Québec (province). Syndicalisme

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Québec (province). Syndicalisme. (C) (G)



Centrales syndicales oeuvrant au Québec en 2013

Centrale des syndicats démocratiques CSD
Centrale des syndicats du Québec CSQ
Confédération des syndicats nationaux CSN
Congrès du travail du Canada CTC
Fédération canadienne du travail FCT
Fédération des infirmières et infirmiers du Québec FIIQ
Fédération des travailleurs du Québec FTQ
Union des artistes UDA
Union des producteurs agricoles UPA

  • Éphémérides -


Période 1800-1900

1800
Adoption par le Parlement de Londres de la Combination Act, une loi qui stipule que toute coalition ouvrière est considérée comme une conspiration criminelle, un complot en vue de restreindre la liberté du commerce et donc illégale ; cette loi s'applique en Grande-Bretagne et dans les colonies britanniques.
1815
Grève des chapeliers de la ville de Québec ; les dirigeants sont arrêtés, puis condamnés à l'emprisonnement.
1821
Adoption par le Parlement du Bas-Canada de la Loi des maîtres et apprentis ; cette loi stipule, entre autres, que toute personne qui déserte son travail ou incite un salarié sous contrat à la désertion est passible d'amende et d'emprisonnement.
1823
Fondation de l'Union des tailleurs de vêtement de Montréal, le premier syndicat connu comme tel au Québec.
1824
Fondation de syndicats de cordonniers, d'ébénistes et d'ouvriers-imprimeurs.
1827
Fondation de la Société typographique par des ouvriers-imprimeurs francophones et anglophones de la ville de Québec.
1830-1835
Fondation d'unions de tailleurs de pierre, de maçons, de boulangers et de pompiers.
1833
(5 février) Fondation de l'Association des charpentiers et menuisiers.
(18 mars) Grève des charpentiers et menuisiers pour obtenir la réduction de la journée de travail de 12 à 10 heures et la semaine de 60 heures.
1834
(Mars) Fondation de l'Union des métiers de Montréal / Montreal Trades Union ; premier regroupement régional de travailleurs de divers métiers au Canada; ils ouvrent la Maison des artisans-ouvriers / Mechanic's Hall sur la rue Saint-Laurent, près de Sainte-Catherine.
1840
Grève des 8 000 ouvriers des chantiers maritimes de la rivière Saint-Charles à Québec ; déclenchée par la Société amicale et bienveillante des charpentiers de vaisseaux dirigée par Joseph Laurin et François Giffard.
1843
(24 janvier) Grève des travailleurs irlandais employés au creusage du canal Lachine et du canal de Beauharnois dont la paye a été coupée du tiers par leurs employeurs.
(1 juin) Grève générale des travailleurs irlandais et canadiens-français affectés au creusage du canal Lachine et du canal de Beauharnois. (12 juin) Tragédie mortelle ; l'armée anglaise intervient à Saint-Timothée pour briser la grève des travailleurs affectés au creusage du canal Lachine et du canal de Beauharnois ; bilan : 10 morts parmi les grévistes.
1845
Adoption par le Parlement du Canada-Uni d'une loi qui vise à prévenir les émeutes sur les chantiers de travaux publics ; elle permet le recours à la loi martiale et l'imposition de peines d'emprisonnement et de sévères amendes.
1847
Adoption par le Parlement du Canada-Uni de la Loi des maîtres et des serviteurs; cette loi prévoit l'emprisonnement et des amendes pour les travailleurs coupables de «bris de contrat, d'absentéisme, d'insubordination, de paresse, de mauvaise conduite et de toute attitude jugée inconvenante à l'égard du patron» ; elle est plus douce à l'endroit du patron coupable des mêmes infractions; en vertu de cette loi, les meneurs de grève ou dirigeants syndicaux sont arrêtés et emprisonnés.
1855
Grève des ouvriers des ateliers du Grand Tronc à Pointe-Saint-Charles (Montréal).
1857
Fondation par les débardeurs irlandais du port de Québec de la Ship Laborers' Benevolent Society.
1859
Fondation de l'Association des mouleurs de fonte (fonderies) de Montréal.
1861
L'Association des mouleurs de fonte (fonderies) de Montréal s'affilie à une union internationale américaine, la National Labour Union fondée en 1866.
1864
Grève des 1 200 charretiers de la ville de Montréal.
1865
Les débardeurs canadiens-français du port de Québec fondent l'Union canadienne des débardeurs.
1867
Grève générale des charpentiers et menuisiers de Montréal.
Les ouvriers cordonniers du Québec joignent les Chevaliers de Saint-Crépin, organisation syndicale fondée à Milwaukee en 1867.
(Septembre) Début d'une grève de 2 mois des 2 300 charpentiers de vaisseaux des chantiers maritimes de Québec ; des bagarres entre grévistes et briseurs de grève font 1 mort et plusieurs blessés ; 19 dirigeants syndicaux sont emprisonnés.
1869
Grève de 9 semaines des cordonniers de Québec ; cette grève est dénoncée par les évêques du Québec ; l'armée canadienne est appelée, un dirigeant syndical est abattu par les militaires au cours d'une manifestation des grévistes.
1870
Fondation de l'Union typographique Jacques-Cartier (section 145 de l'Union internationale des typographes) par les typographes francophones de Montréal dont Trefflé Berthiaume.
1872
Adoption par le Parlement du Canada de la Loi des unions ouvrières ; cette loi rend légales les associations de travailleurs et la grève jusque-là prohibées.
1874
Dissolution des Chevalers de Saint-Crépin.
1874-1879
Grande dépression économique au Canada ponctuée de plusieurs grèves et de nombreuses diminutions des conditions de travail.
1876
Le code criminel canadien est amendé pour rendre légal le fait de dresser des piquets de grève par les syndiqués.
1879
(15 août) Tragédie mortelle ; acte criminel ; la lutte entre les débardeurs irlandais et les débardeurs canadiens français pour l'embauche au port de Québec aboutit à l'affrontement ; bilan : 2 morts, des Canadiens français, et une trentaine de blessés dans les deux camp ; le conflit aboutit à une entente qui oblige les employeurs à embaucher un nombre égal d'Irlandais et de Canadiens français pour tout chargement ou déchargement de vaisseaux.
1880
Grève à l'usine de la Montreal Cotton à Hochelaga (Montréal) ; les tisserandes ne sont pas représentées par un syndicat.

  • Tragédie mortelle ; intervention de la police ; bilan: 1 mort, un gréviste du nom de Tessier, 18 ans ; une grève à l'usine de la Montreal Cotton de Salaberry-de-Valleyfield entraîne l'intervention de la police qui, en chargeant les grévistes, cause la mort de l'un d'eux.

1881
Grève des 1 000 débardeurs du port de Montréal ponctuée de violence à l'endroit de briseurs de grève ; proclamation de la Loi de l'émeute et intervention de l'armée canadienne.
1882
Implantation, au Québec, des Chevaliers du travail (Knights of Labour), organisation syndicale fondée aux États-Unis en 1869.
1883
Fondation du Congrès des Métiers et du Travail du Canada (CMTC).
1885
Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau interdit aux Catholiques de faire partie des Chevaliers du travail (Noble Order of the Knights of Labor). Adoption de la Loi des manufactures par le Parlement de Québec ; cette loi qui ne s'applique que dans les établissements qui emploient moins de 40 femmes et enfants, interdit le travail des enfants de moins de 12 ans ; les filles de moins de 14 ans ne peuvent travailler dans les manufactures à moins d'y être autorisées par leurs parents ; cette loi fixe à 10 heures par jour et 60 heures par semaine la durée maximale du travail des filles et garçons de moins de 18 ans ; le travail de nuit des femmes est interdit.
1886
Fondation de l'American Federation of Labour par les unions de cigariers, de typographes, et d'ouvriers de l'imprimerie, du bâtiment, des chemins de fer, de la métallurgie, du bois, des brasseries et du tabac.

