Cimetière Sun Quarry de Chérisy (Pas-de-Calais, France). (Guerre 1914-1918)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Chérisy est un village situé à environ 13 km à l'est d'Arras.

Le cimetière Sun Quarry est situé à 1.5 kilomètres au sud-ouest du village, du côté nord-ouest de la route D38 qui mène à Hendecourt.
Le village de Cherisy a été capturé par la 18e Division alliée le 3 mai 1917, mais il a été repris la même nuit par les Allemands, qui s'y sont maintenus jusqu'à ce que le Corps canadien le reprenne, le 27 août 1918.
Le cimetière porte le nom d'une carrière de silex située à courte distance au sud-est de Cherisy et que l'armée britannique avait surnommée « sun quarry ».
Le cimetière a une superficie de 462 mètres carrés et est entouré d'un mur de briques.

Signification des abréviations -

All. = Allemagne
Btl = Bataillon ou Battalion
CAC = Canadian Artillery Corps
CEC = Canadian Engineers Corps
CEF = Canadian Expeditionary Force
CFC = Canadian Forester Corps
CIQR = Canadian Infantry Quebec Regiment
CINBR = Canadian Infantry New Brunswick Regiment
CMRC = Canadian Mounted Rifle Corps
CWGC= Commonwealth War Graves Commission
CYR = Carleton & York Regiment
FA = Field Ambulance
FMR = Fusiliers Mont-Royal
Fr = France
LEM = Loyal Edmonton Regiment
P.-B. = Pays-Bas
PPCLIR = Princess Patricia's Canadian Light Infantry Regiment
R22eR = Royal 22e Régiment
RCASC = Royal Canadian Army Service Corps
RFC = Royal Flyng Corps
Rgt = Régiment
WNSR = West Nova Scotia Regiment
> = affecté au

Militaires de régiments québécois inhumés dans ce cimetière

 UnitéDate du décès
Achorn, Lester Bruhut22e Btl - CIQR27 août 1918
Bélanger, Alfred22e Btl - CIQR28 août 1918
Boivin, Adélard-Léopold9th Rgt > 22e Btl - CIQR27 août 1918
Chartier, Joseph-Oscar22e Btl - CIQR27 août 1918
Gagné, Wilfrid41st Btl > 22e Btl - CIQR27 août 1918
Laberge, Arthur22e Btl - CIQR27 août 1918
Laforce, Roméo22e Btl - CIQR27 août 1918
Lavoie, Joseph-A.189th Btl > 22e Btl - CIQR28 août 1918
Savard, Adrien163rd Btl27 août 1918
Simard, Georges-Wilfrid22e Btl - CIQR28 août 1918




http://www.vac-acc.gc.ca/souvenir/sub.cfm?source=collections/monumentvirtuel/details&casualty=530630


La valeur patrimoniale du cimetière
Over the Top, par le peintre belge Alfred Bastien, 1918.


Le Cimetière Québec est l'un des 861 cimetières dans lesquels sont enterrés des soldats canadiens tombés pendant la Première Guerre mondiale en France et en Belgique. Il s'agit d'un livre d'histoire à ciel ouvert. La concentration d'un nombre important de corps sur ce site témoigne de la férocité de la bataille. Très calme aujourd'hui, le site représentait à l'été de 1918 l'exemple typique d'un champ de bataille de la guerre des tranchées. Trous d'obus, fils de fer barbelés, corps à perte de vue, bruit infernal.

L'objectif initialement fixé par le commandement avait été atteint, puis perdu le lendemain. À cette défaite amère s'ajoutent des pertes effarantes pour le 22e bataillon. L'unité a été anéantie et c'est ce qu'il importe de lire entre les lignes du Cimetière Québec. C'est l'horreur de la bataille d'Arras, dont Chérisy était un objectif. Le but étant de percer la fameuse Ligne Hindenburg. Ce cimetière a aussi la caractéristique de posséder à la fois un nom francophone et d'y concentrer un grand nombre de sépultures de soldats canadiens-français, la plupart de la province de Québec. À notre connaissance, c'est pour ainsi dire le seul cimetière canadien de la guerre de 1914-1918 à posséder ces caractéristiques.

