Québec (province). Scandales. Affaire Paul Sauvé. (Gouvernement du Canada)

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Toit de l'Hôtel de ville


2004
(Février) Le Gouvernement du Québec, la Ville de Montréal et l'entreprise de construction L.M. Sauvé Limitée annoncent qu'ils se sont entendus pour financer la rénovation de l'église St. James United, détruire les bâtiments commerciaux en façade, réaménager le devant de l'église et moderniser les bâtiments situés aux angles que font respectivement les rues City Councillors et Saint-Alexandre avec la rue Sainte-Catherine Ouest.
2006
La Compagnie L.-M. Sauvé éprouve des difficultés financières et s'adresse au Fond de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec-FTQ qui refuse de l'aider. Sauvé aurait alors employé le Hells Angel de Trois-Rivières, Normand Casper Ouimet, comme surintendant en charge des relations de travail ; selon Sauvé, l'arrivée de ce nouvel employé et d'une vingtaine de gros bras qu'il identifie comme des Hells-Angels aurait fait passer la productivité de l'entreprise de 50 % à 250% ; cependant Ouimet payait les employés en argent comptant, et, en retour L.M. Sauvé acquittait des factures de fournisseur à une société à numéro appartenant à Ouimet.
2008
La compagnie L.-M. Sauvé obtient un contrat de 9 M $ du Gouvernement fédéral pour la réfection de l'aile Ouest du Parlement d'Ottawa.
(Mai) La compagnie L.-M. Sauvé obtient le contrat pour la réfection du toit de cuivre et des mansardes de l'Hôtel de ville de Montréal au prix de 10,6 M $.
(Avril) L'entreprise de construction L.-M. Sauvé se met sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.
2009
(16 mars) Lors d'une réunion de chantier tenue à l'Hôtel de ville de Montréal, l'administration municipale menace d'expulser L.-M. Sauvé du chantier en raison de ses difficultés financières et de faire terminer les travaux par une autre entreprise. Paul Sauvé, propriétaire de L.-M. Sauvé déclare qu'un membre d'une famille connue de la mafia lui a demandé 40 000 $ en échange de quoi il obtiendrait l'assurance que son entreprise pourrait continuer à travailler sur le chantier et à être payé par la Ville à tous les mois ; selon Sauvé, cet argent serait destiné à 2 membres du Conseil de la ville de Montréal ; l'administration du maire Gérald Tremblay alerte le Service de police de la Ville de Montréal-SPVM qui transmet le dossier à la Sûreté du Québec-SQ.
(15 juin) Paul Sauvé révèle au quotidien La Presse que son entreprise aurait été victime d'une tentative d'extorsion de la part d'un membre important du crime organisé et portant sur le contrat de 10,6 M $ pour la réfection du toit et des mansardes de l'Hôtel de ville de Montréal ; on lui a demandé la somme de 40 000 $ qui aurait été destinée à 2 élus du parti Union Montréal du maire Gérald Tremblay ; en échange de l'argent, la compagnie continuerait à travailler à la réfection du toit de l'Hôtel de ville et à recevoir ses paiements à tous les mois malgré qu'elle soit sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
(16 juin) Le quotidien La Presse révèle que la Sûreté du Québec enquête sur les révélations de Paul Sauvé concernant une tentative d'extorsion et de corruption. Cosmo Maciocia, maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et membre du comité exécutif de Montréal et Sammy Forcillo, conseiller de Sainte-Marie-Saint-Jacques et vice-président du comité exécutif de Montréal sont les deux personnage politiques auxquels aurait été destinés les pots-de-vin. Leur avocat, Me Claude-Armand Sheppard fait parvenir à l'éditeur de La Presse en leur nom «afin d'éviter toute ambiguïté, mettre fin aux rumeurs malveillantes et empêcher la circulation d'insinuations diffamatoires, nos clients confirment qu'ils ont appris que c'est leur nom qui aurait été évoqués à tort dans une histoire d'extortion . MM. Forcillo et Maciocia affirment qu'ils n'ont été mêlés, ni de près ni de loin, aux incidents allégués, n'ont aucune connaissance des individus qui auraient prétendu agir en leur nom et n'ont trempé en aucune façon dans les agissements mentionnés».