Fondation du Conseil central des métiers et du travail de Montréal (CCMTM) affilié au Congrès des Métiers et du Travail du Canada (CMTC) par, entre autres, Louis Guyon, futur premier sous-ministre du Travail du Québec, et le typographe, Alphonse-Télesphore Lépine.
Fondation du Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) par les Chevaliers du Travail et les unions internationales de métier.
Institution d'une commission royale d'enquête sur les relations entre le capital et le travail par le gouvernement du Canada.
Première célébration de la fête du Travail le premier kundi du mois de septembre
1889
Mise sur pied du Comité exécutif provincial du Québec du Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) comme porte-parole dans les discussion avec le gouvernement du Québec.
1892
Les unions du bâtiments se séparent du Conseil central des métiers et du travail de Montréal (CCMTM) et fondent le Conseil des métiers de la construction de Montréal.
1894
Adoption de la Loi des établissements industriels par le Parlement de Québec; cette loi s'applique dans les établissements qui emploient plus de 20 femmes et enfants ; dans les industries dangereuses, insalubres ou incommodes, le travail est interdit aux garçons de moins de 16 ans et aux filles de moins de 18 ans ; pour les autres industries le travail est interdit aux garçons de moins de 12 ans et aux filles de moins de 14 ans.
Le Parlement du Canada décrète que le premier lundi de septembre est le jour de la fête du travail et est désormais un congé annuel férié.
1897
Quatre syndicats de métier dirigés par Joseph-Alphonse Rodier quittent le Conseil central des métiers et du travail de Montréal (CCMTM) pour fonder le Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal (CFMTM); le premier ne survivra pas à ce départ.
1899
Grève de 5 000 ouvriers de la chaussure au Québec représentés par les Chevaliers du Travail.

Période 1900-1950

1900
L'évêque de Québec, Mgr Louis-Nazaire Bégin intervient dans un conflit entre l'Association des manufacturiers de la chaussure et les 3 syndicats de la chaussure de Québec ; à la suite de sa médiation, les syndicats sont reconnus à la condition qu'ils amendent leur constitution pour la rendre conforme à la morale catholique et qu'ils acceptent de soumettre leur futur conflit à l'arbitrage.

Le nombre de travailleurs syndiqués atteint 12 000 (5 % des salariés au Québec).

Le nombre de membres des unions internationales affiliées au Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) atteint 8 000 au Québec.

Adoption par le Parlement du Canada d'une loi prévoyant le recours à la conciliation pour prévenir ou régler des différends entre patrons et salariés de compétence fédérale.
1901
L'Ordre des Chevaliers du travail ne compte plus que 15 assemblées au Québec.
Le Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal compte une quarantaine de syndicats représentant plus de 15 000 ouvriers.
Adoption par le Parlement de Québec d'une loi prévoyant le recours à la conciliation pour prévenir ou régler des différends entre patrons et salariés de compétence provinciale.
1902
Parce qu'ils ne sont pas intégrés à l'une ou l'autres des unions internationales, les syndicats nationaux, entre autres, le Conseil central de Montréal, le Conseil central de Québec, 7 assemblées de l'Ordre des Chevaliers du travail, 4 syndicats de Montréal et 2 de Québec membres de la Fédération canadienne des cordonniers, sont expulsés du Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) et fondent le Congrès national des métiers et du travail du Canada (CNMTC).
1903
Le Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal (CFMTM) adopte le nom de Conseil des métiers et du travail de Montréal (CMTM).

L'évêque de Montréal, Mgr Louis-Joseph-Napoléon-Paul Bruchési, publie une lettre pastorale soulignant les dangers que courent les ouvriers catholiques membres d'unions internationales. Adoption par le Parlement de Québec de la Loi des dépôts volontaires (Loi Lacombe); cette loi permet aux petits salariés de rembourser progressivement leurs dettes sans risque de saisie de leurs biens.
(28 avril) Mise en application de la loi martiale sur le territoire du port de Montréal où les 2 200 débardeurs, membres de l'Union internationale des débardeurs du port de Montréal, sont en grève ; la police prend possession du port aidée par la milice ; des débardeurs indépendants travaillent sous la protection des forces armées.
(11 mai) La grève des débardeurs du port de Montréal se termine par la reconnaissance de l'Union internationale comme représentant des débardeurs, la préférence d'embauche pour les débardeurs qui avaient travaillé durant les saisons précédentes (ancienneté), l'augmentation de leur salaire horaire à 25 sous et la renonciation mutuelle à toute représaille contre ceux qui avaient fait la grève ou qui avaient refusé de la faire.
1904
Grève de 3 mois des travailleurs de la constructions membres des unions internationales à Montréal ; ils obtiennent l'atelier syndical fermé.
1905
Grève des plâtriers et des charrettiers de Montréal. L'Union internationale des ouvriers de la chaussure supplante la Fédération canadienne des cordonniers.
1906
L'évêque de Valleyfield, Mgr Joseph-Médard Émard, invite les travailleurs à former des syndicats nationaux.

Grève dans l'industrie du textile et grève des travailleurs de l'amiante.
Adoption par le Parlement fédéral de la Loi du dimanche qui interdit le travail non urgent et non humanitaire au cours de cette journée.
(8 octobre) Tragédie mortelle ; en grève depuis le 12 septembre 1906, les 400 membres de l'Union internationale employés par la compagnie MacLaren à Buckingham affrontent les briseurs de grève et les gardes privés armés embauchés par la compagnie; la police de la municipalité, dont le maire est gérant de la compagnie, intervient également ; les gardes privés ouvrent le feu sur les grévistes ; la Loi de l'émeute est proclamée, l'armée canadienne intervient ; bilan : 2 morts, Thomas Bélanger, président de l'union, et François Thériault, secrétaire de l'union, et plusieurs blessés; plusieurs grévistes sont arrêtés, puis condamnés à l'emprisonnement; après la grève, la compagnie établit une liste des employés qu'elle ne veux plus reprendre à son emploi et la ville se vide de 20% de ses habitants.
1907
L'Ordre des Chevaliers du travail ne compte plus que 3 assemblées au Québec. Le Conseil national des métiers et du travail du Canada adopte le nom de Fédération canadienne du travail.
Fondation de la Fédération ouvrière du Nord, à Chicoutimi par l'abbé Eugène Lapointe ; c'est le premier syndicat catholique.

Adoption par le Parlement du Canada de la Loi des enquêtes relatives aux différends industriels (Loi Lemieux) ; cette loi interdit tout débrayage avant la fin d'une période obligatoire de conciliation pour prévenir ou régler des différends entre patrons et salariés dans les services dits d'intérêt public (transports, ports, communications, mines).
1908
Grève des 6 000 membres de la Fédération des ouvriers du textile du Canada salariés de la Dominion Textile à Montréal, Magog et Montmorency (Beauport) qui a coupé les salaires de 10 % ; la Fédération ne peut faire réembaucher les principaux leaders syndicaux.
1909
Adoption par le Parlement provincial de la Loi des accidents de travail; établit une présomption que l'accident a été causé par la déficience de l'employeur, mais le travailleur doit poursuivre l'employeur devant les tribunaux ordinaires.

Adoption par le Parlement de Québec d'un amendement à la Loi des établissements industriels ; cet amendement interdit le travail des filles et des garçons de moins de 14 ans.
1910
Fondation de l'Union expérimentale des agriculteurs de Québec.
Le gouvernement du Québec ouvre ses bureaux de placement de la main-d'oeuvre gratuits.

Le nombre de travailleurs syndiqués atteint 25 000 au Québec.
1911
Dissolution de la Fédération canadienne des cordonniers.

