette enquête.
(23 octobre) Le directeur, Serge Barbeau, est suspendu de ses fonctions et le ministre de la Sécurité Publique, Robert Perreault, annonce la tenue d'une commission d'enquête sur la Sûreté du Québec, ses méthodes en enquêtes criminelles majeures et en enquêtes internes ainsi que sur les circonstances entourant la réception où deux responsables de l'enquête Matticks auraient cherché à intimider l'enquêteur interne Hilaire Isabelle ; cette commission est composée de 3 membres : le juge Lawrence Poitras, Me Louise Viau et Me André Perreault.
1999
(28 janvier) Publication du Rapport de la Commission d'enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec : pour une police au service de l'intégrité et de la justice (Commission Poitras) qui propose une réforme majeure de la Sûreté du Québec ; contient 175 recommandations ; blâme sévèrement le directeur Serge Barbeau et prend la peine de protéger les agents suivants dont il juge la conduite exemplaire au cours de l'affaire Matticks : Bernard Arseneault, Hilaire Isabelle, Jean Bossé, Louis Boudreault, Jacques Letendre, Louis Pagé et Gilles Saint-Antoine.
(5 février) Les agents Bernard Arseneault et Louis Boudreault sont réintégrés et affectés à des postes correspondant à leur grade.
(9 février) L'agent Mario Simard est réintégré dans les rangs de la SQ ; il avait été suspendu par le directeur Serge Barbeau pour manque de loyauté envers la SQ dans l'affaire Matticks.
(Mai) Le Comité de déontologie policière commence à entendre les accusations portées contre 10 policiers relativement à leur conduite dans l'affaire Matticks.
(16 décembre) Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard dépose le Projet de loi sur la réorganisation des services de police au Québec ; il prévoit le renforcement de l'encadrement ministériel, la tenue d'enquêtes sur les policiers (chapitre III du titre IV et chapitre III du titre V), la formation d'un Conseil de surveillance des activités de la Sûreté du Québec (chapitre IV du titre V) et la formation des policiers (Titre 1).
Entre 1999 (Septembre) et 2001 (Février) Les policiers ont accumulé la preuve que Matticks était impliqué dans 7 livraisons contenant entre 2 300 et 10 000 kg de haschisch via le port de Montréal.
2001
(Mars) Gerald Matticks est arrêté lors de l'Opération Printemps 2001 ; son comptable, Luis Elias Lekkas, révèle que Matticks faisait affaire directement avec le cartel de Cali ; il plaide coupable et est condamné à 12 ans de prison en juin 2002 ; il devra purger la moitié de sa peine avant d'avoir le droit de demander une libération conditionnelle.
2002
(10 avril) Le juge Bernard Flynn de la Cour supérieure annule l'enquête disciplinaire sur les policiers impliqués dans l'affaire Matticks, le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, ayant déclaré qu'ils étaient coupables et démontrant ainsi, selon le juge, qu'il les avaient condamnés avant leur procès.
(19 décembre) Le juge Herbert Marx ordonne l'arrêt des procédures engagées contre l'agent Mario Simard devant le Comité de déontologie policière pour sa participation à l'affaire Matticks.
2004
(29 juin) Constatant les coûts encourus jusque-là (25 M $) par l'État et l'improbabilité de sa répercussion réelles contre les agents impliqués (sur les 9, seul Michel Patry étant encore en service, les autres, Dany Fafard, Lucien Landry, Roger Primeau, Claude Charron, Pierre Duclos, Mario Simard, Mario Morissette et Laurent Laflamme ayant pris leur retraite), le commissaire à la déontologie policière du Québec, Paul Monty, décide d'arrêter toutes les procédures encore pendantes relativement à l'affaire Matticks.
(Août) Revenu Québec réclame 8 M $ en impôts impayés par Matticks ; il est énoncé que Maurice «Mom» Boucher est un de ses crancier pour 100 000 $.
2007
(Avril) Matticks déclare une faillite de 10 M $.
(Octobre) La Commission des libérations conditionnelles du Canada refuse de remettre Matticks en semi-liberté.
2009
(15 octobre) La Commission des libérations conditionnelles du Canada refus de nouveau de permettre à Matticks, 67 ans, de bénéficier d'une libération conditionnelle.
2010
(6 août) Matticks, 70 ans, bénéficie d'une libération conditionnelle automatique après avoir purgé les 2/3 de sa peine derrière les barreaux.