Efforts de mise en valeur
La question de la mise en valeur du Cimetière Québec est problématique à plus d'un égard. D'abord, le cimetière est « mis en valeur » dans le cadre des travaux d'entretien et de restauration menés par le personnel britannique de la CWGC. À ce titre, le gouvernement canadien, de même que d'autres États membres du Commonwealth, contribuent chaque année au budget de la CWGC. Par contre, le cimetière est situé au milieu d'un champ. Les agriculteurs y travaillent et l'état des routes dans le secteur ne permet pas d'y avoir un accès direct.

Au-delà de la mise en valeur physique du lieu, peu est fait au Québec et au Canada pour entretenir le souvenir du Cimetière Québec et de la bataille de Chérisy. En raison des pertes et de l'objectif non atteint, cet affrontement peut être considéré comme l'une des pires défaites de l'histoire militaire du Québec. Pendant longtemps, l'évocation de la bataille de Chérisy était un sujet tabou parmi les vétérans du 22e bataillon devenu le Royal 22e Régiment. La littérature sur le sujet est également peu éloquente. Les rares auteurs qui s'y sont risqués, pour certains des vétérans du 22e, ont évité d'approfondir le sujet, de peur de heurter des sensibilités.

Malgré le fait que le cimetière soit situé sur un point culminant du champ de bataille, la fréquentation du site pose un autre problème. Si l'on se fie au registre des visiteurs que renferme chaque cimetière sous administration de la CWGC, une poignée seulement se rend au Cimetière Québec chaque année. Par ailleurs, la bataille de Chérisy n'est pas enseignée dans les livres d'histoire, contrairement à d'autres épisodes de l'histoire militaire du Québec. La mise en valeur du Cimetière Québec est donc tributaire d'une mise en valeur des événements, chose qui ne s'est à peu près jamais faite.

En résumé, aucune mise en valeur sérieuse ne s'est faite au Québec, ni au Canada. Aucun monument, statue ou plaque n'évoque l'affrontement de façon explicite. Aucune cérémonie civile ou militaire ne commémore la tragédie. Le Cimetière Québec ne fait pas partie du circuit touristique qu'empruntent les Canadiens qui se déplacent en France et en Belgique pour visiter les champs de bataille de la guerre de 1914-1918. On connaît les batailles de Vimy, Beaumont-Hamel, Ypres et les cimetières et mémoriaux qui leur sont associés. Cependant, la bataille de Chérisy vécue à travers le Cimetière Québec demeure une étape inexplorée, voire ignorée.

Alfred Bastien

Études à l'Académie royale des beaux-arts de Gand chez Jean Delvin en 1882 et à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles chez Jean-François Portaels en 1891.
Ensuite, il étudie aux Beaux-Arts à Paris, où il étudie les peintures de Courbet et de Delacroix.
Il fut influencé par les impressionnistes. Comme eux, il focalise sur les effets de lumière et développe un luminisme discret qui caractérise ses aquarelles de paysages, de natures mortes et de portraits.

Bastien s'exile en Angleterre en octobre 1914 avant de s'engager comme volontaire de guerre en 1915. Il sera incorporé au sein de la section artistique de l'armée belge..
En 1917, il est détaché auprès du 22e bataillon de l'armée canadienne, où il peint des tableaux des combats des troupes canadiennes près d'Arras et de Passendale. Il obtiendra le grade de lieutenant.

Une partie de son travail fait partie de la collection d'art militaire Beaverbrook au Musée canadien de la guerre à Ottawa.

Après la guerre, il peint avec Charly Léonard (1894-1953) et Charles Swyncop le Panorama de la bataille de l'Yser (1919-20).

Inhumé dans la commune d'Auderghem en Belgique

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