Plusieurs syndicats nationaux de la ville de Québec se dissocient de la Fédération canadienne du travail et fondent le Conseil central national du district de Québec et de Lévis.
(Janvier) Lors d'une réunion organisée par la Fédération des Ligues du Sacré-Coeur, un groupe de prêtres recommande à l'épiscopat catholique la fondation d'organisations syndicales confessionnelles formées exclusivement de catholiques canadiens pour contrer la menace que constituaient les unions internationales américaines sur la morale des travailleurs.
1912
En réaction à la venue à Chicoutimi et à Jonquière d'organisateurs des unions internationales, l'évêque de Chicoutimi, Mgr Michel-Thomas Labrecque, confie à Mgr Eugène Lapointe la responsabilité de fonder la Fédération ouvrière mutuelle du Nord pour défendre les intérêts religieux, sociaux et économiques de ses membres.
Grève de 6 semaines des 3 000 tailleurs et presseurs membres de l'Union des travailleurs amalgamés du vêtement d'Amérique à Montréal.
1913
Des prêtres de Trois-Rivières fondent la Corporation ouvrière catholique en réaction à une grève de l'Union internationale des ouvriers de la chaussure.
1914
Fondation de la Fédération ouvrière catholique de Montréal sous l'instigation de Arthur Saint-Pierre.
1915
Fondation de l'Union catholique des ouvriers mineurs de Thetford par Mgr Roy, chargé des oeuvres sociales du diocèse de Québec.
Le syndicat indépendant des travailleurs de la compagnie E.B. Eddy de Hull devient catholique et demande la nomination d'un aumônier.
Grève du Syndicat des mineurs de Thetford Mines.
1916
Fondation du journal Le Monde Ouvrier par Gustave Francq, l'un des fondateurs de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
Les syndicats catholiques comptent 4 000 membres.
1917
L'Union nationale des ouvriers de la Rive-Sud de Québec devient catholique.
1919
Fondation du Syndicat des employés de la compagnie Julius Kayser, le premier syndicat catholique du diocèse de Sherbrooke.
Fondation, à Saint-Hyacinthe, du Syndicat catholique des menuisiers sous l'impulsion de l'abbé Duranleau.
Première grève de travailleuses au Québec, les allumettières de la compagnie E.B. Eddy Ltd.
Adoption, par le Parlement de Québec, d'un amendement à la Loi des établissements industriels; cet amendement interdit le travail des filles et des garçons de moins de 16 ans qui n'ont pas complété leur sixième année d'études; il fixe le salaire minimum des femmes travaillant dans un établissement industriel.
Le nombre de travailleurs syndiqués atteint 80 000 ou 14 % des salariés au Québec.
Le nombre de membres des unions internationales affiliées au Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) atteint 50 000 au Québec.
1920
Fondation du Conseil central de Montréal sous la présidence de Alfred Charpentier.

Fondation, dans le diocèse de Sherbrooke, du Syndicat des barbiers, du Syndicat des employés de la compagnie Paton, du Syndicat des policiers et pompiers de la ville de Sherbrooke et du Syndicat des employés de magasins, et, enfin du Conseil central catholique de Sherbrooke.
1921
Récession économique ; le quart de la main-d'oeuvre du Québec est sans emploi.
(25 juin) Grève des 310 membres du Syndicat catholique des policiers et pompiers de Québec.
(Septembre) Congrès de fondation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada CTCC à Hull pour regrouper les syndicats catholiques formés à l'instigation des évêques du Québec et dont les membres oeuvrent dans les secteurs privé et public du Canada ; fondée essentiellement en réaction au syndicalisme international qui néglige les valeurs qui tiennent à coeur aux évêques et travailleurs catholiques québécois : l'appartenance nationale, la foi religieuse et la nécessité de changements sociaux fondamentaux ; son caractère confessionnel se traduit par l'épithète «catholique«, la présence d'un aumônier, l'adhésion à la doctrine sociale de l'Église et l'obligation d'être catholique pour obtenir les droits de membre actif.
La ville de Québec compte 27 syndicats catholiques, celles de Montréal, 23, de Chicoutimi, 15, de Hull, 12 et de Trois-Rivières, 9.
1922
Les 120 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 17 600 membres (24,1 % des syndiqués québécois).
1923
Fondation de la Fédération des pulperies et papeteries du Canada (CTCC).
1924
Fondation de la Fédération catholique des métiers du bâtiment (CTCC) par les syndicats de la construction de Montréal ; pour la construction d'édifices religieux, le clergé accorde préférence d'emploi aux travailleurs de la construction membres des syndicats affiliés à la Fédération.
Adoption par le Parlement de Québec de la Loi des syndicats professionnels ; inspirée de la législation française, cette loi accorde une personnalité juridique au syndicat qui le désire, et une valeur juridique et légale à une formule de convention collective.
Fondation de l'Union catholique des cultivateurs (UCC).
(Automne) La compagnie E.B. Eddy de Hull déclare un lock-out et toutes les allumettières sont congédiées ; la compagnie offre de ne réembaucher que celles qui signeront un engagement individuel de ne pas appartenir à un syndicat ; les allumettières refusent et la compagnie cède après 2 mois de fermeture.
1925
Fondation de la Fédération catholique des métiers de l'imprimerie (CTCC).
Refonte de la Loi des accidents de travail de 1909 ; les employeurs sont tenus de détenir une assurance couvrant les risques d'accident.
Création de la Commission du salaire minimum des femmes par le gouvernement du Québec.
1926
Fondation de la Fédération catholique des ouvriers du textile (CTCC).
Adoption par le Parlement du Canada de la loi des pensions de vieillesse (70 ans et plus) ; le Gouvernement fédéral offrant de payer la moitié du coût à la condition que le Gouvernement provincial fasse de même. Grève de 4 mois des trois syndicats (CTCC) représentant 3 000 travailleurs de 14 usines de l'industrie de la chaussure de Québec ; les employeurs ouvrent leurs portes à ceux qui veulent retourner au travail et embauchent des nouveaux ouvriers pour remplacer les récalcitrants ; les syndicats abandonnent la lutte.
Les 103 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 15 450 membres (20,2 % des syndiqués québécois).
1927
Fondation du Conseil central de Saint-Hyacinthe.
Fusion de la Fédération canadienne du travail (confinée au Canada anglais depuis le départ des syndicats québécois en 1908), avec la Fraternité des employés (non itinérants) de chemins de fer (expulsée du Congrès des métiers et du travail du Canada en 1921) pour former le Congrès pancanadien du travail (CPT).
1928
Signe de début récession économique, les ouvriers du textile ne pouvant payer leur cotisation, la Fédération catholique des ouvriers du textile (CTCC) cesse ses activités.
Création de la Commission des accidents de travail chargée d'administrer et d'appliquer la Loi des accidents de travail.
Le nombre de travailleurs syndiqués descend à 75 000 ou 10,5 % des salariés au Québec.
1929
(29 octobre) Krach boursier indiquant l'ampleur de la récession qui devient une crise économique mondiale.
1930
Les gouvernements commencent à verser des allocations de subsistance dites «secours direct» aux chômeurs ; 240 000 personnes reçoivent cette aide à Montréal.
1931
Fondation de la Fédération nationale catholique des métiers de la chaussure (CTCC).
Le Parlement de Québec adopte une refonte de la Loi des accidents de travail qui reconnaît désormais la responsabilité collective des employeurs pour les accidents de travail au Québec, reconnaît les maladies industrielles parmi les accidents de travail et impose aux patrons l'obligation de cotiser dans un fond commun d'indemnisation des accidents de travail qui sera géré par une commission gouvernementale appelée Commission des accidents de travail.
Les 120 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC comptent 15 587 membres (21,6 % des syndiqués québécois).
1933
Crise économique mondiale ; ses effets au Québec par rapport à celle de 1929 ; chute des investissements : 16 %; chute de la valeur de la production : 45 % ; chute de la main d'oeuvre manufacturière, 24 % ; chute moyenne des salaires : 40 %; augmentation du taux de chômage : 30 %, au Canada, 40 % à Montréal.
1934
Adoption par le Parlement de Québec de la Loi des décrèts d'extension des conventions collectives.
Le gouvernement du Québec fixe à 55 heures par semaine la durée maximale du travail des femmes et celle des garçons de moins de 18 ans.
(21 août) À l'instigation de la Ligue d'unité ouvrière, une centrale fondée à l'instigation du Parti communiste, 4 000 membres du Syndicat industriel des ouvriers de l'aiguille, dont la majorité est constituée de femmes, entreprennent une grève qui se soldera par l'échec et la disparition du Syndicat dans plusieurs fabriques de corsage ; la Ligue sera elle-même dissoute en 1935.
1935 La Fédération nationale catholique du textile (CTCC) reprend ses activités.
Fondation de la Fédération des barbiers et coiffeurs (CTCC).
Mise en branle du plan Vautrin (du nom de Irénée Vautrin) qui permet l'établissement de 3 000 colons et de leur famille en Abitibi et dans le Bas-du-Fleuve, diminuant ainsi le nombre des chômeurs au Québec.
Adoption par le Parlement fédéral de la Loi du salaire minimum pour les institutions relevant de sa compétence.
Fondation aux États-Unis du Committee of Industrial Organizations (CIO).
1936
Après dix ans de tergiversation le Parlement provincial accepte de participer au régime fédéral des pensions de vieillesse pour les citoyens de 70 ans et plus.