(Début d'octobre) Incapable de finaliser une proposition avec ses créancier l'entreprise de construction L.-M. Sauvé déclare faillite et remet tous ses biens au syndic Villeneuve Venne Coossa ; les travaux de réfection du toit de l'Hôtel de ville de Montréal sont pris en main par la compagnie L'Unique assurances générales qui avait fourni la caution à L.-M. Sauvé.
2010
Comparaissant devant un comité de la Chambre des communes, Paul Sauvé affirme qu'il a remis des dizaines de milliers de dollars (140 000 $) à Gilles Varin en croyant qu'une partie de l'argent serait redistribué à des membres du gouvernement fédéral pour l'aider à obtenir le contrat de réfection de l'édifice de l'Ouest du Parlement d'Ottawa ; il affirme que les entrepreneurs québécois sont forcés de payer un kickback (sic) de 3% pour obtenir des contrats de construction du Gouvernement fédéral, que le sénateur Pierre-Claude Nolin, son adjoint Hubert Pichet et François Pilote sont les personnes désignées par Varin pour l'aider à parvenir à ses fins ; il explique qu'il devait remettre 300 000 $ à Varin dont 25 000 $ pour avoir été inscrit sur la courte liste des soumissionnaires et 275 000 $ à être versé après l'obtention du contrat. (N.B. Varin est décédé en 2011).
(24 novembre) Continuant son témoignage, Paul Sauvé affirme que lorsque sa compagnie a obtenu le contrat de réfection du toit et des mansardes de l'hôtel de ville de Montréal, il a été obligé d'accepter de partager le contrat avec la compagnie Toiture Trois-Étoiles Inc. qui avait soumis un prix à la ville sur le même projet ; selon Sauvé, Toiture Trois Étoiles avait des relations avec la famille mafieuse Rizzuto ; après la mise en faillite de L.-M. Sauvé, Toiture Trois Étoiles a été choisie pour terminer le contrat.
(30 novembre) Le ministre Christian Paradis, ancien ministre des Travaux publics du Canada (2008-2010), nie être intervenu de quelque manière que ce soit dans l'octroi à L.-M.Sauvé du contrat de réfection de l'édifice du Parlement à Ottawa.
2011
(31 mai) Le juge James Brunton ordonne l'arrêt des procédures (l'acquittement) de 31 des personnes (dont 2 toujours au large) visées par les mandats à l'origine de l'Opération SharQc ; selon le programme, le procès de ceux qui sont accusés seulement de trafic de drogues aurait débuté en 2015 ; compte tenu de la durée possible des sentences advenant leur culpabilité le juge Brunton considère qu'il serait déraisonnable de les détenir jusqu'à leur procès ; seuls ceux qui sont accusés de meurtre et de complot de meurtre ne sont pas libérés.
(12 septembre) Paul Sauvé, président de l'entreprise de maçonnerie L.-M. Sauvé affirme que le gendre du juge James Brunton a eu des relations d'affaires avec une entreprise appartenant au Hells Angel Normand Casper Ouimet ; Sauvé avait été obligé d'embaucher Ouimet pour pouvoir compléter la rénovation de l'église St. James United en 2006.
Le 16 septembre 2011, Le directeur des poursuites criminelles et pénales annonce que, suite à une enquête de la Sûreté du Québec, le juge Brunton n'a aucun conflit d'intérêt et qu'il continuera à présider le procès entrepris.
Le 9 novembre 2011, Paul Sauvé publie L'Industrie de la corruption un livre dans lequel il se dit victime du crime organisé. Il y accuse la Commission de la Construction d'être responsable du travail au noir et de la fausse facturation dans l'industrie ; il demande son abolition.
le 17 janvier 2012, Paul Sauvé accuse la Commission de la construction de le harceler surtout depuis qu'il a publié son livre L'Industrie de la corruption ; il annonce son intention d'intenter une poursuite de plusieurs millions contre la Commission et sa directrice générale Diane Lemieux. Sauvé est convoqué au siège social de la Régie du Bâtiment du Québec logé dans l'édifice appartenant à la Fédération des Travailleurs du Québec-FTQ.

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