Les 190 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 33 170 membres (37 % des syndiqués québécois).
Fondation de la Fédération nationale catholique du vêtement (CTCC).

Fondation de la Fédération des employés de l'amiante (CTCC).
Fondation, à Clermont, du premier syndicat d'institutrices rurales par Laure Gaudreault.
Aux USA, l'American Federation of Labor (AFL) expulse de ses rangs les unions membres du Committee of Industrial Organizations (CIO).
1937
Fondation de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ) ; son premier président est Raoul Trépanier de l'Union des employés de tramways de Montréal ; cette section provinciale du Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC, AFL), dominée par les unions internationales de métier, remplace le Comité exécutif provincial du CMTC créé en 1892.
Fondation de la Fédération des institutrices rurales et fondation de la Fédération des instituteurs ruraux.
Grève de 25 jours des 9 000 employés syndiqués de la Dominion Textile ; la Fédération du textile en sort affaiblie et perd tous ses syndicats affiliés de Montréal et de Salaberry-de-Valleyfield.
Adoption par le Parlement de Québec de la Loi des salaires raisonnables pour les institutions relevant de sa compétence (sauf les travaux publiics exécutés pour le gouvernement) et création de l'Office des salaires raisonnables pour établir ce salaire et en assurer le respect.
1938
Fondation de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ).
Fondation de la Fédération des employés du commerce, de l'industrie et de la finance (CTCC).
Fondation de la Fédération catholique du meuble.
Le gouvernement du Québec fixe à 48 heures la durée normale de la semaine de travail dans la plupart des industries à l'exception des établissements commerciaux (54 hrs) et des boulangeries, fonderies, scieries, travaux publics et industries saisonnières (60 hrs).
Aux USA, le Committee of Industrial Organizations adopte le nom de Congress of Industrial Organizations (CIO).
Fondation du Comité canadien du Congress of Industrial Organizations (CIO).
1939
Fondation du Conseil central de Victoriaville (CTCC). Fondation de la Fédération des pêcheurs unis du Québec.
Le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) expulse les unions membres du Comité canadien du Congress of Industrial Organizations (CIO).
1940
Les 239 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC comptent 46 340 membres (33,1 % des syndiqués québécois). Fondation de la Fédération nationale catholique des gantiers (CTCC).
Fondation de la Fédération nationale catholique du meuble (CTCC).
L'Office des salaires raisonnables devient la Commission du salaire minimum. Adoption de la Loi de l'assurance chômage par le Parlement du Canada.
Fondation du Congrès canadien du travail (CCT), le pendant canadien du Congress of Industrial Organizations-CIO des USA.
Fondation du Conseil du travail de Montréal affilié au Congrès canadien du travail (CCT). Première convention collective dans l'enseignement.
1941
(Juillet) Grève des 4 500 employés de l'Aluminum Company of Canada ; la Loi des mesures de guerre est invoquée et l'armée canadienne intervient pour y mettre fin.
1942
Adoption par le Parlement de Québec de la loi créant le Conseil supérieur du travail.

Adoption par le gouvernement fédéral d'un programme de formation professionnelle et technique de la main-d'oeuvre.
1943
Fondation de la Fédération nationale du bas façonné et circulaire (CTCC).
Fondation de la Fédération catholique de l'industrie du bois (CTCC).
Fondation de la Fédération des employés de l'industrie de l'aluminium (CTCC).
Grève de 4 syndicats catholiques de la pulpe et du papier employés par la compagnie Price de Chicoutimi ; la compagnie ayant fait des ententes avec des unions internationales disait craindre les représailles, et elle ajoutait qu'elle ne pouvait reconnaître des syndicats catholiques puisque certains de ses employés n'étaient pas catholiques ; le gouvernement, appelé à intervenir, reconnaît que les syndicats CTCC représentent la majorité des salariés de Price, oblige cette dernière à négocier avec ces syndicats, mais impose à ceux-ci de soustraire le mot «catholique« de leur nom et d'accorder l'égalité de droits et privilèges à tous leurs membres indépendamment de leur religion.
1944
Adoption par le Parlement de Québec de la Loi des relations ouvrières qui prévoit l'obligation de négocier de bonne foi, le monopole de représentation et l'accréditation des syndicats par la Commission des relations ouvrières créée en vertu de la même loi, le recours obligatoire à la procédure de conciliation et d'arbitrage avant de déclencher une grève ou de déclarer un lock-out ; cette loi enlève le droit de grève dans les services publics dont les relations de travail seront régies par la Loi sur les différends entre les services publics et leurs salariés également adoptée au cours de la même année et qui prévoit l'arbitrage obligatoire.
Grève des employés de la Commission de transport, des policiers, des pompiers et des cols bleus de Montréal ; l'armée canadienne est appelée à intervenir pour assurer l'ordre dans les rues ainsi que la sécurité des gens.
1945
L'Association catholique des institutrices rurales, la Fédération provinciale des instituteurs ruraux et la Fédération des instituteurs et institutrices des cités et villes. fusionnent et fondent la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec.

Appelés à représenter des non-catholiques en vertu de Loi des relations ouvrières, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) accepte qu'il ne soit plus nécessaire d'être catholique pour adhérer à un syndicat catholique.

La Fédération nationale catholique de l'amiante (CTCC) devient la Fédération nationale catholique de l'industrie minière (CTCC).
Fondation de la Fédération nationale de la métallurgie (CTCC).
La Fédération nationale de la métallurgie (CTCC) absorbe la Fédération nationale de l'aluminium (CTCC).
Fondation du Conseil central de Rimouski (CTCC). Fondation du Conseil central de Drummondville (CTCC).
Fondation du Conseil central de Joliette (CTCC).
Adoption par le Parlement du Canada de la Loi des allocations familiales.
Adoption par le Parlement de Québec de la Loi de l'aide à l'apprentissage. Le nombre de syndiqués atteint 200 000 au Québec (20 % des salariés).
1946
Fondation de la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec.
Les 338 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 62 960 membres (24,2 % des syndiqués québécois).
La Confédération des travailleurs catholiques du Canada s'affilie à la Confédération internationale des syndicats chrétiens.
Fondation de l'Alliance des infirmières (CTCC).

Dans une décision arbitrale qu'il rend à la suite d'une grève de 99 jours des travailleurs de la compagnie Ford à Windsor, Ontario, le juge Ivan Rand, moyennant certaines conditions, impose la déduction à la source de la cotisation syndicale de tous les employés, qu'ils soient ou non membres du syndicat.

Grève de 79 jours par les membres de l'International Union of Mine, Mill and Smelter Workers (CIO) employés dans les mines d'or et de cuivre de la compagnie Noranda en Abitibi ; la police provinciale utilise, pour la première fois, des gaz lacrymogènes pour réprimer une manifestation.
(Été) Grève de 100 jours par plus de 6 000 membres de l'union des Ouvriers unis du textile d'Amérique (CIO) employés dans 5 filatures de la Dominion Textile à Montréal et à Salaberry-de-Valleyfield ; à ce dernier endroit, la grève est marquée par une émeute et l'arrestation de Madeleine Parent et de Kent Rowley, des militants communistes, et du président du syndicat, Trefflé Leduc.
1947
Fondation de la Fédération nationale des employés municipaux (CTCC).
Fondation de la Fédération nationale des services hospitaliers (CTCC).
Le nombre de syndiqués atteint 375 000 au Québec (30 % des salariés).
Grève des 6 000 membres de syndicats affiliés à la CTCC employés par la Dominion Textile à Sherbrooke, à Magog, à Drummondville et à Montmorency.
Grève de 5 mois par les membres de l'union des Ouvriers unis du textile d'Amérique (CIO) employés par la Dominion Ayers ; la police provinciale arrête l'organisatrice syndicale, Madeleine Parent, et le président du syndicat local, Azellus Beaucage, qui seront reconnus coupables de conspiration séditieuse et condamnés à 2 ans de prison ; ils seront cependant acquittés en 1954.
Grève des 1 500 membres du Syndicat international des salaisons (CIO) employés par les grandes salaisons (Canada Packers, Swift, etc.) de Montréal ; 250 grévistes sont arrêtés dont Roméo Mathieu, le premier secrétaire général de Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
1948
Grève de 93 jours par les 1 200 membres du Syndicat du meuble (CTCC) de Victoriaville.
Grève des 2 000 membres du Syndicat des mineurs de Thetford-Mines (CTCC).
1949
Le Congress of Industrial Organizations expulse de ses rangs l'union des Ouvriers unis de l'électricité parce que contrôlée par les communistes.
(Janvier 1949) Grève illégale de 6 jours des membres de l'Alliance des professeurs de Montréal ; l'alliance perd son accréditation, le président, Léo Guindon, est congédié pour insubordination ; la Cour suprême du Canada invalide la désaccréditation de l'Alliance en juin 1953, mais M. Duplessis fait adopter le bill 20 (appelée aussi Loi Guindon) par l'Assemblée législative qui prévoit rétroactivement la perte automatique de l'accréditation dans le cas de grève illégale.
(14 février-23 juin 1949) Grève illégale de 4,5 mois par 5 000 travailleurs de l'amiante de la région d'Asbestos et de Thetford-Mines affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC ; ils veulent obtenir de meilleurs salaires, une participation à la gestion des entreprises, une protection contre la poussière d'amiante sur les lieux de travail et la déduction obligatoire des cotisations syndicales pour tous les salariés, membres ou non membres ; les syndicats perdent leur accréditation, des briseurs de grève sont embauchés, des injonctions sont obtenues, la loi de l'émeute est proclamée, la police provinciale intervient, plusieurs grévistes sont arrêtés ; ce conflit divise l'Église catholique ; Mgr Joseph Charbonneau, évêque de Montréal, prend le parti des travailleurs et préside à une levée de fonds et denrées pour venir en aide aux grévistes, puis il démissionne à la suite de ses prises de position contre le premier ministre du Québec, Maurice Le Noblet Duplessis ; Pierre Elliott Trudeau, futur premier ministre du Canada, prend également parti en faveur des grévistes; la grève se solde quand même par une maigre augmentation de salaire ; la poussière d'amiante continuera de faire ses ravages parmi les travailleurs.
(1er avril-25 octobre 1949) Grève de 7 mois par les marins de haute mer membres du Syndicat canadien des marins (CMTC) ; au milieu de la grève, ce syndicat est expulsé du Congrès des métiers et du travail du Canada parce qu'il serait contrôlé par des communistes.

Période 1950-2000

1950
La Fédération catholique des services hospitaliers (CTCC) adopte le nom de Fédération catholique des services (CTCC).
Le Congrès canadien du travail (CCT) expulse de ses rangs les 18 000 membres de l'union des Ouvriers unis de l'électricité et les 30 000 cotisants de l'International Union of Mine, Mill and smelters Workers parce que ces unions sont contrôlées par les communistes.
1951
Les 410 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 88 081 membres (31,5 % des syndiqués québécois).
La Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC se dote d'un fond de grève alimenté par une cotisation mensuelle de 10 cents par membre.
Le Congrès canadien du travail (CCT) expulse de ses rangs l'union des Ouvriers unis du cuir et de la fourrure parce que contrôlée par les communistes.
Le syndicat des employés du magasin Dupuis Frères affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC est accrédité.
1952
Fondation de l'Union des artistes. Fondation de la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ) par les unités syndicales affiliées au Congrès canadien du travail (CCT) et au Congress of Industrial Organizations (CIO).
Grève de 3 mois des membres de l'union des Ouvriers unis du textile d'Amérique (AFL) employés par la Dominion Textile à Montréal et à Salaberry-de-Valleyfield ; au milieu de la grève, Madeleine Parent et Kent Rowley sont expulsés de l'union parce que communistes ; l'union américaine choisit Roger Provost pour les remplacer.
(10 mars) Début d'une grève des 850 membres du Syndicat du Textile (CTCC) employés par l'Associated Textile Company de Louiseville ; la compagnie emploie des briseurs de grève, la violence éclate, les injonctions pleuvent, la police provinciale s'en mèle, des coups de feu sont tirés et des coups de bâton sont assénés par la police.
1953 Fusion de la Fédération nationale catholique de l'industrie du bois ouvré (CTCC) avec la Fédération nationale catholique du meuble (CTCC) pour former la Fédération des travailleurs du bois ouvré du Canada (CTCC).
La Fédération nationale catholique du vêtement (CTCC) absorbe la Fédération catholique des gantiers.
Fondation de la Fédération des travailleurs de l'industrie chimique (CTCC).
La Fédération des employés municipaux (CTCC) adopte le nom de Fédération des employés des corporations municipales et scolaires.
(10 février) Fin de la grève des 850 membres du Syndicat du Textile (CTCC) de Louiseville commencée le 10 mars 1952 ; un certain nombre de grévistes sont réembauchés par la compagnie, mais plusieurs demeurent au chômage.
1954
Adoption par l'Assemblée législative du Québec-ALQ d'une loi (bill 19) qui permet à la Commission des relations ouvrières de retirer l'accréditation aux syndicats dont des dirigeants ou des permanents sont soupçonnés d'être communistes.
Adoption de la loi (bill 20 ou Loi Guindon) qui prévoit la perte automatique de leur accréditation aux syndicats dont les membres font la grève ou menacent de la faire dans les services publics ; ces deux lois ont un effet rétroactif qui retourne à 1944.
1955
Les 415 syndicats affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada comptent 97 176 membres (29,4 % des syndiqués québécois).

Réunification du mouvement syndical des États-Unis ; l'American Federation of Labour (AFL) se joint au Congress of Industrial Organizations (CIO).
1956
Fusion du Congrès canadien du travail (CCT) avec le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) pour former le Congrès du travail du Canada (CTC).
1957
La Fédération nationale catholique du vêtement (CTCC) absorbe la Fédération nationale catholique du bas façonné et circulaire (CTCC).

Fusion de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ-AFL) avec la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ-CIO) pour former la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
Grève de 4 mois des 7 000 membres du Syndicat des travailleurs de l'aluminium (CTCC) employés par la compagnie Alcan à Arvida.
(8 mars-7 octobre) À la suite du congédiement du leader syndical, Théo Gagné, par la Gaspé Copper Mines (Noranda), une grève illégale est déclenchée par les 1 000 mineurs employés de la compagnie ; soutenue le 19 août par une marche sur Murdochville organisée par les syndicats du Québec pour dénoncer les tactiques antisyndicales de la compagnie, cette grève est marquée par la violence de la police provinciale, des briseurs de grève et des grévistes.
1958
Fusion du Conseil des métiers et du travail de Montréal et du Conseil du Travail de Montréal (CTM) pour former le Conseil des travailleuses et travailleurs du Montréal métropolitain-CTTMM.
Première grève dans les services hospitaliers du Québec ; menée par le syndicat des infirmières de l'hôpital Sacré-Coeur de Hull affilié à la CTCC, la grève dure 1 mois.
(29 décembre) Début d'une grève des réalisateurs de CBC/Radio-Canada qui veulent la reconnaissance du syndicalisme de cadre ; la police arrête plusieurs manifestants dont Jean Marchand, secrétaire général de la CTCC, et René Lévesque, animateur de l'émission Point de Mire de la télévision de CBC/Radio-Canada.
1959
(7 mars) Fin de la grève des réalisateurs de CBC/Radio-Canada commencée le 29 décembre 1958.
1960
La Fédération catholique des métiers de l'imprimerie adopte le nom de Fédération canadienne de l'imprimerie et de l'information (CSN).
La Fédération des employés des corporations municipales et scolaires se dissocie de la CTCC.
Le nombre de syndiqués atteint 375 000 au Québec (29,8 % de la main-d'oeuvre québécoise.
Les 442 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 94 114 membres (22,6 % des syndiqués québécois).
Les unions affiliées à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) comptent 100 000 membres (24 % des syndiqués québécois).
(29 septembre) Déconfessionnalisation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada qui prend alors le nom de Confédération des syndicats nationaux (CSN) et qui exclut de ses statuts toute référence à la doctrine sociale de l'Église.
1961
Adoption par l'Assemblée législative du Québec-ALQ d'une Loi modifiant la Loi des relations ouvrières de 1944 pour réduire les délais d'exercice du droit de grève et son acquisition automatique à l'expiration d'une période de conciliation obligatoire ; cette loi interdit aux employeurs de modifier les conditions de travail dès qu'une requête en accréditation est déposée par un syndicat.
1962
Fondation du Syndicat des fonctionnaires provinciaux (CSN).
1963
Grève de 30 jours des membres de l'Alliance des infirmières (CSN) employées par l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal.
(17 février) Fin d'une grève de 185 jours des employés de la Shawinigan Chemicals de Shawinigan.
1964
La Fédération du bâtiment (CSN) absorbe la Fédération du bois ouvré du Canada (CSN) et devient la Fédération du bâtiment et du bois (CSN.
La Fédération nationale du cuir et de la chaussure est absorbée par la Fédération nationale du vêtement.
Fondation de la Fédération des professionnels salariés et cadres du Québec (CSN).
(3 juin) Début d'une grève de 7 mois par les membres du Syndicat international des typographes (union Jacques-Cartier, FTQ) suivie d'un lock-out des 900 autres employés de La Presse.
(1 septembre) Adoption par le Parlement de Québec d'une nouvelle loi des relations de travail qu'on appellera dès lors le Code du travail ; cette loi reconnaît le droit de grève dans les services publics à l'exception des services de pompiers, de police et d'agents de la paix (encadré par la possibilité pour le gouvernement de recourir à l'injonction s'il croît que la santé ou la sécurité publique sont mises en danger par une grève appréhendée ou en cours.
(4 décembre) Début d'une grève de 2 mois des membres du Syndicat des employés de la Régie des alcools (CSN).

1965
La Fédération des travailleurs du Québec crée son premier poste permanent, celui de secrétaire général ; son premier titulaire est Gérard Rancourt. Une loi du Parlement de Québec précise les conditions d'exercice du droit de grève des enseignants. Une loi du Parlement de Québec permet aux fonctionnaires de se syndiquer, de négocier collectivement leurs conditions de travail et de recourir à la grève ; leur syndicat peut en outre s'affilier à une centrale syndicale.

Grève des 4 000 membres de l'Union internationale des machinistes (FTQ) employés par Canadair. Grève illégale de 17 jours des 12 500 membres du Syndicat des postiers du Canada. Grève de 2 semaines des membres du Syndicat des chauffeurs de tramways et d'autobus de Montréal (CSN).
(Mai) Grève de 5 semaines par les ingénieurs de Hydro-Québec.
1966
Les 799 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 204 361 membres (34,5 % des syndiqués québécois).
Grève de 6 mois des membres des syndicats du textile (CSN) employés par la Dominion Textile à Sherbrooke, Magog, Drummondville et Montmorency.
Les quelque 10 000 employés de bureau, techniciens et hommes de métier à l'emploi de la nouvelle Hydro-Québec adhèrent au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).
(Avril) Grève de 30 000 membres du Conseil des métiers de la construction de Montréal (FTQ) et des syndicats du bâtiment de Montréal (CSN).
(Été) Grève des 120 000 employés non-itinérants du Canadien National et du Canadien Pacifique.

Grève de 39 jours des débardeurs des ports du Saint-Laurent (Montréal, Trois-Rivières et Québec).
(18 juillet) Début d'une grève des 32 000 employés de 139 hôpitaux du Québec.
(4 août) Fin de la grève des employés d'hôpitaux du Québec ; le gouvernement met les administrations hospitalières sous tutelle et l'administrateur, Yves Pratte, signe la première convention collective négociée à l'échelle du Québec.
1967
Le poste de président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) devient un poste à plein temps ; Louis Laberge en est le premier titulaire.
Le bureau de direction de la FTQ est formé de 9 personnes.
La Fédération des travailleurs du Québec compte 180 000 cotisants sur les 300 000 membres du Congrès du travail du Canada au Québec.
La Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec abandonne son statut confessionnel et devient la Corporation des enseignants du Québec CEQ.
(13 janvier) Début d'une grève générale des enseignants du Québec ; 217 000 enfants sont mis en congé forcé.
(20 février) Adoption par le Parlement de Québec de la Loi assurant le droit de l'enfant à l'éducation (Bill 25) ; cette loi, en plus de mettre fin aux arrêts de travail des enseignants, impose la négociation des conditions de travail à l'échelle provinciale et introduit officiellement le gouvernement à la table de négociation des commissions scolaires et de leurs syndicats ; elle fait aussi disparaître progressivement les disparités salariales entre hommes et femmes et entre commissions scolaires du Québec.
(Septembre) Grève d'un mois des 6 000 membres du Syndicat des chauffeurs d'autobus et de métro ; une loi spéciale ordonne aux grévistes de retourner au travail.
1968
Fusion de la Fédération des mines avec la Fédération de la métallurgie pour former la Fédération des syndicats des mines, de la métallurgie et des produits chimiques.
(27 février) Manifestation de milliers de personnes (dont Robert Cliche, René Lévesque, Pierre Bourgault) protestant contre la compagnie Seven Up de Mont-Royal qui refuse de reconnaître l'Union internationale des travailleurs des brasseries (FTQ) comme représentant de ses employés ; la marche se termine dans le désordre, des cocktails Molotov ayant été lancés par des membres du Front de libération du Québec-FLQ ; bilan : plusieurs blessés et des dizaines d'arrestations.
(Décembre) Adoption par l'Assemblée nationale de la Loi des relations de travail dans l'industrie de la construction du Québec (bill 290) ; cette loi oblige la négociation des conditions de travail sur une base provinciale entre les associations patronales et les syndicats de la FTQ, de la CSN et de la CSD ; le gouvernement espère ainsi mettre fin aux rivalités syndicales qui empoisonnent les chantiers de construction.
1969
Fondation de la Fédération nationale des enseignants québécois (CSN).
La Fédération nationale catholique du textile (CSN) devient la Fédération canadienne des travailleurs du textile (CSN).
(7 octobre) Grève illégale des policiers et pompiers de Montréal ; à la suite de désordres dans les rues du centre-ville, l'Armée canadienne est appelée pour assurer la sécurité ; une loi spéciale ordonne aux policiers de retourner au travail.
1970
Le nombre de syndiqués atteint 700 000 au Québec (40 % de la main-d'oeuvre québécoise).
Les 867 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 205 783 membres (29,2 % des syndiqués québécois).
La Fédération des travailleurs du Québec compte 200 000 cotisants.
La Fédération canadienne de l'imprimerie et des communications (CSN) est dissoute. Grève de 3 mois des 2 300 membres du Syndicat international des ouvriers de l'auto (FTQ) employés par la General Motors de Sainte-Thérèse-Ouest.
Adoption par l'Assemblée législative de la Loi sur les licenciements collectifs.
(Mars) Début de l'affaire des gars de Lapalme ; le ministère fédéral des Postes retire le contrat de transport du courrier de la région de Montréal à la compagnie Lapalme dont les employés sont membres d'un syndicat affilié à la CSN ; les 450 camionneurs, soutenus financièrement par la CSN, demandent leur intégration collective dans la fonction publique fédérale avec leur syndicat distinct et leur ancienneté ; cause perdue.
(10 août) Une loi spéciale met fin à une grève des travailleurs de la construction du Québec.
1971
L'aumônier de la CSN remet sa démission ; n'étant pas remplacé, il aura été le dernier aumônier ; avec lui disparaît le dernier signe de l'originelle confessionnalité de la centrale syndicale.
(19 juillet) Lock-out des 300 typographes du quotidien La Presse qui continue de paraître.
(27 octobre) Lock-out de tous les syndiqués du quotidien La Presse qui cesse de paraître.
(29 octobre) Grande manifestation de 15 000 personnes organisée par la FTQ, la CSN et la CEQ contre le quotidien La Presse ; le maire Drapeau utilise son règlement anti-manifestation, la police charge les manifestants, effectue 200 arrestations, fait plus de 300 blessés, et une femme meurt d'une crise d'asthme.
(2 novembre) Grand rassemblement de 20 000 personnes organisé au Forum de Montréal par les trois grandes centrales syndicales contre le maire Drapeau et la direction de La Presse.
1972
Fondation de la Fédération nationale des communication (FNC-CSN).
Les 1 102 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 216 560 membres (29,4 % des syndiqués québécois).
Adoption par le Parlement fédéral d'une nouvelle Loi sur l'assurance-chômage ; prévoit, entre autres, un congé de maternité payé à même le fond d'assurance chômage.
La Centrale de l'enseignement du Québec abandonne sa charte corporative pour devenir une centrale exclusivement syndicale.
(Janvier) Création d'un front commun par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Corporation des enseignants du Québec (CEQ) pour négocier ensemble les conventions collectives des secteurs public et parapublic impliquant directement ou indirectement le gouvernement du Québec.
(11 avril) Début d'une grève des 210 000 membres des secteurs public et parapublic du Québec.
(14 avril) La Cour supérieure émet des injonctions demandées par le gouvernement pour forcer le retour au travail des 12 000 grévistes de Hydro-Québec, et des 14 000 grévistes à l'emploi de 71 hôpitaux ; des dirigeants syndicaux dont les présidents de la FTQ, Louis Laberge, celui de la CSN, Marcel Pepin, et celui de la CEQ, Yvon Charbonneau incitent les grévistes à ne pas obéir à ces injonctions.
(21 avril) L'Assemblée nationale adopte la Loi ordonnant le retour au travail (Bill 19) proposée par le ministre du Travail, Jean Cournoyer ; les dirigeants syndicaux recommandent encore de défier la nouvelle loi malgré la menace d'amendes et de peines d'emprisonnement qu'elle prévoit ; un faible nombre de membres (80 000) votent à la faible majorité (55 %) de défier l'injonction ; les dirigeants jugeant ce résultat trop faible, recommandent enfin le retour au travail.
(8 mai) Accusés de mépris de cour pour avoir incité leurs membres à passer outre aux injonctions de la Cour supérieure en avril, Louis Laberge, Marcel Pepin et Yvon Charbonneau sont condamnés à un an de prison, la peine maximale prévue pour ces cas par le Code de procédure civile du Québec.
(9 mai) Les trois présidents et d'autres dirigeants syndicaux sont incarcérés à la prison de Orsainville ; 300 000 syndiqués de tous les secteurs se mettent spontanément en grève et exigent la libération de leurs dirigeants.
(21 mai) Le premier ministre, Robert Bourassa, nomme son ministre du Travail, Jean Cournoyer, pour remplacer son ministre de la Fonction publique, Jean-Paul L'Allier.
(23 mai) Le changement de ministre, interprété comme un signe de changement de politique de la part du gouvernement, incite les dirigeants syndicaux à porter leur cause en appel et ainsi, obtenir leur libération de prison.
(Juin) Des Fédérations et des syndicats représentant 72 000 membres, insatisfaits de la politisation de la Confédération des syndicats nationaux, s'en dissocient ; des syndicats représentant 30 000 membres dans les secteurs du bâtiment et du vêtement fondent la Centrale des syndicats démocratiques ; les syndicats représentant 9 000 travailleurs de l'aluminium, 30 000 fonctionnaires provinciaux et 3 000 chauffeurs d'autobus de Montréal s'en dissocient et deviennent indépendants.
1973
(2 février) La Cour d'appel du Québec ayant maintenu la sentence d'emprisonnement imposée par la Cour supérieure du Québec, et, la Cour suprême du Canada ayant refusé d'intervenir, les dirigeants syndicaux sont de nouveau incarcérés à Orsainville pour la purger comme n'importe quel autre condamné.
(16 mai) Les dirigeants syndicaux bénéficient d'une libération conditionnelle comme n'importe quel autre détenu de droit commun.
1974
La Fédération des travailleurs du Québec compte 250 000 cotisants.
(4 janvier) La compagnie United Aircraft réplique par un lockout à un sit-in de ses salariés syndiqués.
(9 janvier) Début d'une importante grève (22 mois) des membres de la section locale 510 de l'Union des Travailleurs unis de l'automobile et de l'aéronautique-FTQ employés par la United Aircraft/Pratt and Whitney pour obtenir l'indexation des salaires et l'application de la déduction syndicale obligatoire ; la compagnie ouvre ses portes et invite ses employés à revenir au travail ; lorsque le nombre de ceux qui reviennent au travail dépasse 50 % de ses effectifs, la compagnie déclare que, la majorité de ses employés acceptant ses conditions, le conflit est réglé, puis embauche des nouveaux salariés pour remplacer ceux qui demeurent en grève.
(21 mars) Des dirigeants du Conseil des métiers de la construction (FTQ) incitent des fiers-à-bras à saccager le chantier de la baie James ; cet événement, connu comme le saccage de la baie James, cause des dommages évalués à 30 millions de dollars, et engendre la création de la Commission royale d'enquête sur la violence sur les chantiers de construction (Commission Cliche) ; Yvon Duhamel, du syndicat des opérateurs de machinerie lourde sera condamné à 10 ans de prison pour crime d'incendie.
(31 mars) Tragédie mortelle ; incendie d'un dortoir de la Société d'énergie de la baie James à Matagami ; bilan : 4 morts, des travailleurs de la construction.
(13 mai) Le Congrès du travail du Canada octroie un statut particulier à la Fédération des travailleurs du Québec.
(Été) Grève de 44 jours des membres du Syndicat des employés d'entretien et de garage (CSN) de la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal ; l'Assemblée nationale est convoquée pour adopter une loi spéciale, mais le premier ministre charge son ministre du Travail, Jean Cournoyer, de trouver une solution au conflit, ce qui survient le lendemain.
Les syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) représentant 20 000 travailleurs (infirmières, professionnels du gouvernement et employés de la Société des alcools du Québec) s'en dissocient et deviennent indépendants à la suite de leur suspension pour non paiement de leur cotisation au fond de grève qui ne bénéficiait que rarement à leurs membres.
1975
(12 mai) Trente-quatre grévistes occupent l'usine de la United Aircraft et sont violemment expulsés par la Sûreté du Québec ; plus de 100 000 travailleurs affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec participent à une grève de solidarité le 21 mai 1975 ; à l'issue du conflit, l'indexation des salaires sera appliquée, mais les 34 employés qui avaient occupé l'usine ne seront pas réembauchés, et la déduction de la cotisation syndicale ne sera pas imposée.
(21 mai) Plus de 100 000 travailleurs affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec participent à une grève de solidarité avec les grévistes de la United Aircraft.
1976
Le nombre de travailleurs syndiqués atteint 900 000 (39 % des salariés du Québec).
Les 1 083 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 160 267 membres (18,8 % des syndiqués québécois).
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) compte 280 000 cotisants.
La Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) compte 95 000 membres.
La Centrale des syndicats démocratiques (CSD) compte 40 000 membres.
Le Syndicat des fonctionnaires provinciaux compte 35 000 membres.
L'union internationale des Teamsters (indépendante) compte 15 000 membres.
La Fédération des syndicats du secteur de l'aluminium (indépendante) compte 9 000 membres.
Mise en vigueur de la Loi instituant la Charte québécoise des droits et libertés.
13 avril) Grève générale des employés des secteurs public et parapublic de la province réunis en front commun.
(14 octobre) Grève générale d'une journée par 250 000 travailleurs québécois (1,2 million au Canada) pour protester contre le contrôle des salaires imposé un an auparavant par le Parlement fédéral et l'Assemblée nationale.
1977
Dans une série d'amendements au Code du travail proposés par le ministre du Travail, Pierre-Marc Johnson, l'Assemblée nationale interdit le recours aux briseurs de grève et impose la déduction obligatoire des cotisations syndicales à tous les employeurs relevant de sa compétence.
1978
Fermeture du magasin Dupuis Frères de Montréal.
1979
La Fédération des travailleurs du Québec expulse, pour non-paiement de cotisations, le Conseil provincial des métiers de la construction regroupant des filiales d'unions américaines de métier ; ne sont pas visées par cette décision, la Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité, la Fraternité des monteurs de lignes, la Fraternité des charpentiers et menuisiers, l'Union des opérateurs de machinerie lourde et l'Union des journaliers. A
doption par l'Assemblée nationale d'un amendement à la Loi des normes minimales de travail ; il est dès lors interdit aux employeurs du Québec de congédier ou de modifier les conditions de travail d'une travailleuse en état de grossesse et prévoit que le gouvernement versera 240 $ à cette dernière pendant son congé de maternité. Les travailleuses des secteurs public et parapublic gouvernementaux obtiennent un congé de maternité de 20 semaines entièrement payé.
1980
Fondation de la FTQ-Construction à laquelle s'affilient plusieurs sections locales d'unions américaines.
1981
La Fédération des travailleurs du Québec compte 315 000 cotisants. Les 1 493 syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 223 600 membres.
(Avril) La Fédération des travailleurs du Québec emménage au 2100 Papineau à Montréal.
(Novembre) La Fédération des travailleurs du Québec expulse la section locale 31 de l'Union internationale des employés d'hôtels et de restaurants qui a perdu toute crédibilité aux yeux de la Fédération.
1983
(23 juin) Adoption de la loi sur le Fond de solidarité de la FTQ par l'Assemblée nationale sur proposition du gouvernement péquiste provincial de René Lévesque.
1985
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec compte 310 000 cotisants.
(Mai) Le gouvernement fédéral conservateur de Brian Mulroney octroie au Fond de solidarité de la FTQ les avantages consentis par le gouvernement de René Lévesque en 1983.
(Novembre) La Fédération des travailleurs du Québec féminise son nom en Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.
1987 La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) compte 330 000 cotisants.
Les syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comptent 188 600 membres.
1988 Tragédie mortelle ; accident aérien ; un avion s'écrase dans la baie des Chaleurs, près de Chandler ; bilan : 4 morts, des dirigeants de la FTQ-Construction (Guy Perreault, Claude Proteau, Jean-Claude Sureau et Gaétan Boucher).
1990 Le taux de syndicalisation atteint 46,9 % de la main-d'oeuvre au Québec.
1991 La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) compte 315 000 cotisants.
1992 Le taux de syndicalisation atteint 49,7 % de la main-d'oeuvre au Québec.
1993
(Juin) La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec emménage dans son nouvel immeuble du 545 boulevard Crémazie.
1996
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) compte 354 423 cotisants (37,4 % des syndiqués québécois).
Les syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) compte 230 938 membres.
1998
Le Conseil provincial des métiers de la construction réintègre la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le taux de syndicalisation descend à 40.3 % de la main-d'oeuvre au Québec et à 33,9 % dans l'ensemble canadien.
1999
(15 mars) La Cour d'appel du Québec confirme la décision de la Cour du Québec qui condamnait le président et le secrétaire-trésorier du Syndicat des cols bleus de la ville de Montréal à 6 mois de prison pour leur participation au saccage de l'Hôtel de ville survenu le 13 septembre ; ce syndicat est une section locale du Syndicat canadien de la fonction pulique affilié à la Fédération des travailleurs du Québec ; les deux hommes sortent de prison le 21 avril, un mois après leur incarcération, le 21 mars précédent.
(26 juin) Les 47 000 membres de la Fédération des infirmières du Québec partent illégalement en grève.
(17 juillet) La Fédération des infirmières adoptent l'entente intervenue entre le gouvernement et ses négociateurs.
2000
(27 avril) Assassinat de André Desjardins, 69 ans, ancien directeur général du local 144 de l'Association internationale des plombiers et tuyauteurs d'Amérique ; il aurait déjeuner, la veille, avec Maurice Mom Boucher, le chef des Hell's Angels Nomads ; dans les années 1970, il était considéré comme le roi de la construction au Québec parce qu'il controlait tous les syndicats affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec.
2001
Le taux de syndicalisation remonte à 40.4 % de la main-d'oeuvre au Québec et à 32,2 % au Canada.
2003
Le taux de syndicalisation monte à 41,5 % de la main d'oeuvre au Québec.
2005
Le taux de syndicalisation descend à 40,5 % de la main-d'oeuvre au Québec et à 30,6 % au Canada et 13,7 % aux États-Unis ; le taux de syndicalisation des employés de l'État et des administrations publiques (municipalités, sociétés gouvernementales, commissions scolaires, santés et services sociaux) atteint 81 % en 2005 alors que les employés du secteur privé sont syndiqués à 27 %.
(16 décembre) Par l'adoption d'une loi spéciale, l'Assemblée nationale met fin à une série d'arrêts de travail et impose les conditions de travail jusqu'en 2010 aux 525 000 employés qui émargent au budget de l'État québécois.
2009
(11 mai) Signature d'une convention de non-maraudage les unes chez les autres et création d'un front commun pour négocier avec les partenaires patronaux des secteurs publics et parapublics du Québec ; il comprend le Secrétariat intersyndical des services publics (coalition composée de la Centrale des syndicats du Québec - CSQ, 120 000 membres, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FISQ, 57 000 membres, le Syndicat de la fonction publique du Québec - SFPQ, 40 000 membres), la Confédération des syndicats nationaux - CSN (160 000 membres dont la majorité dans le domaine de la santé) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec - FTQ (50 000 membres) ; les demandes salariales du front commun sont une augmentation de 11,25 % sur 3 ans ( 1,75 % au titre du rattrapage et 2 % par année d'augmentation).
2011 Le taux de syndicalisation descend à 39,5 % de la main-d'oeuvre au Québec et à 29,9 % au Canada. Le taux de syndicalisation aux États-Unis est de 13 % ; en Ontario il est de 28%. N.B. Au Québec, à peu près tous les employés des secteurs public et parapublic et ceux du secteur de la construction sont syndiqués à 100 %.
2012
(30 janvier) La Commission des relations de travail du Québec blâme le Gouvernement du Québec pour avoir négocié de mauvaise foi, du moins pour les salaires, lors de la série de négociations du secteur public en 2005 ; la Commission accueille en bonne partie les plaintes déposées par plusieurs syndicats dont celui des employés professionnels et de bureau affilié à la FTQ, de la CSD et du Syndicat de la fonction publique du Québec et du syndicat des professionnels du Gouvernement. Lors de ces négociations, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget avait indiqué dès le départ que que le gouvernement n'offrirait que 12,6 % d'augmentation salariale pour six ans, y compris la correction de l'inéquité salariale. le Gouvernement a maintenu cette position jusqu'à ce que l'Assemblée nationale adopte une loi spéciale et impose l'échelle de salaire proposée par le Gouvernement. La Commission convoque les parties à une audience afin de décider les remèdes à ordonner s'il y a lieu.


crédits :

Histoire du mouvement ouvrier au Québec - 150 ans de lutte (coédition de la Confédération des syndicats nationaux CSN et de la Centrale de l'enseignement du Québec CEQ, 1984)
Le syndicalisme québécois. Deux siècles d'histoire (histoire, Boréal, 2004)
Les débardeurs du port de Québec (Peter Bischoff, Éditions Hurtubise, 2009)
L'expérience syndicale au Québec : ses rapports à l'État, la nation et l'opinion publique (essai, vlb éditeur, 2009)
Une histoire du syndicalisme enseignant. De l'idée à l'action (Anik Meunier et Jeabn-François Piché, Presses de l'Université du Québec, 2012)
Le quotidien Le Devoir du 11 juillet 2012, page B#.
Libérez-nous des syndicats (essai, Éric Duhaime, éditions Genex, 2013)
Le «Partenariat social » Sommet socio économique de 1996, syndicats et groupes populaires (receuillis par Ghislaine Raymond, M éditeur, 2013)

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